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dom85

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  1. De toutes façons, si ce n'est pas cette membrane collée qui se déforme avec la pression, ce sera le pavillon de l'oreille qui s'écrasera, donc la différence de pression restera faible, sauf à descendre au delà de 10m
  2. OPUS 4 Les techniques de chasse Alors la première technique à apprendre pour bien chasser, c’est savoir regarder, apprendre à regarder votre environnement. C’est réellement le plus important, plus que le fusil qui « tue de la mort » ou les palmes carbones à 500€. Ne jamais partir chasser avec un masque qui fait de la buée, le meilleur moyen de gâcher une sortie, ainsi qu’un masque qui prend l’eau. Il vous faut donc une bonne vue, et si vous êtes comme moi bigleux, n’hésitez pas à mettre des lentilles de contact, jetables (ce n’est vraiment pas cher maintenant et en vente sur le net), ou des verres correcteurs pour la vitre du masque, mais c’est assez restreint pour le champ de vision. Et dans la foulée, prenez un masque à grand champ de vision, même si le volume interne est plus volumineux, tant que vous n’agachonnerez pas à 20m et plus, ce n’est pas important. Donc bien voir, mais voir quoi ? C’est là qu’il faut apprendre à regarder. Premier règle : toujours regarder à la limite du champ de vision, pas ce qui est à portée de tir, c’est trop tard. On suppose qu’il y a 10m de visibilité, vous regardez partout dans cette limite, en tournant doucement la tête et si quelque chose bouge, vous le remarquerez de suite, ça va vous sauter aux yeux. Si vous chassez des poissons plats ou des seiches, là on scrute attentivement plus près, mais toujours à la limite maxi de ce qui est parfaitement visible, pas la limite de votre fusil. S’il y a trente mètre de visibilité, on regarde donc à trente mètres. N’oubliez pas de regarder derrière vous, lorsque vous serez aguerri, vous sentirez la présence d’un poisson dans votre dos.(faudra tout de même pas mal d’années d’entrainement intense) Ensuite votre environnement, va beaucoup vous apprendre sur la densité halieutique. Il y a plein de mange (petits poissons, sardines, lançons…) c’est propice aux prédateurs. Les roches qui vous entourent sont couvertes de moules, de petits crustacés, puces de mer , algues et oursins ? C’est parfait pour les sparidés, les bars ou les vieilles. Si au contraire il n’y a rien, pas de vie, roches nues du haut en bas, ou juste couvertes d’algues et rien d’autre, alors changez de secteur, inutile d’insister vous allez perdre votre temps. Le comportement de la mange est très révélateur de la présence d’un prédateur, si ils se tiennent groupés, serrés et proche du tombant de la paroi, c’est sans conteste possible qu’un gros est là, dans le quartier. Certains préconisent d’écouter et de chasser avec ce sens. C’est un plus qui peut vous servir à la condition d’avoir une bonne ouïe, ce que vous perdrez irrémédiablement avec le temps. Je ne connais aucun chasseur âgé qui ne soit pas devenu malentendant, surtout avec la profondeur, ça ne les empêche pas de faire du poisson. C’est hélas une conséquence corrélée à notre activité. Le poisson n’est pas non plus toujours à la même place, le meilleur des spots peut être vide pour diverses raisons : mauvais courant, turbidité, température, marée etc. Difficile de savoir pourquoi exactement. Il faudra y revenir plus tard. J’avais un superbe spot à pélagiques mais ils n’y étaient présents que 3 ou 4 fois dans l’année, le reste du temps : vide ! Pourquoi ? Mystère. Pour chasser sous l’eau, il faut commencer par y aller, et donc c’est le canard. Cela consiste à se plier en deux et à lever les jambes bien à la verticale, dont la gravité vous fera descendre. Une fois le canard amorcé, il faut ouvrir la bouche légèrement pour laisser sortir l’air du tuba sinon il va « glouglouter » tout le long de la descente et ça fait peur aux poissons. Là, deux techniques s’opposent : les partisans de garder le tuba en bouche et ceux de le laisser libre. Rien ne m’agace plus que de sentir ce tuba se balader lors de la descente. En cas de syncope au retour à la surface à la première inspiration, avec le tuba en bouche vous ne boirez pas tout l’océan. Et puis j’ai l’impression que ce mouvement de va et vient du tuba fait peur aux poissons. le canard : Maintenant les techniques de pêche ou de chasse, comme vous voudrez. La première c’est la coulée, juste après votre canard qu’il faut particulièrement soigner. La coulée La chasse à la coulée est peu utilisée en France métropolitaine car le poisson ayant bien appris ce qu’était un chasseur, il se laisse fort peu approcher ainsi, sauf la liche toute nouvelle et toute neuve, puis les thons et les espadons, qui ne sont pas l’apanage des français vu les restrictions/quotas/bagues et le matériel dévolu, particulier et onéreux. Les mérous étant aussi, protégés ne sont donc plus concernés par cette technique sauf chez nos voisins. Par contre c’est très utilisé sous les tropiques aussi bien pour le pélagique que pour le poisson de récif. Cela ne se fait pas n’importe comment. Tout se passe dans la réaction du poisson, son comportement à votre approche. Le bar dans les laminaires peut se faire à la coulée si vous l’avez repéré depuis la surface. Rien de plus facile, un tir sur cible presque pas mouvante. Quelques rares poissons indolents aussi, comme les rougets, les poissons plats, rascasses er baudroies peuvent aussi se prendre à la coulée. J’ai même fait un maigre ainsi vu de la surface, qui à mon approche s’est posé sur le fond et n’a plus bougé, paralysé. Toutefois ça reste relativement rare comme technique en France métropolitaine. On a tendance à l’utiliser à ses tout premiers débuts, ça semble naturel. Titou appelle ça courir derrière le poisson. Donc à éviter. Il vaut mieux faire venir le poisson à soi, le taux de réussite n’en sera que meilleur. La technique suivante, c’est l’indienne Je l’ai peu pratiquée en fin de compte, sauf dans quelques endroits précis comme l’ile de Ré, à cause du profil du fond. Donc explication de la technique. Vous avez fait un superbe canard (on n’insistera jamais assez sur le fait de bien réussir son canard), donc vous avez palmé doucement pour descendre jusqu’au fond et même arrêté de palmer quelques mètres avant le fond pour arriver avec une grande douceur. Là il est impératif d’être négatif en poids, vous ne devez pas flotter ni l’inverse vous écraser au fond. Si vous flottez, vous ne tiendrez pas, et si vous êtes trop lourd, vous allez frotter la ceinture au fond ce qui va faire du bruit et tout effrayer. Donc à ce moment, vous palmez doucement pour avancer, très doucement, suivre les contours de la roche et progresser afin de surprendre un poisson pour le tirer. Il est impératif d'être le plus silencieux possible . Vous devez vous couler comme un indien dans les Westerns pour approcher son ennemi. D’où le nom de la technique : l’indienne. Les poissons vous ayant détecté depuis la surface, je ne suis partisan de cette méthode que dans de rares conditions. D’un, je la pratique seulement sur quelques mètres pour me trouver un post d’agachon. Ensuite, si au bout de 30 à 40 secondes rien n’est venu à mon agachon, là je la pratique afin de découvrir une pierre ou un bar endormi qui n’aurait pas été intrigué par mon agachon (s’il me reste de l’air). Les poissons connaissant maintenant les chasseurs, l’indienne est de moins en moins efficace dans l’eau claire. Perso je ne palme pas et j’avance en me hissant par la main gauche en m’accrochant sur la roche, ainsi les palmes sont déjà allongées derrière vous et ne risquent pas d’effrayer le poisson et vous faites ainsi le moins de mouvements possibles, toujours pour ne pas faire peur aux poissons de toutes sortes. Le fusil doit être en position prêt à tirer. Quel fusil pour cette pratique ? Les avis vont diverger, mais il est impératif de pouvoir être réactif, donc un fusil le plus maniable possible et plus un fusil est court plus il est maniable. A l’indienne vous allez être plus proche du poisson puisque vous allez le surprendre, c’est le but, donc pas besoin d’un fusil qui tire à 4m (de la pointe). Il faut pouvoir mettre de suite sur le poisson et appuyer sur la détente en bien moins de 2 secondes car le poisson risque de gicler puisque surpris. On parle de poissons « nobles », pas de vieilles ou de congres ou même de mulets. Certains poissons ne se feront pas à l’indienne, tous les pélagiques. Les maigres ont horreur d’être surpris par exemple, pourtant c’est un poisson assez couillon qui vient très bien à 1m, même dans de l’eau très claire, j’ai tout de même réussi à en faire un à l’indienne sous un surplomb, on s’est croisé lui le long de la paroi et moi en sens inverse, je l’ai tiré une fois dépassé par derrière le temps de retourner mon fusil à deux mains. En fin de compte, c’est pour le bar et le sar que ça fonctionne le mieux. Mais ça n’est pas la panacée des méthodes de chasse La chasse dans la mousse, en falaise, s’apparente à l’indienne mais en surface ou presque. Il faut être assez plombé, avancer doucement le long de la falaise dans le champagne afin de ne pas être vu et surprendre les sars et même les bars à marée haute. On avance juste sous la surface entre 1 et 2 m sous l’eau. Dès que vous en avez tiré un, il faut faire un demi-tour et reculer de quelques mètres, toujours sous l’eau. Je le répète, on avance que sous l’eau, dans les bulles (on dit le champagne), pas en surface. Pour moi l’indienne c’est le préliminaire à l’agachon lorsqu’on ne voit pas le fond depuis la surface car si vous voyez le fond depuis la surface, votre poste doit déjà avoir été instinctivement choisi. La technique qui suit l’indienne, c’est l’agachon Technique restée secrète à ses débuts (il y a 50/60 ans), utilisée par les champions de l’époque. Cette technique est valable dans le monde entier. On peut l’appliquer de différentes façons, son but c’est d’attirer les poissons curieux et de paraitre inoffensif. Ça n’est pas toujours évident, votre regard concupiscent peut suffire à faire prendre conscience du danger au poisson. On peut l’appliquer dans l’eau sale comme dans 30m de visibilité. Allez, on y va. On commence par un canard impeccable (en général les poissons savent déjà que vous descendez et s’écartent, entrent à trou). La descente doit se faire en douceur, pas de forts coups de palmes, évitez aussi le coup de bras pour vous aider à descendre, ça envoi une onde forte. Comme pour l’indienne on arrête de palmer quelques mètres avant le fond, puis il faut trouver le bon poste souvent en pratiquant une petite indienne. Ce n’est pas si évident que çà de trouver le bon poste. Il ne faut surtout pas être en avant sur un tombant, mais au contraire en retrait, ne pas voir ce qui se passe en bas est frustrant mais crucial pour que le poisson méfiant approche, et il l'est de plus en plus de nos jours. Idem dans les roches, ne pas se mettre sur le haut d’une roche pour tout dominer, sauf si vous visez les pélagiques. On peut le pratiquer de bien des manières mais le principe de base, c’est de s’aplatir le plus possible, épouser la forme du rocher/fond, le fusil pointé vers là où vous supposez qu’un poisson va arriver. Les palmes doivent impérativement être à plat sur le sol, votre main libre doit s’accrocher à une aspérité ou un laminaire pour vous stabiliser car il ne faut plus bouger, ce n'est pas toujours aisé avec une bonne houle. Face au courant ou dos au courant, les deux méthodes se discutent Si rien n’est venu au bout de trente secondes, il y peu de chance pour que çela vienne ensuite, dans 95% des cas, le poisson viendra dans les 15 secondes. Si c’est un bon poste, mais il faut parfois 3 agachons pour faire venir les poissons à portée de votre fusil. Si donc on veut insister, il faut faire demi-tour au fond, sur quelques mètres avant de remonter à la surface. Il m’est arrivé de faire 5 agachons avant de parvenir à faire venir des carpes rouges hyper méfiantes que je voyais 20m devant. Les bars, mulets, daurades, sars, dentis, liches, maigres, barracudas et carangues viennent bien à l’agachon. Vous trouvez une pierre pleine de poissons, pas de précipitation. Un agachon devant les entrées à 2/3mètres selon la turbidité et vous ne tirez que les poissons dehors ou ensuite qui viennent musarder à l’entrée. Vous continuez tant que vous les voyez ou que votre quota, de nos jours le permet. Pour la suite, j’en parlerai dans la pêche à trou. Avec des poissons méfiants qui hésitent à venir mais que vous voyez, il est possible aussi de faire celui qui a peur, vous reculez doucement, l’air apeuré, vous aplatir encore plus.Ca fonctionne très bien. Vous pouvez pratiquer aussi l’agachon sur le sable bien en évidence à quelques mètres des roches, ça fonctionne pour les daurades et les maigres, les aprions sous les tropiques. Une autre technique de l’agachon, consiste à se mettre sur le sable à genoux, vous posez votre fusil à coté (s’il ne flotte pas) puis vous soulevez du sable par brassées et lorsqu’il y a un joli nuage, on se met à plat, en position d’agachon dedans.Ca marche très bien sur certains poissons méfiants, ombrines, vivaneaux, daurades. Le choix du poste d’agachon est très important à déceler. J’en ai parlé dans le chapitre sur la Vendée avec l’anecdote au large de l’ile d’Yeu. A 50cm près, le poisson viendra franchement ou avec beaucoup de réticences. Ensuite, je ne suis pas partisan des bruits divers et variés, je n'y crois pas plus qu'à la poudre de perlimpinpin. Je laisse chacun à ses croyances et certitudes. Avec des carangues c’est possible, car elles grognent quelquefois, surtout lorsqu’elles sont tirées, donc le bruit de gorge correspond à ce son qu’elles émettent. Le maigre aussi, mais vu qu’il vient très facilement, inutile d’en rajouter… Alors, le fusil d’agachon, vaste débat. Déjà il est bien évident que dans 2m de visi, un 90 sera un handicap, vous verrez à peine la pointe. Plus la visibilité est faible et plus le fusil doit être maniable, donc court. Il faut tirer rapidement et si possible dans la tête. Comme pour l’indienne je recommande de choisir le fusil le plus maniable possible car le poisson qui vient vous voir, une fois qu’il aura jaugé le danger, il va démarrer tel un boulet de canon. Idem avec de la houle réduisez la longueur du fusil, comme pour la chasse terrestre : un 76 de canon pour la hutte, un 71 pour la plaine et un 68 pour le sous bois. Sur les iles de Marseille en hiver, je n'utilisais que le 90 au maximum, on chasse les loups dans très peu d'eau, et même parfois le 75 par fort mistral, clapots et donc eau un peu troublée. L’idéal c’est vrai, un pneumatique, faut seulement être capable de faire mouche avec, surtout rapidement. La rapidité est primordiale à mon avis, mais pas la précipitation. Vous pouvez tirer un poisson qui a fait demi tour qui fuit, il m’est arrivé de lâcher la flèche alors que je ne voyais plus le poisson, et faire mouche (pas à tous les coups mais régulièrement), mais il vous faudra quelques