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Chasse sous-marine & apnée
LES FICHES POISSONS

Les sars

Classe : Teleostei (poissons osseux téléostéens) / Ordre : position incertaine au sein des Eupercaria (incertae sedis) / Famille : Sparidae

Classification : Diplodus sargus (WoRMS) · Diplodus puntazzo (WoRMS) · Diplodus vulgaris (WoRMS) · Diplodus cervinus (WoRMS) · Diplodus annularis (WoRMS).

Longtemps considéré comme un poisson d’été, le sar est de plus en plus pêché l’hiver. Sa présence est de plus en plus fréquente jusqu’en Manche. Cette espèce orne les ceintures de tous les chasseurs depuis des années. La conséquence est qu’il devient toujours plus malin et plus craintif. Il a modifié ses habitudes, son mode de vie, le rendant ainsi beaucoup plus difficile à capturer. Le sar est aussi l’un des premiers poissons auquel se frotte le débutant aux abords des jetées ou en longeant le bord de la côte. Très vite il apprend à identifier plusieurs espèces de sars aux comportements différents.

  • Sar commun ( Diplodus sargus)
  • Sar à museau pointu encore appelé Bécofino (Diplodus puntazzo)
  • Sar à tête noire appelé aussi vidriade (Diplodus vulgaris)
  • Sar tambour ou sar à grosses lèvres (Diplodus cervinus)
  • Sparaillon ou pataclet (Diplodus annularis). Cette espèce ne présente aucun intérêt pour le chasseur.

Le sar, espèce côtière par excellence, fait preuve d’une bonne résistance à la pollution. Il souffre moins que d’autres espèces de la transformation du littoral amené par le tourisme et l’industrialisation. Ces nuisances et la raréfaction de sa nourriture l’ont amené à s’éloigner de son biotope originel vers les profondeurs. D’où une modification de son comportement et de ses habitudes. D’un point de vue démographique, si l’on s’en tient aux observations des chasseurs méditerranéens, sa rencontre au bord est de moins en moins fréquente et sa taille de plus en plus petite. Au contraire, sur les côtes atlantiques, on rencontre de plus en plus fréquemment des spécimens de belle taille (plus de 1,5 kg).

Le sar ne nous a pas livré tous ses secrets. C’est un poisson à l’instinct grégaire qui le pousse à vivre en groupe même en dehors de la période du frai (de janvier à mars). Les sars se regroupent en pleine eau ou à trou dans les zones côtières rocheuses riches en végétation et alimentation. L’alimentation du sar évolue avec sa croissance. Les juvéniles sont omnivores tandis que les adultes abandonnent l’alimentation végétarienne pour un régime à base de mollusques et crustacés. Le sar a une dentition remarquablement très complète. Il n’est pas très sensible à la salinité car on le rencontre dans les lagunes et embouchures de rivière.

Sar d’été, sar d’hiver

Etant donné que ce poisson représente l’une des cibles préférées, il utile de consacrer quelques lignes aux différentes techniques de chasse et de faire le point par région sur ce qu’il vaut mieux savoir pour mettre toutes les chances de son côté.

Le sar commun

Classe : Teleostei (poissons osseux téléostéens) / Ordre : position incertaine au sein des Eupercaria (incertae sedis) / Famille : Sparidae

Espèce : Diplodus sargus.

Classification : Diplodus sargus (WoRMS).

Illustration de la fiche sargus
Sar commun
( Diplodus sargus)

Son corps est argenté strié verticalement de fines lignes noires alternant avec des lignes plus estompées. Cette robe finit par s'effacer chez les gros individus. Il n'y a pas de stries sur la nuque mais souvent une tache sombre en forme de selle sur le pédoncule caudal. On le reconnaît à son opercule bordée d'une trace noire. D'omnivore juvénile il devient carnivore adulte. On le voit souvent s'attaquer avec ardeur aux moules et autres coquillages. Sa taille maxi (observée sur les côtes ouest africaines) ne dépasse pas les 40 centimètres et son poids n'excède pas le kilo et demi. Abondant tout le long de nos côtes rocheuses, on le rencontre à peu près partout, dans les algues, les gorgones, les herbiers de posidonies et même sur les fonds sableux, mais ce sont les fonds rocheux qu'il préfère. Jeune, il préfère naviguer en pleine eau. Adulte il préfèrera rejoindre ses congénères pour passer de long moments dans les ragues plus profondes où il a appris à se fondre et se dissimuler à la moindre alerte. Restant invisible à l'oeil du chasseur l'ayant vu pénétrer dans son trou. En pleine eau sa chasse reste difficile. Il faut arriver à le surprendre au bord de son antre ou entrain de manger.

