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Chasse sous-marine & apnée
LES FICHES POISSONS

Le denti

Classe : Teleostei (poissons osseux téléostéens) / Ordre : position incertaine au sein des Eupercaria (incertae sedis) / Famille : Sparidae

Espèce : Dentex dentex.

Classification : Dentex dentex (WoRMS).


La chasse au denti est réservée aux chasseurs profonds, elle ne s’improvise pas, elle se prépare avec rigueur. Pour des raisons évidentes de sécurité, il se chasse à deux. La syncope est probablement l’accident le plus fréquent dans cette chasse. La recherche d’un coin à dentis est un véritable travail de prospection mêlant méthode, observation, analyse et persévérance. A l’aide de cartes marines on sélectionnera des zones correspondant au profil de son habitat (voir plus bas). On les visitera en recherchant les indices favorables. Par exemple un tombant fréquenté par des bancs de petits poissons comme les oblades, ou la proximité d’une zone riche en poulpes comme les jetées.

Illustration de la fiche denti1
L’utilisation du sondeur et du GPS à bord de l’embarcation se révèle très utile dans ce cas pour maximiser le nombre de reconnaissances. On le voit c’est une chasse qui demande beaucoup de moyens matériels et de savoir faire. En effet il ne faut pas hésiter à parcourir des miles et des miles pour se faire une idée des coins à fort potentiel. Une fois le poisson repéré, il ne faut pas hésiter et tergiverser sur la tactique à adopter.

Dans le meilleur des cas le denti est tranquillement installé sur son lit de posidonies. C’est là qu’il est le moins farouche et le moins stressé.  Probablement se repose-t-il pendant la digestion. L’approche n’en sera pas plus facile pour autant. La ruse consiste à l’approcher par le fond le plus discrètement possible pour ne pas éveiller ses craintes ( arbalète dissimulée, palmage du bout des palmes, utiliser le courant favorable pour s’approcher sans en avoir l’air, profiter du relief pour se dissimuler le plus possible. Rien, jamais rien n’autorise la précipitation. Le moment du tir viendra couronner ou non cette approche que vous croyez parfaite. Vu la vivacité et la force phénoménale du denti, il vaut mieux réussir un tir dans la tête, sinon le risque de le voir se décrocher et s’enfuir est grand. En cas de tir manqué, c’est fréquent au début pour des raisons qui tiennent à une mauvaise évaluation de la distance ou plus souvent à la rapidité de réaction du denti, celui-ci prendra la fuite immédiatement vers le large et exceptionnellement dans le premier trou venu disposant de plusieurs issues. A condition d’en boucher les sorties, il est encore possible de l’accrocher sur l’accroche-poissons, sinon adieu, il s’échappera dès que vous remonterez en surface.

Chasser et connaître le denti

Pour stimuler la curiosité du denti, certains chasseurs préfèrent se laisser entr’apercevoir par le poisson avant de disparaître à leurs yeux. D’autres au contraire pensent que le simple fait de s’immerger suffit à révéler notre présence au poisson même s’il ne nous a pas vu. Dans tous les cas le denti qui décide de s’approcher parce que le danger ne lui est pas apparu comme évident, le fait avec beaucoup de précaution. Et là il faut tenir l’apnée suffisamment longtemps ! D’ailleurs il faut garder son calme lorsque les sars viennent tournoyer sur l’avant-scène alors que se profilent les dentis à l’arrière plan. Si vous êtes bien placé et que vous tenez assez longtemps les dentis finiront par arriver, c’est sûr

Illustration de la fiche denti2
Ils se placeront à bonne distance pour que vous décidiez de décocher la flèche, mais cet instant sera bref et c’est un euphémisme ! S’ils restent en retrait c’est qu’il y a quelque chose qui les perturbe. Comme toujours les petits viennent en éclaireur, alors il faut encore attendre. Des secondes qui passent pour une éternité.

Materiel

L’arbalète longue de 1 m à 1,20 m est indispensable, munie de son moulinet avec suffisamment de fil pour faire face aux situations difficiles du poisson qui s’accroche avec la flèche au fond, ou qu’il faut travailler en douceur pour éviter qu’il ne se déchire ou pour s’assurer une remontée hors limite. La flèche aura impérativement un ardillon long. Sa section sera de 7 mm ou 7,5 mm pour donner une plus grande énergie cinétique au point d’impact, sonné le poisson vous donnera quelques petites secondes de répit utiles pour le récupérer. La combinaison sera de 5 mm pou la veste car en profondeur même en plein été l’eau est froide, le pantalon de 3 mm sera suffisant. Un lest léger de 3 à 4 kg est suffisant pour minimiser l’effort à la remontée.

Identification

Le denti appartient à l’ordre des perciformes, il porte le nom scientifique de Dentex dentex dans la famille des Sparidés comme le sar, la dorade ou le marbré. Son corps ovale et robuste est très proche par la forme à celui des dorades royales. Sa tête est grande et sa queue puissante. Une longue nageoire dorsale s’étend vers la nageoire caudale qui avec les nageoires pelviennes forment un ensemble qui le prédestinait à la course et l’endurance. La dimension de sa bouche est impressionnante. Sa mâchoire (inférieure et supérieure) est plantée de 4 + 4 dents coupantes, recouverte de lèvres charnues. Il est d’une extrême voracité.L’aspect du denti évolue pendant sa croissance.

Habitat

Sa distribution couvre l’ensemble des côtes méditerranéennes. Le denti passe son temps à des profondeurs respectables, 20 à 30 m en moyenne. On le trouve jusqu’à 200 m. Le rencontrer moins profond relève du hasard ou de circonstances particulières comme la reproduction. C’est un poisson sensible à la température de l’eau. Il n’aime pas les variations brutales de température et encore moins les eaux mouvementées par des courants contraires. La pleine eau est son royaume toujours en quête de poisson fourrage. Il élit domicile au dessus des fonds rocheux et toujours à proximité des plages d’algues et de sable. Rencontrer un denti hors de son milieu ne facilite pas le travail du chasseur car le poisson à ses sens en éveil plus que d’ordinaire. La seule chance est de le surprendre entrain de manger. C’est l’un des rares moments où ses qualités peuvent être mises en défaut.

Reproduction

La reproduction a lieu au printemps. Des groupes de dizaines d’individus se forment. C’est un spectacle auquel il est peu fréquent d’avoir la chance d’assister. Les oeufs d’environ 1 mm de diamètre sont libérer en pleine eau dans des zones à température constante. Dès leur naissance les alevins sont aptes à se nourrir en développant rapidement leur instinct de prédateur vorace. C’est grâce à cette voracité peu commune que leur croissance est rapide et leur permet à l’arrivée de l’hiver de gagner les profondeurs. Là ils restent en banc se nourrissant de petits poissons et faisant quelques incursions sur les hauts fonds pour se régaler de céphalopodes, leur péché mignon.

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