années d’expérience et surtout être en parfaite harmonie avec votre fusil, aux vues de ce que je lis, ce n’est pas évident pour beaucoup de chasseurs qui ratent beaucoup trop. L’agachon de pleine eau, je le réserve avec la technique du baron (flasher), plus loin. Si l'agachon est l'une des méthodes de chasse les plus efficaces, ce n'est pas non plus à utiliser à toutes les sauces. Lorsque je me suis installé à Madagascar il y maintenant un peu plus de dix ans, je ne pratiquais que l'agachon et un peu la chasse au baron. Puis il y cinq ans, j'ai changé de place et suis arrivé à Tamatave et j'ai commencé à chasser avec Nono, que je connaissais mais peu sorti avec lui auparavant. Dans les eaux claires de l'océan indien je l'ai bien observé car il sortait régulièrement plus de mérous que moi qui ne pratiquais que l'agachon. Sa technique donc consiste à survoler la zone à 10/15m au dessus du fond pour repérer les mérous qui ne bougent guère, surtout le cabot à oeil d'or (mérou malabar). Une fois repéré soit on coule sur lui, soit on trouve alors un post d'agachon au fond. Tout simplement par ce que les mérous bougent peu de leur repère et ne viennent à l'agachon que si vous en êtes à moins de 10m. Depuis, grâce à Nono, j'ai sérieusement augmenté mes prises sur cette espèce. Sur les coins connus, ragues et pierres, on attaque directement l'agachon. Il fait savoir s'adapter, Titou me disait qu'il lui fallait quinze jours pour comprendre le comportement des poissons dans un nouveau coin du monde. Il m'aura fallu 5 ans à Tamatave et encore je ne compte pas les trente années précédentes où je ne venais qu'en vacances, pour m'adapter. Un agachon raté (que personne ne se vexe en se reconnaissant sur une photo, c'est pour illustrer, le gars n'était peut être pas encore en place) Le défaut le plus usuel ce sont les palmes en l'air, décollées du fond. C'est vraiment important de les avoir collées au sol. Sinon vous êtes tout le temps en train de les agiter même doucement sans s'en rendre compte et c'est le meilleur moyen de faire fuir le poisson. Même planqué derrière un rocher, les palmes doivent être plaquées au fond. la tête relevée, c'est moins grave que les palmes mais c'est aussi une preuve de votre sens d'affut, prédateur en éveil, ce que le poisson détecte même de loin. Il faut se rencogner, abaisser la tête à frôler le fond, juste assez relevée pour voir ce qui va arriver, on finit par avoir mal au cou. Ici photo du dessous, l'agachon est presque parfait mais la tête un poil relevée et le corps n'est pas plaqué sur le sol, il doit manquer 1kg de plomb. Il est inutile, voire néfaste de se positionner de façon de voir le poisson de loin, dans l'eau claire bien sur. Il vaut mieux choisir un post derrière une roche que sur le devant ou le haut de la roche ou une ondulation du fond, bien sur vous ne verrez pas venir le poisson de loin mais lui non plus ne vous verra que lorsqu'il sera à portée de votre arbalète, l'important n'étant pas de voir un poisson mais de le faire. Bien planqué, vous avez ça: Ou ça : Dans les algues, c’est bien. Et maintenant un agachon de pleine eau, remarquez la façon de tenir son arbalète, tant que le poisson ne vient pas inutile de mettre le fusil en avant, là il attend un pélagique Je suis sur que la majorité des chasseurs débutants se posent la question de savoir comment faire pour capturer tel ou tel poisson. La plupart doivent aussi penser que c'est un peu du hasard de croiser tel poisson plutôt que tel autre. Et bien pas du tout, c'est une grossière erreur de débutants. Vous capturerez le type de poisson que vous allez cherchez. Je m'explique. Vous partez du bord de la plage pour chasser, oui mais chasser quoi? Du plat sur le sable? Du sar? Du bar? Du maigre ou de la liche? Du denti pour les méditerranéens? Non seulement chaque variété de poissons se tient dans une profondeur précise et dans un biotope précis, mais aussi il se chasse d'une façon précise et ce ne sera pas le hasard qui vous fera le rencontrer à 99% du temps, mais ce sera vous selon votre recherche et surtout votre façon de chercher. Je reprends mon exemple de chasse du bord de la plage. Vous partez sur le sable en vous disant je pars chasser du bar sur roches au large mais en attendant si je croise une sole je lui fais la fête. Et bien pas du tout, si vous êtes aux poissons plats, il faut être attentionné uniquement au fond de sable, trouver la bonne granulométrie et ne regarder que ce que vous voyez parfaitement afin de distinguer la silhouette de la sole ensablée, mais dans ce cas vous ne verrez pas le bar qui passe tranquillement sur le sable à quelques mètres et qui était si facile à tirer. C'est pareil sur les roches à moules ou la mousse pour le sar, vous ne remarquerez pas le chapon qui dort à 2m de vos yeux, ni la bonite qui passe plus haut et écarte la mange. On fait le poisson que l'on recherche à 90% du temps. Je suis sorti récemment avec de bons chasseurs de benthiques, même très bons. Nous étions à 20m l'un de l'autre mais en recherche de pélagiques sur des fonds de 15 à 40m avec un baron chacun. Perso je n'étais qu'en recherche de pélagiques et rien d'autre, et je n'ai sorti que des pélagiques : thon, dorade coryphène et barracuda alors que le collègue n'a pris que des benthiques pour ainsi dire: aprions, perroquets ou carangues, une bonite par hasard et ce, sur plusieurs jours de chasse. Ce n'est pas la valeur du chasseur qui est en cause mais sa façon de chasser et donc de regarder, car oui la CSM c'est surtout apprendre à regarder et savoir quoi regarder. Vous verrez ce que vous recherchez, à condition d'avoir mis tous les atouts de votre coté bien sur. Je reviens sur les pélagiques, devenu ma cible depuis 2 à 3 ans maintenant. Je regarde partout à la limite de la visibilité et celle ci doit être la plus grande possible, inutile de chasser le thon ou l'espadon avec 10m de visibilité, c'est perdu d'avance, il faut 15m strict minimum et 20m c'est bien, 30m c'est mieux. Il faut sans arrêt regarder donc en limite de visibilité, en tournant régulièrement la tête à en avoir des torticolis, car l'anticipation c'est la clef de la réussite pour l'approche et le tir. Si vous repérez le poisson à 10m c'est trop tard dans la majorité des cas, et aussi, il est évident que le fusil doit être adapté à l'espèce recherchée. On ne chasse pas le thon avec un 110 ni le sar ou la mostelle à trou avec un 110 non plus. On ne tue pas un moustique avec un canon. D'où l'intérêt de partir avec 2 fusils sur la bouée et 3 dans le bateau. On prend le fusil qui convient au poisson recherché du moment, on ne regarde pas pareil surtout, selon ce que l'on cherche Apprendre à regarder, c'est la première chose que m'a enseigné Titou. (Jean Baptiste Esclapez) Vous regardez en haut pour les bonites ou les wahoos, en bas pour les carangues, les aprions , mérous et TDC, dentis et enfin à l'horizontale pour les thazards, barracudas et dorades ou marlins. En France pour le bar, selon le biotope, il peut se retrouver à peu près partout. En bas, près et autour des roches, dans la mousse au ras de la surface en falaise, en pleine eau lorsqu'il est en "compagne", ce sera à vous de vous adapter au biotope rencontrer. Anecdote avec Nono : Nous sommes en chasse de pélagiques mais sur une zone peu profonde, 20m. Nono est pas loin de moi et je le vois remonter une belle babonne du fond, il me dit qu’il en a vu une autre. Au lieu de regarder devant et autour de moi dans cette eau très claire, je commence à inspecter le fond, et ce qui devait arriver, arriva. Alors que je scrute le fond, un magnifique espadon voilier passe sous moi, et il ne se laissera pas rattraper. On ne court pas deux lièvres à la fois ! L'agachon de pleine eau Technique dévolue aux pélagiques principalement. Elle est associée au baron ou flasher des temps modernes. Elle consiste à rester soit pendu à 8m sous la bouée, prêt à faire feu sur le premier thon venu à portée, ou autres pélagiques: liches et sérioles, barracuda, thazard, wahoo, marlins, espadons, coureur arc en ciel et plus rarement carangues, mais aussi loches ou mérous particulièrement curieux qui peuvent monter du fond vous voir. Une fois, une loche est montée du fond à grande vitesse, avant que je ne réagisse elle a avalé mon baron, recraché illico et redescendu avant que je ne la tire, mais j'en ai sorties plusieurs ainsi, moins pressées..... La technique du baron fut inventé par le regretté Jack Pass à Mayotte, spécialiste du bleu dit Blue Water (BW). On peut également s'éloigner de la bouée et rester dans la zone neutre ou vous ne montez, ni ne coulez, pour agachonner en pleine eau, on appelle ça aussi la feuille morte si vous descendez très doucement. Dès le poisson aperçu, on coule sur sa trajectoire pour lui barrer la route et lui lâcher sa flèche à la croisée la plus proche. Souvent le plus difficile consiste à bien évaluer les distances pour ne pas tirer de trop loin dans le bleu, ce n’est pas toujours évident. Je regarde son œil, si je discerne bien la pupille, il est à distance de tir pour les grosses pétoires. Mais surtout on ne va pas vers lui directement, sauf s’il ne bouge pas. Il faut bien évaluer sa trajectoire et se diriger sur le point d’intersection possible avec la votre. Je conseille de régler le baron à 8m, 10m c’est trop loin, le temps de descendre et le poisson est passé si la visibilité est très bonne, et 6m c’est trop près de vous et risque de l’empêcher de monter. Deux fois sur trois c'est de la surface que vous verrez le poisson venir et s'il est passé, c'est souvent trop tard, il ne reviendra quasiment jamais. Quelques rares marlins reste là à vous regarder, ce sera la chance de votre vie s'il fait 250kg. Les poissons les plus curieux font le tour du baron à 2m, mais le plus souvent comprennent qu'il s'agit d'un leurre et poursuivent leur chemin. S'il est passé, la course poursuite peut s'engager, ça fonctionne une fois sur trois, ce n’est pas si mal, mais pas de tir létal dans ce cas, ce sera une flèche lâchée souvent dans le tiers arrière, ça tient très bien, même mieux que le corps dans le combat qui va suivre. On peut aussi associer d'autres techniques à l'agachon de plein eau, la petite cuillère lâchée fait office de baron miniature, elle descend en virevoltant. La poignée de sardines encore mieux lorsque ça tourne un peu bas, principalement pour les thons rouges et albacores; il suffit de suivre les sardines à quelques mètres lorsque ça se décide à monter. Les tripes des autres poissons capturés fonctionnent très bien pour les carpes rouges, aprions et les thazards. Dans ce cas il faut bien analyser le comportement des poissons qui 20m plus bas, font de rapides aller/retour avant qu'un ne se décide à monter direct et gober l’appât. Il faut anticiper sinon il redescendra aussi rapidement. Avec un peu d'expérience, vous discernerez dans son attitude qu'il a décidé de monter gober l’appât. Ainsi pour les carpes rouges, je tirais les licornes présentes et les dépeçais illico, au bout de deux ou trois morceaux avalés, il n'y a plus qu'à faire son agachon de pleine eau et de surveiller le bout qui descend. Les aprions aussi se font quelquefois avoir. La pêche à trou . Un fusil de 50 ou 60cm, flèche courte et ardillon court également pour éviter qu’il ne se coince dans les failles. Un MATC (trident de bon aloi) est très bien pour paralyser le poisson. Si votre flèche tahitienne s’enrague, on renfile le fusil sur la flèche, on enclenche la flèche et ainsi on peut faire pivoter la flèche pour la sortir. Ici, vous êtes peinard, canard raté, lâcher de bulles, raclage de la ceinture au fond, palmes en l’air, tout ça le poisson s’en moque, il est bien au chaud dans son antre et ne devrait pas en bouger. C’est la technique du débutant mais presque toujours mal gérée. Je mets le conditionnel à « ne devrait pas bouger » car il ne faut tout de même pas abuser, il peut gicler si vous vous y engouffrer comme un bulldozer ou si vous faites un raffut du diable sur son antre. Le plus dur dans la technique consiste à trouver les pierres. Le premier point pour les repérer, ce sont des poissons qui tournent autour d’une roche. Cela doit faire tilt tout de suite. Dans les eaux sales de l’atlantique, c’est souvent à l’indienne que l’on découvre une pierre. Puisque la bouée est obligatoire de nos jours, il suffit de laisser le plomb à quelques mètres de l’entrée. Il est extrêmement rare qu’il n’y ait qu’une entrée, en général il y a une ou plusieurs sorties plus petites. Pour qu’une pierre retienne du poisson, il faut qu’il y ait des recoins noirs, mêmes des ragues toutes petites dans les fonds, c’est encore mieux. Et une pierre posée sur le sable, c’est le top ! Alors, vous venez de découvrir une pierre, première règle : on agachonne à quelques mètres des entrées, on ne fonce jamais dedans. Vous tirez les poissons qui tournent ou présentent leur museau à l’entrée, ainsi tous les autres vont rester planquer bien sagement, car le danger est dehors, pas dedans. Là je vais vous faire la recommandation que j’ai mis des années à assimiler : ne tirez pas dans la pierre, surtout les gros bars, c’est le meilleur moyen de la vider à vie. J’ai vidé pas mal de pierres avant de comprendre qu’en ne tirant qu’un ou deux poissons aux entrées, elle durera des dizaines d’années, tant qu’une andouille ne la massacrera pas. Si vous tirez le plus gros bar dedans, c’est fini, vous ferez surement une pièce de 5 à 6 kg mais ce sera la dernière. Epargnée, cette pierre vous pouvez la faire plusieurs fois dans l’année, maxi 3 ou 4 fois, il ne faut pas exagérer non plus. Par contre si le gros bar traine dehors, n’hésitez pas, faites-vous plaisir. Quand plus rien ne se présente aux entrées, vous pouvez aller vous régaler les yeux et voir ces beaux poissons tourner et se plaquer au fond. A ce sujet, lorsque vous abordez une pierre, on regarde toujours les parties les plus sombres, pas le contre jour. On descend même en fermant à mi-clos les paupières, pour être habitué à la pénombre. Il existe différentes méthodes pour faire entrer les poissons (sars et bars) qui trainent dehors et hésitent à entrer, la plupart du temps parce qu’ils on déjà vu ce qui se passait avec les chasseurs. Ces techniques n’étant pas éthiques, mais plutôt associées au vidage de la pierre, je ne vous les dévoilerais donc pas. Une rague ouverte, sans issue, même profonde ne peut être considérée comme une pierre, elle ne sera qu’un refuge provisoire et d’ailleurs n’abritera que 1 ou 2 poissons au maximum. Vous pouvez tirer dedans sans regret. Un gros surplomb est excellent pour se positionner pour l’agachon, très rarement un poisson s’y trouve, mais ils viennent volontiers voir ce que vous y faites. Un mérou peut être collé au plafond, plus souvent des cigales. Anecdote : Mon équipier de compétition m’invite à une sortie sur la banche et le plateau du four (dans le 44). A part un lieu jaune, rien de toute la journée, idem pour mon équipier, l’eau n’est pourtant pas trop mal, dans les 4m de visibilité, peu de courant, ni de houle. Au