Le sar à museau pointu — bécofino

Classe : Teleostei (poissons osseux téléostéens) / Ordre : position incertaine au sein des Eupercaria (incertae sedis) / Famille : Sparidae

Espèce : Diplodus puntazzo.

Classification : Diplodus puntazzo (WoRMS).

Illustration de la fiche becofino

Sar à museau pointu
(Diplodus puntazzo)


encore appelé Bécofino

Son corps est argenté comme celui du sar commun avec des stries sur les 2/3 supérieurs de son corps. Sa queue est bordée de noir. En vieillissant sa livrée striée disparaît. On le reconnaît à son bec pointu bordé d'incisives très inclinées, à sa silhouette plus allongée et àl'anneau noir autour du pédoncule caudal. Son régime alimentaire est plutôt végétarien mais il ne dédaigne pas les petits invertébrés. Sa taille maximale se situe entre 40 et 50 cm pour un poids d'1,5 à 2 kg environ. Ils évoluent plus profond, solitaires ou en petits groupes, en pleine eau entre 10 et 50 m ou au dessus des plateaux et des tombants rocheux mais on retrouve les juvéniles jusque dans nos ports.

Le sar à tête noire — vérade

Classe : Teleostei (poissons osseux téléostéens) / Ordre : position incertaine au sein des Eupercaria (incertae sedis) / Famille : Sparidae

Espèce : Diplodus vulgaris.

Classification : Diplodus vulgaris (WoRMS).

Illustration de la fiche verade

Sar à tête noire
(Diplodus vulgaris)

appelé aussi vidriade ou vérade

On le reconnaît à son corps vif argent qui présente des lignes longitudinales jaune-dorées et à ses reflets bleutés. La nuque et le pédoncule caudal portent une bande noire très prononcée qui peut aller jusque sur la base molle des nageoires dorsale et anale. Il se nourrit de petits vers et mollusques. De taille plus réduite, jusqu'à 30 cm pour un poids de 500g, on le rencontre sur les fonds rocheux et sableux. Il a une prédilection pour les herbiers de posidonies. Il n'est pas rare de le rencontrer par banc de plusieurs dizaines d'individus. Cette espèce de petite taille présente peu d'intérêt pour le chasseur.

Le sar tambour

Classe : Teleostei (poissons osseux téléostéens) / Ordre : position incertaine au sein des Eupercaria (incertae sedis) / Famille : Sparidae

Espèce : Diplodus cervinus.

Classification : Diplodus cervinus (WoRMS).

Sar tambour

Sar tambour
(Diplodus cervinus)


ou sar à grosses lèvres

Sa forme arrondie est similaire à celle du sar commun mais de larges bandes marrons plus ou moins foncées les distinguent. Leurs nageoires pelviennes et anale ont également cette coloration. Son alimentation est constituée d'algues et de petits invertébrés. C'est une espèce de grande taille (plus de 55 cm) pour un poids pouvant dépasser les 3 kg. Sa distribution ne favorise pas les côtes nord méditerranéennes bien qu'on le rencontre plus fréquemment qu'il y a quelques années. C'est un poisson discret et timide que l'on rencontre solitaire ou en couple sur les fonds rocheux à des profondeurs très variables.

La chasse des sars selon les régions

Le sar se chasse différemment selon que l'on se trouve en méditerranée ou en atlantique. Petit tour de France avec Olivier Marticorena, Titou Esclapez, Ludovic Herpe, François Talarmin, Yann Visquis que je remercie pour leur aide.

Côte Basque

Normalement le sar commun fait deux apparitions remarquées dans l’année. La première au mois de novembre où l’on voit les premiers rassemblements de gros sars et la seconde au printemps pour la reproduction. Ici les sars font en moyenne entre 1 et 2 kg. Ils sont nombreux à se rassembler sur les grosses structures et les gros blocs au bord. Contrairement aux sars de méditerranée qui préfèrent l’eau claire, ceux du pays basque sont à l’aise dans l’eau trouble et plus faciles à approcher. A partir de mai juin arrivent les sars pointus et les tambours. Des spécimens qui pèsent jusqu’à 3 kg.