moment de remonter sur le bateau pour rentrer, je regarde si l’ancre n’est pas coincée, il y a 5m, le four n’est pas profond. Elle est posée devant une rague d’un mètre de profondeur cachée par les laminaires. J’aperçois des écailles, je scrute bien, c’est une rague fermée et les poissons effrayés depuis notre arrivée et le mouillage jeté devant leur nez, sont tapis au fond depuis plusieurs heures. Je tire le premier, tué net, ce qui n’est pas un exploit. Je le mets dans le bateau à 5m de là, puis regarde à nouveau dans ce couloir. Un second bar de 5kg ne bouge pas non plus, il rejoint le premier. Je me dis à tout hasard : regarde encore un coup malgré que ce ne soit pas grand, et, plaquée au plafond, une royale de 3.5kg m’attend terrorisée. Les yeux ronds de mon équipier qui monte quelques minutes après, la pêche a été faite sur les 3 dernières minutes d'une sortie de plus de 6 heures. Les daurades, sont tellement paniquées à trou que divers auteurs racontent les avoir attrapées à la main, elles peuvent aussi s’ensabler comme une sole. Mais n’oubliez pas, une belle pierre ça se soigne, se dorlote, choyez là. Il peut y avoir des centaines de bars dedans et souvent plein de sars avec eux. Les épaves ne sont pas vraiment des pierres et il y a tellement de recoins sombres. Je chasse beaucoup maintenant sur épave, mais je ne tire jamais à proximité et bloque immédiatement les poissons afin qu’ils ne s’y enraguent. Et je n’ai jamais regardé dedans, c’est bien trop profond dans mon secteur pour prendre des risques. Surtout que je ne chasse pas à la gueuse, trop de courant dans mon quartier. Les congres, murènes et les homards n’ont pas le comportement des autres poissons, et ce n’est qu’à trou que vous les trouverez. Les mostelles aussi ne sont qu’à trou et souvent solitaires, donc faites vous plaisir. Epargnez donc les congres et murènes, à part dans la soupe de poissons, ce n’est vraiment pas terrible à manger. Une pierre peut être vide à certains moments de la journée et bourrée à d’autre. Je connaissais deux pierres qui émergeaient à marée basse, donc elles ne pouvaient se remplir de poissons qu’à la haute mer. Beaucoup servent de refuge à la descendante, donc il n’y a pas de règles générales. Une autre anecdote, un agachon sur 8m à coté d'une pierre ouverte, au bout de 30 secondes, rien ne vient et je vois le bout d'une caudale de bar l'autre coté de la pierre. Je recule un peu, et aligne le poisson dans la caudale. Il gigote vigoureusement et ne vient pas, coincé contre la roche. Je laisse le fusil, remonte, me ventile et redescends illico, je prends le fil et commence à ramener le bar qui se coince de nouveau de l'autre coté de la pierre, et..... je reçois des coups sur la tête. C'est un congre qui mord la tête du fusil et le secoue violemment, la poignée me frappant la crâne. La pêche à trou peut se révéler dangereuse, le masque ou le tuba peuvent s'accrocher et vous le perdez en reculant, ça a moins tendance à le faire si vous avez gardé le tuba en bouche. Mais cela m'est arrivé tout de même deux fois. On peut aussi s’emmêler avec le fil de la flèche en voulant déraguer le poisson comme je le raconte à mes tous débuts, il ne vous reste que la solution de couper de suite le fil car vous ne savez pas dans quel sens il est passé, en effet lorsque cela arrive, c’est au moment de remonter quand on n’a plus d’air. Le sens de la pierre Un post sur les GPS m’a fait penser à ajouter un opus aux techniques de chasse. Avoir ou plutôt apprendre le sens de la pierre. Qu’est ce que c’est, avoir le sens de la pierre ? D’abord c’est deviner ou sentir plutôt si en vous baladant, de dessus ou de loin si ces roches peuvent avoir un intérêt pour retenir le poisson. C’est aussi comprendre la pierre et savoir l’aborder du bon coté et bien évidemment comment l’aborder. Plusieurs indices pour découvrir une pierre. Si vous voyez 10 sars qui tournent devant et s’engouffrent à votre approche, c’est une évidence mais c’est devenu de plus en plus rare ce genre de situation car trop de chasseurs exploitent les pierres bêtement et ils les flinguent. La pierre devient désertique ensuite, les poissons ayant une mémoire surement transmissible, ils savent parfaitement qu’il y a plus de danger à s’enfourner dedans qu’à partir vers le large. Bref comme dirait Pépin, ce sont le plus souvent de petits indices qui vont de loin vous avertir qu’une pierre est creuse et susceptible de retenir du poisson. Les petits poissons et surtout les alevins qui stagnent devant l’entrée parfois bien dissimulée, d’ailleurs et plus les entrées seront cachées, enfouies, plus la pierre a de chance de se révéler bonne. Les crevettes également sont un bon indice, une mostelle ou des tacauds qui disparaissent d’un coup. Une bonne pierre aura deux ou trois entrées dont une petite, bien fermée et l’intérieure doit être sombre, pas trop grand et plus elle se resserre et s’amenuise pour devenir noire dans le fond, plus elle sera attractive. Elle peut n’avoir que dix centimètres de hauteur, c’est suffisant pour que les poissons s’y entassent allègrement. Un simple trou sera peu attractif sauf pour les congres et murènes, les bars, sars et daurades aimant avoir une sortie de secours. Je ne vous parle pas des corbs et mérous qui aiment d'autres pierres, longues, tortueuses. Il faut aborder la pierre par la plus grande entrée, le faire en douceur, très très doucement pour finir par une inspection profonde. Parfois il faut carrément pratiquer de la spéléologie, j’ai vu entrer dans des pierres tellement petites, des boyaux pour tirer des mérous, qu’il fallait le binome pour vous ressortir en tirant les pieds en arrière, des trucs à ne pas recommander avant d’avoir au moins 20 ans d’expérience derrière soi. Si on a que quelques années de pratique, méfiance tout ce que vous avez sur vous peut vous retenir dans une pierre : un moulinet de ceinture, l’accroche poisson à la ceinture, même les plombs peuvent s’accrocher, le couteau s’il n’est pas à la cheville, etc.…. Le tuba en ressortant peut s’accrocher et vous arracher le masque, ça m’est arrivé deux fois en 40 ans de pratique. Cela fait maintenant plus de 10 ans que je ne chasse plus du tout à trou, je ne regarde même pas dedans. Lorsque vous en êtes au stade de crapahuter dans la pierre, la circonspection doit rester de mise, même si tous les poissons, crevettes et crabes vous ont entendu. Ils peuvent encore gicler pris de panique et même vous percuter. J’ai déjà raconté l’anecdote où un bar m’a enfoncé la vitre du masque. Normalement vous agachonnez devant l’entrée de la pierre à 2 ou 3 mètres. Tant qu’un poisson museaute, vous n’entrez pas dedans, il est impératif d’essayer de tirer les poissons dehors au maximum. Ensuite si rien ne vient vous inspectez d’un œil attentif les recoins les plus sombres en premier, c’est là qu’ils seront planqués, inutile de regarder vers la lumière, s'il y a un poisson vous le verrez immédiatement. Si c’est une pierre qui retient une mostelle, un bar ou un sar, vous pouvez tirez dedans, mais si c’est une pierre qui logent 10, 20, 50 poissons ne tirez surtout pas n’importe comment, vous ajustez tranquillement le poisson le plus en vue et le tirez dans la tête et nulle part ailleurs et le sortez immédiatement, vous pouvez ressortir et recommencer l’opération si ce n’est pas évident du premier coup. Ne tirez pas plus de deux poissons (et comme il faut) dans la pierre sinon elle va se vider et ce sera à vie ! Vous avez fini, décidé de laisser tranquille le reste dans son trou bien à l’abri, vous en profitez pour faire consciencieusement le tour de toutes les issues, inspecter les moindres recoins, enregistrer la configuration du site sur toutes ses coutures dans votre mémoire, c’est ainsi que l’on acquière le sens de la pierre. Le mieux c’est encore d’avoir un maitre pour vous le montrer ou des stages avec de bons moniteurs. Cela vous fera gagner quelques années et surtout vous évitera de gaspiller, gâcher lamentablement une pierre (une des dernières) encore bien garnie. Ne revenez pas plus de deux fois dans l’année visiter vos pierres. Les plus belles sont sur le sable isolées. De grandes dalles de plusieurs mètres, tombées sur le sable forment d’excellentes pierres, ce sont les bars eux même qui délogent le sable de dessous et la garde libre de circulation. Une pierre trop ouverte, style arche, grotte ne sera que très rarement une bonne pierre car c’est assez exceptionnel qu’une telle formation ait des recoins bien noirs avec petites sorties annexes pour retenir le poisson. Des ragues, banches creusées sur le bord d’un petit tombant peuvent être de bonnes pierres, il suffit d’un morceau effondré pour cacher la vue et ainsi former un abri et si la banche est très creuse et forme un surplomb de 2 à 3 m, c’est un superbe spot à maigre et à mulets, mais pas une vraie pierre. Allez, un dernier indice, si vous voyez une vielle dans une pierre, inutile d’insister il n’y aura pas de bar dedans, les tacauds n’ont plus n’aiment pas la présence des bars dans la même pierre, mais des homards, oui. Diatribe de la profondeur Je sais qu’avec cet article je vais en vexer quelques uns, mais il se doit d’être écrit. En effet nous regardons de belles vidéos avec des chasseurs qui vont chasser du poisson maintenant à 30, 35, 40m…. C’est devenu la course à l’échalote, la profondeur. Et bien c’est la preuve qu’ils ne savent pas chasser correctement dans des profondeurs moindre tout simplement. Non seulement c’est un bel exploit, que je ne jalouse nullement, mais c’est de l’incitation au meurtre, et pas celui du poisson. Descendre à 32m pour tirer un sar de 800gr à trou, est ce bien intelligent? De grands champions sont morts alors qu’ils étaient capables de descendre à 60m, ça leur fait une belle jambe maintenant, mais la plupart du temps ce sont de jeunes chasseurs qui commencent à maitriser l’apnée qui en pâtissent de ces exemples à ne pas suivre. Titou me le disait à maintes reprises : celui là il n’a rien dans la tronche, il ne pense qu’à descendre ! Et pour des personnalités célèbres de la CSM. Je rappelle qu’il a été 2 fois champion du monde, champion d’Europe et X fois champion de France sans jamais avoir descendu au-delà de 24m. Même à Ustica réputée pour ne se gagner qu’au-delà de trente mètres, il a remporté haut la main en restant dans sa zone de confort. Amengual encore plus titré, ne chassait pas au-delà de trente mètres et très rarement. Personnellement j’ai du descendre 3 ou 4 fois dans ma vie au-delà de trente mètres et uniquement pour y tirer un poisson vu d’en haut. La quasi-totalité de mes chasses se déroulent entre 8 et 15/18m, que ce soit en France ou sous les tropiques. Et je sors presque toujours plus de poissons que certains qui viennent et agachonnent à 30m. Non la profondeur n’est pas la panacée de la CSM. Il n'est pas nécessaire de tenir 2 minutes trente secondes pour tirer un poisson, mes apnées sont en moyenne de 1 minute et maxi 1 minute trente secondes et pourtant j'en sors du poisson!!!! Ces championnats du monde organisés en Grèce dans une zone désertique, où les chasseurs ont du descendre à 50 et 60m pour faire 1 à 2 poissons pour les meilleurs apnéistes, c’est non seulement débile mais criminel de la part des organisateurs ! Non, je le répète il n’y a pas plus de poissons en profondeur, il y est seulement plus facile, car il n’y voyait pas jusqu’à présent, de chasseurs et que va faire ce poisson ? Il va continuer à descendre, tout simplement. Regardez cette vidéo, de ce chasseur italien faisant des dentis jusque 10kg entre 4 et 10m, et pas un mais un bon paquet, et la réponse qu’il a une zone exceptionnelle c’est bien à vous d’en trouver une, l’Italie n’est pas réputée pour être facile et poissonneuse. Je l’ai dit et le répète : l’art de la chasse sous-marine c’est l’art de trouver le poisson, pas de descendre à 40m ! Fuyez ces prédicateurs des abysses, ils ne feront que vous inciter à les suivre. Apprenez à bien chasser, à peaufiner votre technique dans la zone que vous maitrisez bien, et vous ferez de belles prises. Est-ce que PDM chasse en profondeur ? Jamais, je crois bien, il écrit lamentablement mais il sait chasser, exploiter ses zones à merveille, dans des secteurs où beaucoup pensent qu’il n’y a rien. Il est stupide de continuer à chasser sur une zone vide en toutes circonstances, que ce soit été, hiver, marée montante descendante ou étale. Car oui un secteur peut devenir intéressant à un moment précis et pas à d’autres, mais s'il est vide tout le temps, changez. J’avais une zone à gros pélagiques, mais ils n’y étaient présents que 2 ou 3 fois dans l’année, le reste du temps c’était vide. Et bien je m’y arrêtais à chaque fois mais juste une minute, je n’y passais pas ma vie, et de suite je savais si cela valait le coup d’insister ou pas, par la présence de vie sur place. Qu’à vos débuts vous collectionnez des brocouilles, c’est normal il faut apprendre, mais pas au bout de 15 ans d’expérience. Et ce n’est pas en cherchant profond que votre expérience va s’améliorer, mais en analysant le pourquoi de la brocouille. Prenez des notes, le bon vieux carnet de chasse, car la mémoire peut vous jouer des tours. La chasse sous-marine est un sport qui se pratique à 98% avec la tête, pas grâce au matériel ou à vos capacités physiques, d’ailleurs Amengual était handicapé. Vouloir retourner chasser avec de mauvaises conditions pour un secteur, qui dans ces circonstances est vide, et que votre guide/ maitre vous le dit, c’est débile. Il faut se remettre en question régulièrement dans notre sport. On apprend de ses échecs ! Si vous n’avez rien appris, et continuiez, c’est que vous n’avez rien dans la tête. Insister c’est bien, mais savoir renoncer est une preuve de sagesse. Oui on pratique un sport ingrat, il faut y passer des heures et des heures, dans de l’eau froide, avec du vent, de la pluie, se lever tôt, voir très tôt, faire des km et sa femme qui fait la tête car le WE est râpé pour elle. Et je ne parle pas de ceux qui ont le mal de mer, les pauvres. Et en conclusion, rappelez-vous ce dicton : un bon chasseur est un chasseur vivant. Les coins de chasse, vides ou pas ? Comment savoir si l’on doit insister sur un coin de chasse ou pas ? C’est simple et compliqué à la fois. Un spot peut être vide à un moment de la marée et se remplir sur la renverse ou se vider en quelques instants avec justement la renverse. J’en parlais justement plus haut, j’avais un spot qui n’était valable que 2 ou 3 fois par an, le reste du temps il était vide, et je n’ai jamais réussi à savoir pourquoi avec les mêmes conditions, ce sec était vide la plupart du temps. Si un spot va être valable, c’est facile à savoir ou reconnaitre, c’est principalement à « la vie » qu’il va y avoir sur place. Si rien ne nage, ni petits poissons, ni petits animaux autour (crevettes, crabes, copépodes…) et pas une écaille, alors le coin est vide, inutile d’insister. Vous pouvez y revenir 2 heures après le changement de marée pour voir si ça s’est modifié. La température de l’eau joue beaucoup aussi, les thermoclines mais aussi la température générale de l’eau. Exemple, nous avons eu un effet d’upwelling l’année 2023 sur la Vendée, où l’eau est restée à 14° même au mois d’aout, alors qu’elle montait à 18° juste à coté en Charente maritime et Loire atlantique. Bien sur le poisson, sars et bars, se trouvait dans ces départements et pas dans cette eau glaciale venue du fond des abysses. Le poisson est arrivé en septembre avec l’eau chaude. Il peut arriver que ce soit pour d’autres raisons non définies clairement. Exemple j’ai un spot, une cassure de plateau qui passe de 20/22m à 30/34m. Cette cassure bien nette sur peut être 80m de long, retient une foultitude de poissons par moment. Pendant 3 années ce fut mon meilleur spot à gros thazards avec de superbes mérous en bas en plus. Depuis 2 ans, il est absolument vide, rien ni petits ni gros, ni pélagiques ni benthiques. Pourtant je m’y arrête et jette un œil à chaque fois que je passe dans le secteur, par acquis de conscience, mais rien. Et puis il y a une dizaine de jours, mon équipier est resté la journée sur la cassure, avec un carton jamais vu : 11 thazards, 20 carangues, 1 espadon voilier, …… Pourquoi le poisson était surabondant ce jour-là ? Impossible à établir, mais des tonnes de bitsiks(alevins) étaient présents sur la cassure. Les jours suivants, il s’est revidé, même pas une carangue ou un thazard de passage avec les mêmes conditions de vent, de marée, de température et de turbidité et de bitsiks présents au fond. A l’inverse, j’ai trouvé en début de saison un secteur qui m’a semblait propice sur les cartes marines. Sur place, pas de grosses cassures au sondeur, impossible (pour moi) de savoir s’il y a de belles patates, ou une cassure, la profondeur moyenne étant de 35m jusque 45m. Pas de poissons fourrage non plus ou de présence spéciale. Je vais jusqu’à ce coin retiré, loin de tout quand je suis dans le secteur, et je ne peux expliquer vraiment pourquoi mais j’étais persuadé que ce spot allait être bon à un moment ou un autre, ce qui fut le cas au sixième passage alors que mes coins habituels étaient vides, eux. Savoir reconnaitre/sentir un secteur viendra avec l’expérience. Donc il y aussi l’instinct du chasseur qui entre en ligne de compte, comme ressentir une présence dans son dos. Mais le plus important lorsqu’on débute c’est d’insister, chasser des heures et des heures même si on n’a rien vu, que l’on ait faim, qu’il fasse froid… Même il y a trente ans, à la bonne époque où le poisson abondait, il m’arrivait de chasser pendant 5 heures et de ne pas voir une queue, et puis paf, à force d’insister ou de renverse, va savoir, le poisson était là sur le coin suivant. Après il faut noter les circonstances de ces rencontres, cela reste un bon point de repaire pour les années suivantes Un autre point bien important à enregistrer: le poisson se tient à un endroit précis, que ce soit du benthique ou du pélagique, les poissons ont leur coin de prédilection, et c'est à quelques mètres près, ils n'en dérogent pas. Une pierre à bars retiendra toujours du poisson tant que vous ne la massacrerez pas, les coins à maigres idem. C'est pareil pour les thons, ils viennent tourner à un endroit précis et reviennent d'une année sur l'autre tant que la configuration ne bouge pas. Gérard Grave, surement le meilleur guide de la planète pour le tout gros, a trouvé un spot à très gros wahoos (thons bananes), ces poissons tournent à un endroit où en apparence il n'y a rien, sinon 1 000m de fond et pourtant ils sont au rendez vous la plupart du temps. Donc il faut passer son temps à chercher et surtout bien enregistrer un secteur poissonneux, le GPS est parfait pour ça. Comme je le dis toujours et le répète encore une fois: l'art de la chasse sous marine c'est l’art de chercher le poisson, le reste relève de l'anecdote Les techniques de chasse selon les poissons Le poisson le plus couru, au propre comme au figuré est surement le bar en France. Cela tombe bien c’est ma spécialité. Pour bien combattre son ennemi, il faut d’abord bien le connaitre (Sun-Zi, l’art de la guerre) Pour bien chasser, il faut tout connaitre des poissons que l’on veut attraper, absolument tout. Tout d’abord, les poissons n’ont que 3 centres d’intérêts dans leur vie : en premier survivre, en second se nourrir et en troisième se reproduire. Donc le bar mange de tout, y compris ses propres congénères lorsqu’il est bien gros, c’est pourquoi les gros ne se mélangent pas avec les petits. Vers, crustacés, mollusques, petits poissons, seiches tout est bon pour satisfaire son appétit. Une fois j’ai même trouvé une étoile de mer dans l’estomac. Il se reproduit entre janvier et mars selon la température de l’eau. Il a besoin de se rassembler en immenses compagnes avant la fraie. Ensuite la femelle gonflée d’œufs, s’en va suivie de plusieurs males, et va pondre sur le sable/gravier à la limite des roches dans peu d’eau. Le lieu le plus célèbre de France pour ses réelles frayères c’est la sablière à Marseille, maintenant en réserve dans le parc des calanques. Le spectacle était parfois grandiose. Je fus le premier à photographier ces rassemblements. Je souhaite aux jeunes pêcheurs de pouvoir en prendre encore pendant de nombreuses années, mais d’un il y a les quotas pour limiter le nombre de prises et même sans les quotas il faut bien admettre que la ressource a très fortement régressée et elle est même en grave danger. Ne vous en faites pas, ce n’est en aucun cas les chasseurs responsables de cet état des stocks; les anciens (dans les années 70) me disaient, tu ne connaitras jamais ce qu’on a pu voir, des dizaines de bars dans 20/30cm d’eau à marée montante et que des gros de 5 à 7kg….. « La pêche » se faisait à la machette dans les coursives la nuit, les vendéens disaient pêcher au sabre…. J’ai déjà connu une bonne époque, où rencontrer des milliers de bars à peu près n’importe où à la cote en partant du bord était possible. Maintenant quand on a vu 3 ou 4 bars ou loups ensembles on dit j’ai vu une compagne ! Le gros déclin du bar a commencé avec la création des filets maillants, des milliers de kilomètres sont maintenant placés partout le long des cotes françaises et ce qui a achevé le reste, ce sont les bateaux pélagiques qui ont trouvé les frayères depuis les années 2000 et massacrent à qui mieux mieux les poissons se reproduisant, sans aucune vergogne et sous l’indifférence complète de Bruxelles plus prompt à écouter les lobbys des pêcheurs que les scientifiques pourtant alarmistes. Bref je ne suis guère optimiste sur le sujet, doux euphémisme. Bon venons en à la façon de capturer ce joli poisson. Évitez de tirer des sardines c’est mal vu et aussi les femelles pleines de taille moyennes pour les méditerranéens, vu qu’en Atlantique on ne peut chasser à cette période. Je dis de tailles moyennes car les grosses x(6kg et plus) sont nettement moins bonnes reproductrices. La meilleure méthode, pour les capturer c’est incontestablement l’agachon. Dans 2m ou à 18m de fond, ça fonctionne toujours….s’ils sont là ! On peut le faire partout, en haut des roches, en bas, sur le sable en limite des roches et du sable, dans les laminaires. Il est très curieux et viendra si vous vous y prenez correctement (voir la méthode de chasse sur l’agachon) La coulée peut aussi être efficace si vous les voyez de la surface, il n’est pas trop peureux et se laissera suffisamment approcher. Dans les grandes mattes du large, je recommande de ne surtout pas plonger en dessous de quelques mètres, ils viendront d’eux même tranquillement vous voir, alors qu’ils seront nerveux au début. Les quotas vous limitant, recherchez la belle pièce dans le lot, toujours un peu plus bas, il faudra attendre et se couler vers elle doucement au milieu de la matte. A vous de faire valoir vos capacités pour les faire monter. L’indienne donne aussi de bons résultats mais seulement dans des secteurs bien particuliers. L’indienne ne devrait servir qu’à chercher/trouver le bon endroit pour se placer à l’agachon. C'est bien sûr une généralité, certains endroits bien spécifiques seront exploitables au mieux à l'indienne, j'en ai déjà parlé. La pêche du bar à trou, c’est la facilité. Mais si une pierre est pleine à craquer de plusieurs dizaines d’individus, ne tirez que de l’extérieur comme déjà dit. Vous conserverez cette pierre intacte ainsi. Si c’est juste un abri temporaire, cette pierre ne sera occupée que par un ou deux individus, toujours dans le recoin le plus noir, vous pouvez y aller. Tirez toujours dans la tête les poissons, ce n’est pas difficile et n’offre que des avantages, d’un vous n’effrayerez pas les autres et la chair restera intacte. Saignez les en les piquant dans le crane avec votre couteau par les ouïes ou alors faites un ikejimé. La qualité de la chaire n’en sera que meilleure. L’ikéjimé consiste à enfiler un fil de fer ou un gros fil de nylon dans la colonne vertébrale par le front ou par la queue. Toutes les fibres de la chair vont se détendre. Alors à quel moment de la marée faut-il chercher le bar ? Et bien ça dépend. Non je ne suis pas normand. La marée montante est plus favorable en atlantique, les bars venant près du bord pour débusquer les petits crustacés de toutes sortes et les petits poissons. Ils arrivent ou du moins arrivaient par vague de plusieurs milliers ensembles. Je dirais mi marée pour la chasse dans les laminaires ou bordure. Et marée descendante pour les pierres d’où ils sortent avec la montante. Si vous trouvez des bars à trou à la montante dans quelques mètres d’eau, c’est une pierre de passage, un peu comme les trous des mérous, il y a ceux de repos et ceux de chasse. Je connaissais même une pierre qui était à sec à marée basse et bien pourvue à marée haute uniquement. En méditerranée, ce seront les courants qui influenceront le comportement des loups, qui bien sur peuvent aussi être engendrés par la marée. Un vent nouveau peut amener les loups et un vent établi au contraire les faire fuir, généralités bien sûr. La température aussi influence le comportement de nos amis labrax. Ils sont plus indolents avec l’eau froide ….mais nous aussi. Avec des eaux bien froides pour cause d’upwelling, le poisson ira dans de meilleures contrées. Le ponte des femelles est déclenchée au dixième de degrés près. Lors d’un stage de formation pour chasseurs sous marin en Bretagne, organisé par Talarmin, nous étions 50 moniteurs pour 150 élèves. On me confie 3 confirmés qui veulent perfectionner les techniques pour le bar, ma réputation était déjà établie. Il y a mauvais temps, mer agitée, visi de 2 à 3m devant l'oeil, je choisis tout de même de partir(en bateau) aux tas de pois (pointe de bretagne). Titou lui part faire du plat dans la baie sur le sable tellement c’est remué. On chassera 4 heures à se faire secouer dans les tas de pois, pour terminer par faire la falaise, dans la mousse. Un bar suicidaire de 3kg se jettera sur ma flèche, ce sera le seul et unique pris de toute la journée sur 200 chasseurs, les 3 élèves m’ont vénéré ce jour là. La chasse dans la mousse peut aussi être une bonne méthode à marée montante. Pour vous donnez une indication, à la bonne époque faire 4 à 6 bars était une pêche normale, à dix, une jolie pêche et une pêche exceptionnelle avec 15/17 poissons, dont des gros. Ce serait bien mal vu maintenant, mais nous étions peu nombreux il y a trente à quarante ans à avoir les capacités et le poisson abondait, la notion de préserver la nature n’existait pas encore, le fait que ça pouvait s’amenuiser nous semblait totalement improbable. C’était pourtant la fin de la morue en terre d’Islande, ou de Terre-neuve, ça aurait du nous alerter? Cousteau et son équipe en était encore à tirer sur les cachalots à la balle dum-dum. Il n’est devenu écolo dans ses discours, que plus tard. Je ne cherche pas à minimiser mes responsabilités, j’explique simplement l’état d’esprit dans lequel nous évoluions. Tenez des cahiers à jours de chacune de vos sorties, même les brocouilles. Au bout de dix ans déjà, vous aurez une bonne perception de vos coins selon les conditions et au bout de quinze à vingt ans, vous pourrez établir un protocole de chasse avec tous les renseignements accumulés. La fiche signalétique : Noms Dicentrarchus labrax Autres noms communs français "Bar commun" pour l'océan Atlantique, "Loup" pour la Méditerranée Lubin (Nantes), Loubine (Vendée), Brigne (Arcachon), Llobarro (Catalogne), Lloubarrou (Roussillon), Loubassou (Nice) Noms communs internationaux Bass (GB), Spigola (I), Lubina (E), Meerbarsch (D), Robalo-legitimo (P), Zeebars (NL) Synonymes du nom scientifique actuel Morone labrax (Linnaeus, 1758) La bar moucheté est un peu l’ersatz du bar commun. Sa chair plus molle, est nettement moins recherchée, je n’en ai jamais vu à trou. Il vit en banc et nettement plus petit que son confrère, d’où son manque d’intérêt. J’en vois quasi jamais dans les CR actuels de nos amis forumeurs, aurait il disparu ? Le mulet Le poisson qui suit direct le bar, c’est le mulet. Il lui ressemble en partie, vit dans les mêmes milieux et on peut même le confondre au fond d’une pierre bien sombre. Un auteur célèbre disait : le poisson de qui nous vient tant de mal. En effet il devance souvent les bars dans les ragues ou à l’agachon ce qui fait que si on se précipite à le tirer, on regrette de voir arriver les bars ensuite une fois désarmé et si vous ne le tirez pas et bien, vous risquez aussi de ne pas tirer, surtout à vos débuts. Ceci dit, il est largement aussi comestible que le bar une fois bien adulte, par ce que jeune, il vit en milieu saumâtre et prend un sérieux gout de vase et ceux qui sortent des marais pour partir en mer, restent quelques temps dans les vasières des ports et prennent en plus un gout de mazout qu’il affectionne ! D’ailleurs le mulet de marais est commercialisé sous le nom de mulet blanc (à fuir) et celui de pleine mer : mulet noir (appellation commerciale, je répète) Les anciens marins, me racontaient que par mer plate, ils versaient un peu de mazout en mer et des bancs de mulets venaient trainer dans ces nappes. Ils les prenaient au filet pour servir d’appât dans les casiers, on appelle ça boetter les casiers. Il existait aussi des pêcheries à la cote, c’étaient des murets de pierres bâtis aux grandes marées basses, de 2 bons mètres de hauteur avec juste une écluse pour les vider. A marée haute, les poissons passaient principalement par-dessus le mur et se retrouvaient coincés à la descendante, dans ces pêcheries. Il y a bien longtemps que ça ne prend plus rien du tout, mais ils me racontaient qu’une fois ils ont sorti 5 tombereaux de mulets dans la pêcherie de Bourgenay sur mer, les marsouins les ayant poussés dedans. Je n’ai jamais vu un seul marsouin en 40 ans de chasse en Vendée, ils avaient déjà disparus du secteur à mes débuts de CMS. Bref le mulet ou du moins les mulets pullulaient. Je ne vais pas m’étendre sur les différentes espèces, elles se valent. Un bon gros mulet est très bon. Vous ne le ferez que rarement à la coulée, il est craintif de ce qui est au