En été les sar se pêche à l’indienne et à l’agachon selon l’endroit ou le moment de la journée. Il n’est pas nécessaire de plonger très profond. Entre 8 et 12 mètres. Le sar aime s’abriter dans les cavernes spacieuses, sous les grandes voûtes. On le trouve parfois en quantité. Plusieurs dizaines de poissons dans la même rague. On pratique un peu la pêche sous l’écume au bord par gros coefficient à marée haute à condition que la houle ne soit pas trop forte. Sinon le sar préfère se décaler sur la ligne des 15 mètres pour se mettre à l’abri.

Bretagne Nord

Depuis le débuts des années 90, le sar (commun) est devenu très commun en Bretagne. On en voit à chaque sortie et de plus en plus dans le Finistère Nord même en hiver. Chaque année il s’installe un peu plus haut vers le nord. La limite actuelle de sa progression se situerait au raz de Barfleur. Ce sont des poissons qui pèsent jusqu’à 2 à 3 kg pour les plus gros. Des sites comme la baie de Morlaix, Trébeurden et Cancale, riches en moulières, retiennent une belle population de gros sars. Par contre sur la zone de Portsall, les sars sont plus petits parce qu’il y a moins de moules. Les îlots face au cap de la Chèvre au large de Camaret (29), l’île de Groix sont des endroits très bons pour le sar. Janvier à mars est la période frai pour le sar. Il se concentre alors sur des endroits bien précis. Les individus font entre 2,5 et 3 kg.

En été on pêche le sar plutôt le matin de bonne heure à marée haute, par temps ensoleillé. On chasse autour des têtes de roche couvertes de moules. C’est une chasse à l’indienne ou à l’agachon. On le tire à la volée du bas vers le haut car on aborde la roche par le bas. On voit le banc de sars picorer les moules en contre jour. Très craintif, il disparaît après le premier tir. On le pêche aussi à trou. A marée basse il a tendance à s’enraguer ou à s’éloigner des têtes de roche vers la pleine eau. Lorsqu’on tombe sur une belle rague, il peut y avoir une vingtaine de sars à l’intérieur.

Bretagne sud

Dès que le temps le permet à la fin de l’hiver, on peut aller faire du sar. Ils sont là toute l’année et de plus en plus nombreux. Les premières sorties de l’année permettent aux plus courageux de prendre beaucoup de sars. Leules les conditions météo commandent.

Depuis 1995 environ il est possible de faire des sorties axées uniquement sur le sar. Quelques chasseurs prennent une quinzaine de kg par sortie en été. Sur la zone de Groix et Lorient, il faut que ça brasse un peu pour que le sar monte sur les moulières. Lorsque les bonnes conditions météo sont réunies, le poisson se tient éparpillé tout le long de la falaise. On pêche devant soi. Sinon les sars restent en banc compact et giclent au large facilement. Dans cette région ils ne s’enraguent pas facilement. Ils naviguent au large sur les vastes plateaux où il est quasiment impossible de les faire venir à l’agachon.

Méditerranée

Le sar très pêché de menton à cerbère sait se faire discret. En hiver pendant le frai il rentre en côte lorsque l’eau est cristalline. On a alors la chance de pouvoir voir des petites concentrations de 5 à 10 individus nager au-dessus du relief et dans peu d’eau. Pendant l’hiver remontent les gros individus qu’on ne trouve aujourd’hui plus guère qu’en dessous de 30 mètres. Les coins qu’ils fréquentent sont souvent les mêmes tant que le temps ne change pas. Cette année parce qu’il a moins plu que les autres années, l’eau est restée claire entre Nice et Marseille et on a vu beaucoup de sars. Pendant la reproduction, ils sont moins sur leur garde et s’enraguent plus facilement.

L’été c’est le poisson roi de cette côte. Il a su s’adapter à toutes les ruses mises en œuvre par les chasseurs, c’est pourquoi ils sont toujours aussi nombreux bien que de plus en plus petits. Difficile de trouver au-delà de la maille (250 g). Sauf à descendre sur les pierres ou le madrépore dans 15 à 20 mètres d’eau minimum. A garder en mémoire : le sar aime l’eau claire et les zones abritées par mistral ou tramontane. Parmi les chasseurs, il y a les adeptes de la chasse à trou et de la boulège et ceux d’agachon.