dessus, il est par contre très curieux et vient parfaitement à l’agachon. Il adore se faufiler d’une rague à l’autre, il ne reste que très rarement immobile dans les trous contrairement au bar. Souvent il y en a des dizaines dans les ragues et on cherche vainement le bar au milieu du troupeau qui défile. Il est bien difficile de tuer un mulet net, même avec le couteau dans le crane il continue à gigoter fortement. Un moyen pas très esthétique de l'achever c'est de lui retourner la tête en arrière et pour l'enfiler sur l'accroche poisson c'est par les yeux, sinon vous avez de bons risques de le perdre en enfilant l’accroche-poissons par les ouïes. On peut le rencontrer dans 50cm d’eau à la montante. En méditerranée il affectionne les sorties d’égouts….Bon appétit. Le grand égout de Marseille était un véritable lieu de concentration du mulet, interdit à la pêche, on se demande bien pourquoi ? On peut rencontrer en pleine mer des bancs immenses de mulets dorés (dorins), en pleine eau près de la surface en été A Madagascar c’est le poisson le plus prisé, c'est le plus cher de tout le marché. Etrangement ce mulet cabot absolument identique au notre, atteint régulièrement des poids de 5kg et ne vit pour ainsi dire qu’en eau douce, jamais vu un seul en mer et un seul de vu en estuaire. Nono, mon équipier de CSM professionnel, le capture en rivière pendant l’hiver austral. Le mulet traine aussi en estuaire, les roselières du pays Nantais étaient bien garnies de ces gros ventrus, les bracos les faisaient avec une lance munie d’un trident, le soir près de la surface. La poutargue est un met aussi recherché que le caviar dans le midi. Ce sont les poches d’œufs (gonades) salées, puis laissées séchées en extérieur entre des rangées de briques pour les compresser un peu. Perso avec les œufs de poisson je fais en général des accras, il faut bien les relever. Noms : Mulet à grosse tête (Mugil cephalus | Linnaeus, 1758) Autres noms communs français Cabot, caridou, meuil, muge, muge à grosse tête, muge cabot, muge céphale, mugo fangous, mujou, mulet, mulet-cabot, mulet jaune, mulet jeune, mulet voilé, testard, mujou testu, varidou (Provence), mujou pensard, carida (Nice), muzzari, mazzerdu, capocchiu (Corse), ramado, Yol négré (Languedoc), cremole (Antilles), poisson queue bleue (Nlle-Calédonie) et encore bien d'autres noms locaux ou régionaux Noms communs internationaux Flathead mullet, bright mullet, bully mullet, callifaver mullet, common grey mullet, flathead grey mullet, black mullet, grey mullet, haarder, hardgut mullet, mangrove mullet, mullet, river mullet, sea mullet, springer, striped mullet, black true mullet (GB), Baldigare, bolpina, capazzone, capocefalo, capozzo, capuozzo, cefalo mazzone, cefalo verace, cefalo vero, cefalu, ciavarini, cievolo, firzetta, gefalu, glissà, lissa, massun, mattarello, mazzone, mecia, meciatino, meciato, mesciarino, mugella, muggine, muggine caparello, mujelle, muletta, mulettu, musai , musao neigro, muza, muzao, muzzeru, muzzulu, ngefanu, pisciammano, siegolo, sievolo, testone, tistuni, tueppe, volpina, volpino, vopina, zievalo (I), Lisa, albur, bullûa, cabeçut, cabezudo, cachamba, capitán, capiton, cap pla, céfalo, galupe, iliça de cap gros, iliça sabada, ilissa lobarrera, lebranche, lisa cabezuda, lisa común, lisa pardete, lisa rayada, lissa amaria, liza cabezona, lizarra, llizza, machu, machuto, mugil, mugil común, mujol, …… Les sars Sar commun (diplodus sargus) la tache noire et les rayures s'estompent avec l'age Lorsque je lisais les livres sur la chasse sous marine il y a quarante ans, écrits donc une dizaine d’années auparavant, les auteurs parlaient du sar comme poisson typique de la méditerranée avec quelques spécimens présents en pays basque. Ils sont maintenant partout présents sur la façade atlantique et commence à envahir le nord Bretagne à notre plus grand plaisir, on en a vu jusque dans le Cotentin. Tous les sars n’y sont pas encore, on commence seulement à faire quelques tambours en Vendée et pas encore de museau à pointu à ma connaissance, mais ça viendra. Et c’est tant mieux, d’abord par ce que le sar est un poisson extrêmement agréable à chasser et qu’en plus c’est un des meilleurs à manger, de mon point de vue. Lorsqu’ils sont arrivés en Vendée, il n’y a eu que les veirades pendant quelques années, pas tirables les plus gros ne dépassant pas les 500gr, puis d’un seul coup les sars communs sont arrivés et chaque année de plus en plus nombreux et de plus en plus gros. Le sar est surtout présent près des moulières dont il se nourrit, mais étrangement je n’en ai jamais vu dans les bouchots. On le fait de différentes façons, mais la meilleure, c’est incontestablement l’agachon. L’agachon en bas des moulières au début des laminaires à marée descendante et en haut à marée haute jusque dans la mousse des falaises/rochers. Vous pouvez le surprendre à l’indienne, mais vous n’en ferez qu’un seul, le troupeau s’évanouissant de suite, il faudra recommencer. Si vous voulez en faire quelques uns, la technique consiste d’abord à repérer un troupeau en train de se nourrir. On fait immédiatement demi tour sans tirer, on repart en arrière d’une dizaine de mètres, on se prépare bien en surface et on descend pour trouver un post d’agachon positionné juste avant leur gagnage (lieu de nourrissage). On agachonne sans les voir au détour d’une roche, c’est eux qui viendront vous voir, souvent un par un ou seulement quelques uns à la fois. Vous tirez le premier qui se présente, et dès le poisson fléché, on attrape le fil pour le ramener à soi et on fait de nouveau demi- tour au fond pour ne ressortir à nouveau que 10 mètres plus loin. Vous achevez tranquillement votre poisson et vous recommencez. Bien exécuté c’est d’une redoutable efficacité, je vous ai déjà passé la photo de cette chasse exceptionnelle en Vendée. On peut faire de très gros sars à la période de reproduction, mai/juin , ils sont généralement à tourner au dessus d’une pierre assez ouverte, dans les laminaires, souvent des mastards de 2kg et plus mais peu nombreux, ils deviennent alors gris foncé. Dans ce cas c’est agachon, ils ne se mettent pas à trou à ce moment là, mais tout près. Mon plus gros sar en diplodus sargus, le fut à Brest lors d’une compétition : 2.340kg à trou(c’était hors période de reproduction), record qui tiendra 10 ans. Il y a bien plus gros maintenant, le record en compétition dans les 2.8kg il me semble et Maigrat nous a signalé 1 sar de 3.5kg en tant que professionnel. En effet il se prend fort bien à trou, et ainsi principalement en méditerranée, mais nettement moins gros. J’ai tout de même sorti en bordure des calanques un sar de 1.850kg, Titou était assez ébahi de cette pièce, j’ai mis 20 minutes pour le tirer dans une rague impossible, c’est d’ailleurs Titou qui l’avait repéré mais n’y arrivait pas avec son 90 et comme j’étais au 75…. Le 75 est l’arme parfaite à trou, même le 60. En atlantique il affectionne les pierres bien profondes, le plus noir possible, il peut y en avoir 30 ou 40 de belles tailles dans une même pierre, mais attention, si vous ne les tuez pas net dans la tête, les oiseaux s’envoleront de suite. On peut mettre un fusil devant chaque entrée pour leur faire peur et qu’ils restent bien planqués. Ils se tiennent bien avec les bars à trou, que des jolis à trou pas de tout petits, pareil pour les bars d'ailleurs, du moins en atlantique. Le tambour vit principalement en couple, les rares que j’ai pu tirer l’étaient ainsi. Il devient bien plus gros que le sar commun. Eric Vincent en a sorti un de 5.4kg! Le museau pointu, je ne connais pas, donc je n’en parlerais pas Le sar à tête noire ou veirade peut atteindre et dépasser le kilo, mais c’est assez rare à cette taille . Eric en avait fait un bâtardé de sar commun, bien gros il y a quelques années, ou du moins les deux taches noires n’étaient pas nettes, tranchées de mémoire. Il est assez peu chassé vu sa petite taille, sauf par les débutants ou sinon justement lorsqu’il atteint une jolie taille. Les autres variétés n’offrent pas d’intérêt, trop rares ou trop petits. Il n'est pas classé espèce en danger, pour l'instant, il est même plutôt abondant. Ma recette préférée du sar : On l’écaille, lui bourre le ventre avec des feuilles de fenouil, un oignon en tranche en dessous et un bon morceau de beurre au dessus, salé et poivré à l’intérieur. Le tout en papillotte au four, papier sulfurisé, 15 à 25mn de cuisson selon la grosseur, à four moyen. J’ai tendance à mettre cette recette à divers poissons, bars et balistes également Autres noms communs français Noms communs Sargue (de Rondelet), sar commun internationaux White seabream (GB), Saraco, sarago maggiore, sargo rigato (I), Sargo, asparall (E), Sarg (Catalan), Bindenbrasse, Geißbrasse (D), Zilveren zeebrasem (NL), Sargo-legítimo-do-Mediterrâneo (P) Synonymes du nom scientifique actuel Sparus sargus Linnaeus, 1758 Diplodus sargus sargus (Linnaeus, 1758) Sparus cinctus Walbaum, 1792 Sparus varatulus Rafinesque, 1810 Sargus rondeletii Valenciennes, 18300 Diplodus rondeletii Valenciennes in Cuvier & Valenciennes, 1830 Sargus vetula Valenciennes, 1830 La daurade Royale (sparus aurata) Une barre d’or reconnaissable entre les yeux Je serais assez succinct à son sujet pour le simple fait que c’était un poisson quasi absent de Vendée, ce qui n’est plus le cas maintenant, les chasseurs en font régulièrement quelques spécimens. Et donc j’ai du tirer plus de maigres que de daurades royales. Je rappelle, AU pour daurade royale, AU étant le symbole de l’or, et O pour les autres dorades, dénominations commerciales. Elle s’élève maintenant en grandes quantités. La seule fois où j’en ai sorti 3 de suite, c’est au lever du jour sur le sable dans un coin à maigres, dans la pénombre du soleil levant, je n’aurai pas dû car les maigres sont très souvent accompagnés des daurades, ou l’inverse, allez savoir. Bref ce n’est pas ma spécialité, mais j’ai tout de même quelques notions et quelques prises à mon actif. Elle est nettement plus présente en Bretagne et Maigrat qui sévit dans le 17 et le 33 nous dit que son stock est en forte régression dans son secteur. Elle est bien sûr présente partout en Méditerranée, suffit de regarder les ceintures de certains chasseurs pour s’en convaincre. Je ne sais si quelqu’un en a fait une à la coulée, ça ne doit pas être courant vu sa couardise, elle est faisable à l’agachon avec un très bon post et exécuté dans les règles de l’art, c’est même la meilleure méthode. Aussi craintive et difficile dehors que facile et même idiote à trou. Plusieurs auteurs racontent avoir vidé une pierre en les prenant à la main, c’est dire si une fois entrée, il n’y a guère de difficultés, elle ne bouge plus, terrifiée, persuadée que rien ne peut plus leur arriver. La première que j’ai faite, c’était presque une indienne : à l’agachon dans 7/8m d’eau, j’en vois une grosse passer derrière une roche de quelques mètres de long devant moi. Je me suis précipité au bout de la roche et au moment précis où je me posais pour refaire l’agachon elle a pointé son nez, une jolie bête de 3.5kg. Elle ne se croise pas en pleine eau, mais on peut aussi la rencontrer sur le sable, des petites, toujours près du fond. Sa nourriture de base, ce sont les coquillages moules, balanes, patelles, les crustacés crabes et crevettes. C’est donc dans ce biotope que vous la trouverez le plus aisément. Elle peut atteindre de belles dimensions, le fishbase parle de 17.2kg pour 70cm….La plus grosse que j’ai vu en photo c’était de l’ordre de 10kg. Elle est enregistrée en record du monde en CSM à 6.9kg, vous avez tout le loisir de le faire tomber ce record. Etant un poisson protandre (mâle d’abord, puis femelle) toutes les grosses au dessus du kilo seront donc des femelles. Que les âmes sensibles se contentent des mâles et laissent les belles auratas aux autres sanguinaires ! Nous avons une daurade royale sous les tropiques ou un denti, difficile à dire,. La tache entre les yeux est argentée au lieu d’être dorée. Le denti (dentex dentex) Je ne connais pas ce poisson typiquement méditerranéen, je laisse donc la place à Ouzio. Le dentex dentex est un poisson assez curieux pour venir vous voir et assez méfiant pour se tenir hors de portée de tir. Les plus belles chasses se font en période de reproduction de fin avril à fin juin (en Catalogne nord). Pour optimiser les chances de tirs, on préconise l'agachon super caché, mais on obtient aussi d’excellents résultats à découvert sur du lisse a condition toutefois de ne pas être trop face a eux, fusil dans l'axe du corps mais corps parallèle a eux et fusils dans leur direction. Les gros dentis ont une bosse sur le front, magnifique poisson a l'œil sévère et aux canines proéminentes, c'est l'une des plus belle prise de Méditerranée. Puissants et combatifs leur démarrage est rapide pour se frotter contre la roche, bloquer le fil et tenter de se décrocher. Si un denti viens vers vous de face avec une nage ondulante il viendra certainement jusqu’à la pointe du fusil, généralement ils ont cette attitude quant ils ont le ventre plein. La dorade grise (Spondyliosoma cantharus) Aussi appelée canthare, griset ou brême de mer. Fréquente mais souvent bien petite, elle est dans les parents pauvres de la famille des sparidés. Son surnom de brême de mer traduit bien son coté pourvue en arêtes….. Les pêcheurs à la ligne peuvent en sortir une centaine en quelques heures sur fond de sable entre 20 et 30m, mais rarement plus grosse que la main. Elle est toujours sur le sable où à proximité, en bande de quelques individus à plusieurs centaines. Les petites d’abord, les plus grosses ensuite. C’est autant une brouteuse qu’une carnivore ce qui doit lui donner ce gout assez bizarre. Le fishbase nous dit que son poids max est de 1.2kg mais j’ai souvenir d’une compétition sur l’ile de ré où plusieurs individus de 1.2 à 1.4kg avaient été capturés, donc oui elle peut être plus grosse. Les jeunes ont des lignes jaune doré. C’est encore un poisson de complément pour la soupe de poisson, pas d’intérêt à la chasse, pas d’intérêt à tirer, pas d’intérêt à manger. Je préfère encore la vieille, au moins il y a de la maille ! Se tire avec n'importe quel fusil selon la visibilité. Les vieilles (labrus bergylta) Les deux variétés de vieilles d’atlantique, les plus rencontrées J’entends sous ce vocable, toutes les espèces de vieilles dans les labridés car les vieilles en appellation espagnole, ce sont d’autres poissons. Un recensement avait été fait il y a quelques temps et il en était ressorti que les plus grosses sont bien les rouges, pouvant atteindre plus de 4kg les autres ayant du mal à dépasser les deux kilos, pourtant elles sont de la même espèce/famille. Elle est d’abord femelle puis peut devenir mâle selon les circonstances. S’il vous plait, ne tirez pas les moins d’un kilo en atlantique, il lui faut un minimum de 6 ans pour commencer à se reproduire. Elle est suffisamment abondante pour s’en tenir à cette maille, vu qu’il n’y a pas tant de chair/filet, que ça sur une vieille. C’est le poisson typique du débutant, tout simplement par ce que c’est le plus abondant et qu’il n’est pas particulièrement farouche. Elles se nourrissent aussi de petites moules et de petits crustacés, donc on les trouve à proximité des moulières, mais pour les grosses bertas (bergylta) il faut des laminaires, ça lui est indispensable, donc moulières et laminaires pour les grosses. C’est un poisson facile, on peut la faire avec toutes les techniques et même sans technique du tout. Vu la pression de chasse, elle peut commencer à se trouver méfiante sur certains secteurs. J’ai pourtant souvenir de compétitions à Belle ile ou encore au phare de Gatteville où la quantité sortie approchait la tonne, les 4/5 premiers en attrapaient entre 30 et 40 avec une maille limite basse à 1kg…... Après renseignement, un mois après une telle compétition, les vieilles avaient repris possession des lieus. Même après plusieurs années de compétitions de suite : vieille d’or, championnat de France sur le même site, elles reviennent inéluctablement. Capturer 4 ou 5 vieilles est à la portée de n’importe qui, mais en faire 30 à 40 c’est autre chose, de toute façon, les compétitions en France sont à l’arrêt, celles sur le principe de la CMAS où la quantité prévalait sur la qualité. Lorsque vous serez bien aguerri, vous ignorerez les vielles, sauf une envie pressante de poisson à la tahitienne ou pour sauver d’une brocouille. La chair plutôt mollassonne n’est pas des meilleures. Un mulet noir est nettement un cran au dessus et un lieu jaune frit, sans comparaison. Elle donne de la consistance dans une bouillabaisse. La profondeur va aller de 2 à 18m pour sa capture, elle se tient volontiers devant les grandes failles à la base des moulières. Étrangement, elle peut déserter certains secteurs alors qu’elle pullule un peu plus loin. Le fusil : un 75 est largement suffisant, un 90 ira aussi si vous chassez avec, mais vu que l’on tire bien près vous risquez d’abimer vos flèches. Sa chair ne tient pas terrible mais la peau est bien dure, ce qui fait que la flèche tient bien le poisson, inutile de tirer dans le ventre pour me prouver le contraire ! Latin : labrus bergylta Autres noms communs français Vieille, vieille commune (général) ou vras, Roucaou noir, rouquié, lucrèce, lasagne (Provence), Groarc'h (Finistère), Demoiselle, corlazo (Groix, Lorient), Vras (Cancale), Vrac (Granville), Crahotte, moulard (St Brieuc), Nade (Vendée, Noirmoutier), Matiote (Arcachon), Mutchurdina, tenka, durdoa, aihena (Pays Basque) Noms communs internationaux Ballan wrasse (GB), Gefleckter lippfisch (G), Geflekte lipvis (NL), Berggylt (Dan, N), Berggylta (S), Viherhuulikala (Fin), Vaquete, maragota (E), Margota, budiao (P), Laszi (I), Chilou papagallos (G), Kniazik (Pol) Synonymes du nom scientifique actuel Crenilabrus multidentatus Labrus variabilis Labrus reticulus Labrus maculatus Labrus afer Labrus donovani Labrus nubilus Labrus combe Vieilles coté méditerranée :(texte de Kees Baloo) Petites précisions de méditerranées. Parce que là j'en ai fait quelques uns. Ici, pas de bergylta, ou très peu. Les gros labres sont principalement le labre merle labrus merula et le labre vert labrus viridis. Certains tirent les gros crénilabres-paon mâles, mais l'expérience gustative qu'il procure fait que le débutant ne le tire en général qu'une fois (goût bof et plein d'arêtes) Le merle a un profil similaire à la vieille atlantique, sa robe, principalement verte, va du jaune "caca d'oie" au marron en passant par le vert émeraude et le bleu nuit. Son signe distinctif immanquable, c'est un liseré bleu sur la nageoire anale, caudale et dorsale. Le labre vert a une robe ressemblant à celle de la vieille, mais un profil plus allongé. Bien qu'il puisse atteindre la même taille que le merle, ceux que j'ai pu croiser sont généralement plus petits. Peut-être se déplace-t-il vers les profondeurs en grandissant. Pour ces deux espèces, on les retrouvera principalement dans les mosaïques de roches et posidonies. Même s'il est très possible de les croiser dans une zone de blocs ou au milieu d'un herbier. Leur couleur peut d'ailleurs varier en fonction de l'habitat. Pour leur chasse, ça m'a l'air similaire à la vieille. A l'agachon : Vous la repérez de la surface, canard et on se pose bien à plat 15 mètres devant et face au poisson. Même sans "grosse" technique, s'il n'a pas été effrayé avant que vous ne vous posiez, le labre viendra à 1m de la flèche 9 fois sur 10. Question de patience. A trou : Un labre apeuré dans un trou ? Attendez à côté du trou, il viendra immanquablement vérifier si vous êtes toujours là. Il sortira juste la tête, et là tchac, vous étiez prêt. A noter qu'il sortira la tête régulièrement et souvent de la même manière. Tant que le tir n'a pas été lâché, il se croira à l'abri. Vérifiez quand même qu'il ne sorte pas par une autre issue. A l'indienne : Si vous n'avez pas un comportement menaçant, le poisson se comportera presque comme si vous n'existiez pas. Y a plus qu'à s'approcher assez pour un tir ou enchaîner avec un petit agachon. A la poursuite : Un labre effrayé ou blessé n'est pas forcément un labre perdu. Ces poissons ne sont pas très rapides et ont une endurance pourrie... Il m'est arrivé de poursuivre des labres pendant plusieurs minutes et de les prendre tout de même. C'est assez amusant même si un peu cruel (devrais-je en parler ici ?). Les labres ont confiance en leur camouflage et leur capacité à se cacher, ils vont rapidement aller se mettre à trou (cf. labre à trou) ou se cacher dans une matte ou un herbier. Ils sont capables de se rendre invisibles dans l'herbier, mais sont toujours là car ne voulant pas s'exposer. Quelques passages entre les posidonies avec le harpon (ou carrément les bras) et il ressortira immanquablement de l'autre côté. Le tout est de surveiller sa sortie. Bien entendu, vu la panique générée, mieux vaut changer de spot une fois la poursuite terminée. Le maigre Avec lui, on entre dans le mythique voire le mystique, la quête du Graal de la cote atlantique. Il empêche de dormir bien des chasseurs. Son cantonnement réel est assez réduit, du pays basque jusqu’au Morbihan et principalement entre le 33 et le 44. Il est plus commun dans ces quartiers depuis 15/20 ans, avec de bonnes années et des récessions, les mauvaises. Selon le fishbase, il serait présent dans toute la méditerranée et de l’Angleterre jusqu’en Angola….Olivier en rencontre de grands bancs dans le sud espagnol et il est commun sur la cote marocaine jusqu’à la célèbre lagune de Dakhla. Ce poisson d’une grande beauté ressemble à un gros bar, mais alors un gros ! D’ailleurs un de ses noms c’est aigle-bar. Les plus gros sortis en CSM sont dans les 55kg en France, le fishbase rapporte un poisson de 103 kg. Le record du monde en CMS enregistré est de 38.2kg, chaque année il s’en sort de plus gros sur nos cotes…..suffit de les enregistrer. Il est d’un bronze métallique avec de beaux points jaunes sur la ligne latérale lorsqu’il sort de l’eau. Sur le pont du bateau, pendant quelques minutes vous assisterez à un magnifique spectacle d’irisation métallique sur son corps, ensuite il perd de sa superbe et devient plus terne. Dans l’eau trouble où on le pourchasse, c’est parfois ces points jaunes qui le trahissent, on ne voit que cette ligne passer, à 1.50m devant la pointe. Il s’en prend de grandes quantités au chalut sur le sable, souvent d’immenses bancs de juvéniles de 1 à 2kg. Son prix est alors bradé en poissonnerie, alors que c’est excellent avec son petit gout de noisette mais méconnu du public. Une seule fois je suis tombé sur un grand banc de juvéniles de 4kg. Hélas pour vous, je ne vais pas vous révéler les trucs pour le prendre, mais tout de même vous dévoiler ce qu’il ne faut pas faire, juste je vous donnerez quelques bases. Pourquoi ? D’abord par ce que c’est un poisson qui se mérite. Il n’est pas si courant et les coins de ses rencontres seraient vite surpeuplés de chasseurs. J’ai connu un chasseur breton qui faisait ses 500km pour venir les bons WE de météo favorable et passait des heures au même endroit à attendre son passage, il arrivait à en faire un à deux par an avec un seul post mais beaucoup de persévérance. L’arme est importante surtout sa préparation est primordiale si vous ne voulez pas perdre vos premiers comme moi, mais à mon époque, personne pour vous dire ce qu’il ne fallait pas faire et aussi flèches et fils n’étaient pas de bonnes factures. Vous n’aurez aucune excuse si vous en perdez un de nos jours!!! Comme c’est souvent dans l’eau sale que vous le rencontrerez, pas besoin de 36 sandows, d’invert de la mort qui tue. Tous ceux que j’ai sorti c’était au 75, sandow de 20mm et flèche de 6.5mm à ergots (encoches transformées en ergots par soudures). De nos jours je prendrais un roller en 65cm qui reste maniable mais suffisamment puissant pour traverser les pièces de 50kg avec une flèche de 7mm ou 6.75mm à ergots bien sur, sinon risque de casse à l’encoche.. Avec un moulinet de 30m, c’est largement assez, toujours pour les gros spécimens et surtout un dyneema de 2mm de bonne facture, type RA ou Riffe. J’en ai perdu deux par rupture du fil, nylon tressé à l’époque, les kevlars n’existaient pas encore dans le commerce et le dyneema encore moins. Ainsi paré, flèche à ergots, plus dyneema, plus bonne puissance sur petit fusil, yapluka ! Comme déjà dit, la très grande majorité des rencontres se fera dans une visibilité réduite, mais il peut arriver que le maigre vienne dans de l’eau très claire, toujours sur les mêmes secteurs, leurs postes étant toujours les mêmes, d’une année ou décennie sur l’autre, passages immuables. Il vient facilement, juste un bon agachon. La rencontre à l’indienne est source de fuite, il a horreur d’être surpris. Parfois à la descente, vous arrivez dans le banc sans les voir, mais alors vous entendez les coups de queue, fuite du troupeau .Dans ce cas, il peut revenir à l’agachon ….ou pas ! J’ai même réussi à en faire poser un sur le sable(avec de l’eau bien claire) dans une faille très large, de peur, il n’a plus bougé et attendu la flèche fatidique, mais ça relève plutôt des exceptions. A 95% du temps, vous le ferez à l’agachon, il viendra frôler votre flèche, vous avez le temps de bien le sécher net et de le remonter dans la foulée, si ce n’est pas le cas c’est par ce que votre fusil n’est pas adapté, trop grand et donc pas assez maniable. Je n’ai jamais réussi à en faire deux dans le même troupeau, un ami y est parvenu, comme quoi, rien d’impossible. Une fois tiré, s’il est blessé, il va grogner, bruit sonore de vessie natatoire, surement pour alerter ses congénères. C’est puissant, un vrai tracteur, mais jusqu’à 20kg vous le remonterez même sans moulinet, ce qui fut mon cas à pas mal de reprises, tous sortis sans moulinet, un seul de perdu qui m’a arraché le fusil des mains, pas réellement vu, juste une ombre, donc je ne peux dire sa taille mais très gros. C’est d’ailleurs l’un des très rares fusils que j’ai perdu en 50 ans de chasse sous marine. Donc, vu que de très gros maigres viennent maintenant assez régulièrement, je recommande sérieusement le moulinet, ceux-ci ayant bien évolué, prenez en un qui ne fasse jamais de perruques et dont le frein ne se serre ni se desserre tout seul. J’ai même réussi à en capturer un (argyromus japonicus) à Madagascar, la seule et unique différence ce sont les points de la ligne latérale qui sont violets au lieu d’être jaunes. C’est le seul vu à ce jour sur l’ile rouge. Il en existe de toutes sortes sur tous les continents sauf peut être l’antarctique, il est très souvent appelé courbine ou corvina . Le Japonicus à gauche et l'européen à droite, celui de Titou faisait tout de même 7kg Le maigre se nourri de poissons qu’il pourchasse et surement de calamars et seiches comme tous les carnivores. Il affectionnerait le mulet. Pourtant ce n’est pas un nerveux, moins que le bar. Il ne se loge jamais à trou. Il peut monter en pleine eau, une fois sur un spot à bars et sars dans un courant assez fort, j’en ai croisé un dans ma descente en pleine eau, ce fut fatal pour lui, mais cela aussi relève de l’exceptionnel, la rencontre en pleine eau. Sur le plateau du four, plusieurs fois des bancs de très gros ont été croisés et filmés en pleine eau, sur le bord d’un tombant, donc peut être à certains endroits fort spécifiques, mais la généralité des rencontres se fera au fond. Ce poisson a toujours soulevé des passions, Cuvier lui a consacré 25 pages dans son histoire naturelle. Question gout c’est excellent, même les gros jusque trente kilo, au dessus je n’ai pas gouté. Il grossi extrêmement vite, et peut atteindre 1kg dès la première année. D’ailleurs il est élevé un peu partout sur la planète. Pensez à prélever les otolithes situés à la base du crane, ça restera un joli souvenir, certains ont été taillés en camées ou pendentifs, madame appréciera mieux vos sorties longues de chasse sous marine par la suite. Noms Autres noms communs français Grogneur, poisson tambour, sciène, poisson royal, aigle-bar, nègre, haut-bar, faux bar (Manche) ; courbine, maigreaux, maigrot, maigras, tchouse, antesa, mérua (Atlantique) ; peis rei, daines, figoun, lombrino, roujeto, figon (Méditerranée) Noms communs internationaux Meagre, croaker, drum, giant seabass, shadefish, sea-sheep (GB), Bocca d’oro, corbo, laccia, figo (I), Perca regia, coroma, corvina, corbo, reix, escurvall (E), Adlerfisch, Umberfisch (D), Ombervis (NL), Corvina, borregata (P), Kotkakala (FI), Baulfiskur (IS), Hausgös (SV), Grb, sjenka (croate), Amja (albanais), Gurbell mar (maltais), Mayáticos aetós, skieina, lithocefalos (grec), Sariagiz, granyoz (turc), Garab (libanais), Coot, lout (égyptien), Salamun (tunisien), Mosa kahla (marocain), Bëer (wolof), Sekhebi (Mauritanie)
  3. Lorsqu'un vendeur ne mentionne ni la résistance, ni la qualité du dyneema (de SK 45, SK 75, SK 78 et SK99), c'est que c'est surement de la basse qualité SK45 Ce sont tous des revendeurs, pas des fabricants comme Cousin Trestec , Dupont de Nemours, ou Lancelin. Regarde chez " direct cordage", de bons prix et toute la gamme des dyneemasLignes Topline TLS (directcordage.com)
  4. Des saupes brésiliennes, il y en a partout sur la planète même en France en plein été Valeur identique à la saupe de méditerranée
  5. Oui c'est lui Il y font aussi les palmes plastiques Les pdg qui n'y connaissent rien il y a aussi epsilon, un designer investisseur, pas un mordu de CSM, Z le mal traitait également
  6. Tu es toujours au Melville? Et le nouveau en face, ils ne servent pas le dej et le petit dej? Au moins tu ne verrais plus ces deux faces de hulotte -15kg??? Mais tu n'étais pas gros la dernière fois que je t'ai vu
  7. Pétard, belle apnée! Non Titou ne s'intéresse plus guère à la CSM, il s'est reconverti à la chasse au gros mais terrestre
  8. dom85

    Visi Languedoc

    Le poisson de la photo du bas est appelé en vernaculaire vieille de surface Cela vit vit juste sous la surface, sous des objets flottants, cela peut atteindre plusieurs kilos, c'est excellent.