Les techniques de chasse du sar

Des différences de comportement existent entre les espèces qui nous intéressent. Le bécofino par exemple est le plus curieux et le plus confiant des sars. Le sar tambour, plus rare, est relativement craintif. La technique à utiliser dépend de l’état de la mer, du vent, du relief côtier. A vous de voir !
Petit tour des techniques utilisées.

Le sar à l’agachon

En pleine eau tirer des sars est devenu très difficile parce qu’il est allé à l’école selon l’expression aujourd’hui consacrée. Dans un banc de sars, les plus petits satisfaisant à leur impérieux désir de curiosité s’approchent les premiers tandis que les plus gros restent prudemment en retrait. Dans cette situation le chasseur doit rester discret et tenter d’attiser davantage leur curiosité tout en endormant leur méfiance. C’est la technique de l’agachon, une position d’affût bien dissimulée avec une arbalète de 90 à 110 cm et flèche de 6,5 mm. Il ne faut plus bouger, plaqué au relief, dans l’attente du poisson. Vous n’avez pas le droit à l’erreur, s’ils fuient vous aurez peu de chances de les revoir ou de les retirer. Cette technique se pratique partout sur nos côtes.

Dérivées de l’agachon, la coulée et la chasse à l’indienne donnent de bons résultats à condition d’être hyper silencieux pour prendre le poisson par surprise et non plus par curiosité.

Le sar à trou

En Méditerranée la chasse à trou s’impose d’elle-même. Cette technique tire parti de la crainte du poisson qui s’enraguait à la moindre alerte au fonds de son trou. Les chasseurs l’ont bien compris puisqu’ils favorisent cette situation en faisant du raffut à l’approche des pierres connues pour retenir les sars. Que se soit en palmant bruyamment ou avec le moteur de l’embarcation, l’objectif est de faire rentrer le poisson à trou pour aller le capturer. C’est aujourd’hui beaucoup plus difficile à faire qu’à dire. Imaginez une grande dalle occupée par des sars. Comment réagir et bien ? La première chose à faire est de bloquer toutes les issues avec les arbalètes, plombs ou poignard pour éviter qu’ils ne giclent de leur trou. Les sars enragués restent immobiles, atterrés. La deuxième précaution à prendre est d’essayer de choisir son angle de tir. Trop souvent une flèche bien centrée ressort du poisson après avoir rebondi contre la pierre. C’est pourquoi le trident est très utilisé dans cette pêche. Troisième recommandation, éviter de salir le trou, sinon il est impossible de tirer un autre poisson. Et enfin dernière recommandation, si vous tombez sur une rague "à bloc", ne la videz pas !

Une autre méthode plus subtile lorsqu’on connaît moins bien la zone est de suivre le moindre indice pouvant conduire au trou habité. Par exemple suivre un petit sar jusqu’à son trou. Il y a des chances qu’il cohabite avec plusieurs de ses aînés. Une fois le repaire découvert il faut l’aborder correctement pour avoir une chance d’y voir le poisson. Il faut scruter attentivement toutes les parties visibles de la grotte car le sar est devenu un champion de la dissimulation, collé à la pierre ou à demi ensablé. Une arbalète courte de 60 à 75 cm est l’arme idéale pour ce genre de pêche qui consiste à ratisser consciencieusement une zone.

Le sar dans l’écume

Chasser dans les vagues et l’écume n’est pas facile. C’est même dangereux, mais c’est souvent payant car beaucoup d’espèces comme les sars profitent du brassage pour se nourrir de la multitude de crustacés, mollusques et invertébrés arrachés à leur substrat.

Il faut plonger à quelques mètres de la côte et descendre jusqu’au fond. Puis en prenant appui sur les pierres, on longe le fond, avec l’arbalète toujours prête au tir. Le poisson qui mange dans l’écume s’aperçoit de la présence du chasseur trop tard. L’erreur à ne pas commettre est de s’approcher des sars par le côté ou directement par le haut. Le poisson a alors plusieurs issues pour fuir.

Une fois le poisson vu, l’approche doit s’accélérer tout en allongeant le bras pour gagner quelques centimètres au moment du tir. Une arbalète de 75 ou 80 cm avec une flèche de six millimètres et des sandows diamètre 20 millimètres sont les plus appropriés. Un bon lestage est important pour pouvoir allier stabilité et mobilité.

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