  9. Esclapez était le nom vendeur de la marque Imersion, que Titou a conservé lorsqu'il a quitté Imersion, pour se mettre dans ce qui deviendra Esclapez diving puis Epsilon qu'il quittera faché Titou a quitté Imersion lorsque Pierre Buffat avec qui ils avaient fondé Imersion, a été vendu au fabricant de couteaux de Thiers dont j'ai oublié le nom, puis récemment à Thuel Chassaigne, mais Titou a toujours gardé son nom comme nom déposé et perçoit des royalties lorsqu'il est exploité. Voilà, vous savez tout
  10. OPUS numéro 3 Antanambé L’année suivante,2010, nous partons visiter la cote nord de Tamatave, sur la nationale 5. Cette nationale est devenue la seconde piste la plus mauvaise de la planète. Pour vous donnez un ordre d’idée, un Camel Trophy y a été organisé, donc des 4x4 supers préparés, la moitié n’ont pas terminé. Un jour je ramasse une Mamie qui faisait du stop, elle me raconte qu’à l’époque des français, elle faisait la piste en 3 heures avec une 4L, maintenant pour rejoindre Mananara, il faut 2 jours avec un 4x4 préparé. La nationale 5 par temps sec, si si vous avez bien lu, c’est la N5 : C’est la belle saison et ça passe relativement bien avec un Toyota hilux rehaussé et avec de bons pneus pistes. Mais lorsqu’il commence à pleuvoir : On s’arrête tous les 30 à 40km pour passer une nuit dans de petits « hôtels » et reconnaitre si ce peut être un spot de chasse, on ira jusque Maronsetra, cul de sac de la nationale 5. En passant, je remarque le village d’Antanambé car du haut de la piste, je vois un lagon fermé plutôt grand mais comme on vient de passer quelques nuits à Manoupana à seulement 12km, on continue. La destination suivante c’est Mananara, j’y fais la connaissance d’un français plongeur professionnel en France et chasseur également. Quelques mérous seront grillés au barbecue, mais Mananara c’est limité en zones de chasse, on en fait vite le tour sauf à vingt kilomètres en face, de l’autre coté de la baie d’Antongil, le cap Massoual, mais il est en réserve nationale. Au retour on s’arrête et nous passons une semaine à Antanambé sur le lagon repéré, c’est là que je décide de m’installer, au bout du monde pour ma retraite, tellement le spectacle est grandiose Le point bleu sur la photo, c’est l’endroit où se situe la maison, près de ce splendide lagon récifal. Mi bois, mi béton Un terrain en sortie de fleuve sur l’océan est à vendre avec deux plages, une d’eau douce dans le fleuve et l’autre sur l’océan, mais à l’abri d’une baie. La plage d’eau douce fait un abri naturel pour le bateau et de plus permet de dessaler le moteur du bateau à chaque retour. Je fais quelques sorties dans le lagon et les deux passes avec une pirogue et vois de suite le potentiel. Je décide donc d’acheter le terrain et d’y construire une maison mi bois-mi béton. Je fais les plans et c’est ma femme qui s’occupe de toute la construction, pendant que je travaille en France, et c’est très compliqué car il faut tout amener de Tamatave, ciment, ferraille, carreaux, clous et vis etc … par camion 15 tonnes avec deux essieux arrières pour franchir les pentes rocheuses ou les bourbiers. C’est la brousse à l’état pur, dans le village d’Antanambé, il n’y a que des oignons et des tomates sur le marché et une fois tous les quinze jours, un cochon ou un zébu est abattu. Mais le téléphone fonctionne ! Bien sûr, pas d’eau courante ni d’électricité, il faut tout faire soi même. Deux années plus tard, je m’y installe à ma prise de retraite « anticipée », c'est-à-dire que je pars à 55 ans en finançant moi-même ma retraite en attendant qu’elle soit effective. Je vends tout ce que je possède en France sauf un appartement pour régler tout çà. J’y résiderais 5 années avec un voyage toutes les 3 semaines à Tamatave pour me ravitailler, dont 250 litres d’essence pour le bateau. A ces fins, le pickup Hilux est idéal. Je l’équiperais d’un snorkel pour la saison des pluies, voir les photos de la piste noyée pour comprendre, l’eau monte sur le capot pourtant bien haut. Une fois, au moment de repartir, il pleut pendant une semaine de fortes pluies tropicales et la piste n’est plus praticable, elle est noyée sous 1.20m d’eau, ou alors dans les collines, des éboulements sur la piste interdisent tout passage. Nous restons bloqués à cinq, au moment de repartir vers Tamatave. Il n’y a plus rien à manger, pas de pêches possibles avec le très mauvais temps. Je fais alors la plage avec le fusil et tire des sternes posées par centaines, une dizaine reste au sol à chaque coup de fusil. Ma femme les prépare au barbecue mais une fois plumée ce n’est guère plus gros qu’un merle, et faute de grives, on mange des … sternes ! A Antanambé, je vais faire de belles pêches de babonnes et de dames tombées (vivaneau maori), dont un record de trois le même jour dans la passe du lagon, poisson aussi difficile que les carpes rouges de Diego. Je change aussi d’arbalète, je passe du 130 Imersion à un 140 BWK à un seul sandow de 18mm avec une flèche de 7mm toujours relié à la bouée. Je le trouve tellement bien que j’en commande un second de dépannage. Il me sert toujours à l’heure actuelle à La Réunion, juste équipé d’un moulinet avec 120m de dyneema maintenant. Je vais aussi commencer à chercher les pélagiques et faire des thazards ainsi que mon second marlin. La rivière et sa plage, d’où je pars à 50m de la maison . Mon bateau est une panga fabriquée à Tamatave, d’abord avec un 40cv Parsun , du chinois….puis un 55cv yamaha enduro qui me restait de France et enfin un 70cv yamaha deux temps ultra court et allégé(36kg) pour la compétition, acheté une poignée de cerises, mais gros consommateur d’essence. Je chasse durant cette période avec le fusil relié à la bouée, car nous sommes relativement à l’abri des alizés et ce n’est nullement gênant. La première panga de 6.30m avec le Parsun arrive par camion, on la met à l’eau et le lendemain nous repartons à Tamatave. Pendant cette nuit là, un orage local a sévit, le fleuve s’est transformé en torrent impétueux, et le bac de 30 tonnes qui fait la traversée de ce fleuve en amont, a arraché le cocotier auquel il était amarré et est passé sur mon bateau. Je n’ai retrouvé que des petits bouts de coque de droite et gauche. Ce bateau neuf, a vécu 48 heures. Une seconde panga arrivera quatre mois plus tard identique à la première. Inutile bien sûr de demander un quelconque dédommagement à l’état, c’est chercher des ennuis. Au départ, j’utilise de simples sondeurs, pas besoin de GPS pour se repérer dans le lagon ou les bords de mer vers le Nord. Mais au bout de cinq années, le lagon est épuisé, vide, il fait pourtant 12km de long. Le responsable du lagon me dit qu’il y a 90 pêcheurs dans ce lagon et ils chassent maintenant la nuit, avec de petites lampes enfilées dans 3 capotes anglaises successives pour l’étanchéité. Ils vident les patates une par une et je vois au petit matin, des fonds de pirogues pleins de poissons pas plus grands que la main. La conséquence au bout de quelques années: plus de petits poissons = plus de prédateurs. Et bien sûr les collecteurs de poissons sont aussi arrivés avec leurs filets, en dehors du lagon certes, mais ces filets se multiplient jusque 50m de profondeur. Je commence aussi à vieillir et le confort me manque, j’abandonne cette maison au bord de la plage avec des dizaines d’arbres et cocotiers sur un hectare à peu près, pour me rapatrier à Tamatave, tel Robinson quittant son mini paradis à regrets. Nous sommes en 2016. TAMATAVE Officiellement Tamatave est une ville de 300 000 habitants, en réalité vous pouvez multiplier par 3 le chiffre pour vous approcher de la vérité. Seconde ville de Madagascar, c’est le poumon de l’île, avec son port qui alimente une grande partie de l’île dont Tananarive la capitale, ville de 1.6 millions d’habitants, toujours officiellement(là, il faut multiplier par 4). Tout y est débarqué : essence, riz, huile, et tous les biens en provenance de Chine et d’Indes. Il n’existe qu’une seule route entre Tamatave et Tananarive, de 350km. Il fallait 5 heures il y a simplement 10 ans, pour cette aventure, vue la densité des camions. Il en faut maintenant 12 quand tout va bien. Et pourtant la capitale ne peut survivre sans cette voix, c’est un cordon ombilical. A Tamatave, je fais la connaissance de Nono dont vous allez entendre parler. En attendant que mon bateau revienne par la piste, je sors avec lui en pirogue à moteur, petite pirogue avec petit moteur. Il nous faut 1h 45mn pour rejoindre l’ile aux sables, à 20km au sud, puis encore 45mn pour le second spot, l’île foune et donc c’est 5h de bateau et 5heures dans l’eau. On dort bien après cela. Je vois de suite que Nono, un jeune de trente ans, est un chasseur de haut niveau. Non seulement il a une bonne descente, un sacré coup d’œil (le principal en CSM) mais aussi il multiplie les techniques, de la coulée, de l’indienne et de l’agachon. Et comme il fait plus de poissons que moi, c’est qu’il est très bon, car c’est le premier que je vois me concurrencer sérieusement. Je vais apprendre en le regardant faire pour la technique sur les mérous, totalement différente de la mienne que je pratique pourtant depuis trente ans à Madagascar, mais mal de toute évidence. Perso, je descends lorsque le secteur est favorable, je me place bien et j’agachonne, comme en France. Et bien je suis à coté de la plaque. La bonne technique : on descend d’une dizaine de mètres, on survole très calmement la zone et on coule sur le poisson repéré pour le tirer, ou se placer alors à l’agachon s’il s’est enfournée dans une patate, on n’agachonne pas si on a rien vu. C’est nettement plus efficace. Merci Nono pour cette leçon d’humilité. Par contre, par la suite, je vais lui apprendre à faire des doublés ou des triplés dans les bancs de poissons, puis plus tard la chasse dans le bleu pour les gros pélagiques. Rétissant au début, Nono a vite compris l’intérêt lorsque le poisson est présent. Un seul pélagique et c’est l’équivalent de toute une journée de chasse, et quelles sensations ! Nono est professionnel de la pêche, il est chaque jour dans l’eau dès que les conditions le permettent, donc une forme exceptionnelle et une expérience difficile à atteindre avec ces dizaines de millier d’heures passées dans l’eau. Et lorsque c’est trop sale pour chasser, il pêche à la palangrotte surtout de nuit. Son niveau de compétence est maintenant largement au niveau mondial. Mon bateau arrive enfin de Antanambé, et je me rends compte qu’avec les postes éloignés, le 70cv 2 temps est un gouffre à essence. Je revends l’ancien bateau et je commande une nouvelle panga avec quelques petites modifications, presque identique en dimensions puisque cela me convient mais cette fois avec un 90cv honda nettement plus économe, la moitié de la consommation pour le même trajet, et c’est vite amorti, l’essence finit par couter plus cher que le bateau. . Nous sommes maintenant en 2017. Nous réalisons de très belles pêches avec Nono ou seul, ou parfois avec un ami venu de France. Les mérous succèdent aux aprions, aux thazards et nous commencons à faire de beaux barracudas et carangues sur les épaves trouvées avec un sondeur/GPS de bonne facture. Nono et son premier gros thazard, on comprend sa joie.(tir parfait !) Coté sud, nous avons cherché pendant près d’un an pour trouver l’épave du London dont Nono me rebattait les oreilles sur ses densités de carangues, fabuleuses. En effet elle est au moins à 400m du point marqué sur les cartes. C’est une épave de 110m de long, couchée à 28m sur le sable et à 3km seulement du fleuve des Pangalanes, qui déverse ses eaux chargées en alluvions. Et donc selon les courants, une couche de plusieurs mètres de doucin couvre le secteur, mais souvent l’eau est claire en dessous. Le plus dur sur cette épave c’est le courant parfois violent, il coule sur le fond mais lorsqu’il rencontre l’épave il remonte vers la surface et vous empêche de descendre, ou alors derrière celle-ci alors que les poissons se tiennent devant, dans le courant. Le london n’est pas constamment couvert de carangues ou de barracudas, il faut plusieurs facteurs favorables, dont la marée descendante qui vide les Pangalanes , mais c’est aussi le soir qu’on a le plus de chance de voir ce spectacle grandiose de milliers de carangues évoluant autour des tôles, qui selon Nono viendraient se réfugier pour la nuit autour de l’épave. Il y a toutes les variétés, sauf les bleues et les noires. Quelques petits thazards, car je n’ai vu et fait qu’un seul gros thazard sur l’épave et aussi plus rarement encore un TDC. Etrangement il n’y a aucune dame tombée, aucun mérou, aucun bourgeois et très rarement quelques petites carpes rouges. Depuis sept années que nous y chassons régulièrement, on n’en a pas vu un ou une seule. Je crois savoir pourquoi. En 2017, nous sommes sur cette épave un matin, l’eau est très claire, on devine l’épave depuis la surface et quelques mètres en dessous, on la voit parfaitement sur plus de trente mètres. Hélas, peu de carangues au rendez vous. Je suis à la troisième descente, je reste à 14 mètres au dessus de l’épave, lorsque je ressens une présence dans mon dos. Je me retourne et elle est là, en pleine eau, une loche (épinéphélus lancéalotus) à quelques mètres de moi, elle doit faire 150kg pour 2 mètres de long, capable de me gober d’un seul coup si elle le désire. Je tourne un peu rapidement mon arbalète, le BWK 140 à double sandows de 18mm, mais d’un seul coup de queue elle descend vers l’épave, fait demi tour, et me regarde quelques mètres plus bas, comme pour me défier. Je me coule vers elle, je l’approche à 3.50 mètres, je la vois devenir nerveuse qui va gicler, je vise le point mortel au moment où elle tourne, quelques cm derrière l’œil et fait mouche ! Elle ne bouge pas pendant une seconde ou deux, puis secoue violement la tête, et la flèche de 7mm casse net au niveau de l’ardillon, qui n’a pas pénétré assez loin. C’est le seul poisson qui me cassera une flèche Rob Allen durant toutes ces années. Je la reverrai quelques semaines plus tard, dans l’épave avec un petit point blanc derrière l’œil, puis cette tache disparaitra par la suite. Elle fait maintenant 200kg et est toujours présente mais ne se laisse plus approcher à moins de 5 m. Je rajoute maintenant des cônes de pénétration sur toutes mes flèches, passées aussi en 7.5mm, car un à deux cm de plus et elle était morte. La voici filmée par des plongeurs bouteille sur le London : Je pense donc que c’est elle qui chasse les autres prédateurs benthiques mais pas le pélagique trop agile, pour se faire gober. Je ne vois pas d’autres explications puisque sur les autres épaves on trouve ces espèces benthiques/démersales. En partant vers le nord, nous découvrons une épave de petit chalutier, il doit faire une bonne quinzaine de mètres de longueur, posée bien droite sur le sable à 32 m, il semble intact avec ses deux mats qui surplombe l’épave de 5 à 6 mètres. Elle est à peine à 8km de Tamatave. Comme le London, des milliers de carangues peuvent être présentes, mais souvent plus petites que sur la grande épave. Pas de babonnes non plus en bas, mais parfois un gros mérou malabar, des bourgeois ou des carpes rouges et aussi une loche, mais plus petite, dans les 60kg, plus vindicative aussi, elle nous chasse parfois jusqu’à la surface, une fois il a fallu l’aide Nono pour lui faire rebrousser chemin, elle restait sur mes palmes, j’avais beau la repousser avec mon fusil déchargé, elle insistait. Je pense plus à un comportement territorial qu’à de l’agressivité, n’empêche que l’on ne se sent pas rassuré. Des bancs de barracudas jellos sont souvent présents mais pas très gros non plus, dans les 3 à 6kg en moyenne. Grace au nouveau bateau et son moteur, je commence à chercher, lors de cette année 2018, des thazards en premier lieu, en chassant avec un baron systématiquement. Et quand on cherche on trouve. Que ce soit vers le Nord ou vers le sud je commence à faire de gros thazards régulièrement. C’est un poisson merveilleux, un maquereau géant qui peut atteindre les 40kg mais dont la moyenne tourne autour des 10kg. D’un démarrage époustouflant, il peut partir dans tous les sens, se déchire rarement s’il est bien fléché car la chair et la peau tiennent fort bien, et de plus, c’est excellent à manger. Je vous narre la façon de le chasser dans la description des poissons. Mon plus gros sera de 24.5kg à Morombé. C’est déjà très honorable. A deux km de l’épave du London, près de l’île aux sables, à deux reprises à quelques jours d’intervalle, je me fais attaquer un gros thazard, l’un de 18 et l’autre de 20kg. La première fois je pense à un requin mais la seconde fois en approchant, je vois un gros barracuda avec une grosse tache noire près de la queue, passer sous le thazard. La semaine suivante, en arrivant sur le London (à un bon km de l’ile aux sables), un gros barracuda se laisse dériver dans le courant, je descends, tire et le remonte presque de suite. C’est bien lui, avec sa grosse tache noire sur la queue, il fait 21kg et donc m’attaquait des thazards à peine inférieur à sa masse. Vous avez la photo du thazard abimé lorsque je parle du matériel et des fusils. . Je trouve le 140 BWK, pourtant passé maintenant en double sandow, un peu limite en portée pour le pélagique, car la plupart du temps, ils se tiennent au-delà de 5m de la pointe de la flèche. Je conçois donc une arbalète carbone de 140 mais à trois sandows de 18mm avec gros coef de tension. Aie! Efficace, elle tire parfaitement droit jusque 6m sans problème, mais le recul est comment dire, plus qu’important, entre énorme et monstrueux, à vous casser net un poignet pas verrouillé. Je chasse encore fusil relié à la bouée, mais ici à Tamatave le vent se lève toujours vers 10 heures, s’il n’est pas présent le matin. Il est très fort et tourne avec le soleil. Il passe de Sud le matin pour finir Est à Nord-est l’après midi, et c’est ainsi tous les jours. Je fais mes premiers espadons voiliers et Thons à dents de chien, dont un jour, les deux espèces lors de la même sortie, tous les deux KO avec ce fusil à 3 sandows. Je vais prendre quelques superbes pélagiques avec ce fusil avant de le prendre à deux reprises dans la figure, bras non verrouillé. Lèvres tuméfiées et fendues, dents déchaussées…. Avec cette arquebuse, sur la petite épave de la Dominique, à 10km au nord de Tamatave, je repère à la seconde plongée une énorme GT qui vient tout tout doucement, elle reste à 6m alors que je n’ai plus d’air, je tente le tir malgré la distance élevée. Bingo, pleine colonne, mais elle n’est pas paralysée pour autant, et part vers le large. Elle me tracte pendant plus de dix minutes, et finit enfin par se fatiguer, mais moi aussi je suis crevé car à plusieurs reprises, elle m’a descendu sous l’eau. Je passe enfin le fusil au bateau et prend un 125 pour l’achever, mais je n’arrive pas à descendre à 10m pour la doubler. Encore quelques minutes à reprendre mon souffle et j’y parviens, là elle est foudroyée, verdict 41kg Je finis par essayer le moulinet Red-Tide sur les conseils de Marc Alexander, le concepteur des fusils BWK, d’abord sur un BWK puis sur un nouveau fusil carbone de 150 cm de tube, de ma conception, mais à deux sandows de 18mm cette fois ci. Cela permet de se libérer de la contrainte de la bouée qui devient ingérable dans le vent et le courant en vous tirant sans arrêt le bras en arrière et vous empêche de poursuivre les thazards. Le recul est fortement modéré par le moulinet qui engendre un volume d’eau à repousser. Mes deux premiers gros TDC tirés avec un moulinet trop petit, me font perdre ces deux poissons sur déchirure. J’insiste, je passe alors au Red-Tide numéro 100 qui contient 130m de dyneema 2mm. Je ne perdrais plus aucun poisson dés lors. C’est nettement moins facile de gérer un gros au moulinet qu’avec le fusil ou la flèche relié à la bouée, mais c’est bien plus facile de l’approcher. Tout doit être parfait, au moindre pépin ou d’emmêlement de fil sur les sandows ou la tête (muzzle wrap des anglais) et c’est la perte du fusil. Cela ne m’est plus jamais arrivé de perdre un fusil, en dehors du premier de ma carrière de chasseur et du second arraché des mains par le gros maigre. Ce n’est pas dit que ça n’arrive pas un jour… Je ne suis guère partisan du break away, car ce que je recherche dans la chasse sous marine, c’est l’action, les montées d’adrénaline à la vue du poisson convoité, puis du combat qui s’en suit. En break away, une fois tiré, il suffit de suivre la bouée, parfois sur le bateau pour les chasseurs les moins vindicatifs. Au moulinet c’est intense du début à la fin, il faut gérer à chaque rush, relâcher la tension puis reprendre dès que le poisson se calme. Les trois fusils avec lesquels je chasse : un 125 carbone, un 140 BWK et le 150 carbone, tous avec moulinets Red-Tide,en modèle 60, 80 et le 100 En 2020 je me fais construire un poti marara selon les plans d’un architecte polynésien. Il mesure 7.50m et supporte un 150cv, je le réceptionne en mai 2021. C’est le bateau de toute une vie. Profilé pour trancher la vague et non pas bondir dessus, il me permet de chasser plus loin et de revenir par vent de face, même assez fort sans taper et vous démolir le dos. Sa consommation reste modérée par mer calme. L’océan indien est tout sauf calme, les alizés se lèvent à 10h du matin pour ne redescendre que le soir à la nuit tombée. Ce qui fait que l’on part par mer calme et revient par mer agitée à très agitée. De plus la houle sévit en permanence, la moyenne basse tourne autour de 1m, mais c’est plus souvent 1.20 /1.50m. Je fais souvent des sorties de 80km maintenant pour la recherche presque exclusive des pélagiques, le thazard qui reste mon poisson favori, thons à dents de chien et espadons voiliers. Je ne chasse plus sans un baron, poche de vin aluminée fendue en lanières et qui agitées dans l’eau à 8m, ressemble vaguement aux tentacules d’un poulpe brillant et attise leur curiosité. Les mises à l’eau sont toujours difficiles, je mets des rampes anti ensablement sous les roues de la remorque. Poti marara, coque en V très effilée. Je fais deux gros TDC coup sur coup en quelques minutes avec ce 150 et moulinet Je pense avoir le combo gagnant pour le secteur où je suis, Tamatave. Je ne perds plus rien, ne rate pas. Lors d’une sortie sur des remontées loin au Nord, sur 35m, je fais une jolie journée avec 5 thazards moyens et une GT et je recommence pour une dernière dérive. Les baleines à bosses sont partout autour de nous, et leur chant permanent est entêtant. Deux minutes que je suis à l’eau pour cette ultime dérive, et je vois venir juste sous la surface un gros, bien gros marlin bleu peut être dans les 300kg. L’eau est cristalline, le soleil brille et le ciel d’un bleu immaculé se reflète sur son dos déjà bleu métallisé. On a l’impression qu’il est entouré d’un halo bleuté, une sorte d’aura. Une montée d’adrénaline trop forte me rend fébrile et je fais un canard pour le rejoindre alors qu’il vient vers moi et le baron. Je commets une double erreur, d’abord de vouloir descendre alors qu’il est à 3m sous la surface et partir vers lui, alors qu’il venait tranquillement vers moi. Il prend peur, fait demi-tour et je resterais à une distance entre 6 et 7 mètres de lui. Quelle déception, il est rare d’avoir une si belle occasion. Si je vois un marlin noir par an environ, de loin la plupart du temps, c’est le bout du monde mais c’était le premier marlin bleu que je croisais. J’ai aussi croisé une fois, trois lanciers sur ce plateau. Le lancier est un petit espadon sans rostre. Ils n’ont absolument pas été intéressés par le baron. Je croiserais aussi au même endroit, ce baleineau mort à la surface, attaqué surement par des orques, vu les entailles sur la mâchoire inférieure pour lui manger sa langue. Je continue de chasser avec Nono, mais le poisson semble bien diminuer. On en sort malgré tout de bien beaux de temps à autre. Chasse de fin 2023 : Sur la palette, un mérou taches de rousseur de 14kg, pièce très rare à ce poids car dès qu’il dépasse le kg, il quitte le lagon pour descendre en profondeur, souvent plus de cents mètres. Deux thazards et un voilier. L’année 2024 a fort mal débutée, du très mauvais temps pendant plusieurs mois, des pluies intenses qui inondent Tamatave pendant un mois, alors que cette ville est bâtie sur du sable. Effet El Nino? Nous sommes au mois de juillet pour ainsi dire et toujours pas de possibilité de se mettre à l’eau. Je passe maintenant de La Réunion à Madagascar pour des questions administratives. Je ne reviens plus en France métropolitaine. La vie est bien plus paisible sur ces îles où le soleil vous réchauffe vos vieux os perclus de rhumatismes, et puis l’agitation citadine me laisse froid. Tout nouveau sur La Réunion, je n’ai pas encore mes repères mais les quelques sorties effectuées jusqu’à présent me laisse à penser que c’est nettement plus pauvre que Madagascar.
  11. désolé, j'ai pris au premier degré
  12. le réponse ci dessus est de l'IA copilot Lorsque j'habitais Lille, mes parents avaient un petit jardin à coté de la porte de Gand. En face de ce petit jardin, il y avait un club de tir à l'arc avec comme particularité le tir popinjay ou tir à la perche, perche de 30m avec de "oiseaux" en bois qu'il fallait dégommer depuis la base, donc en tir perpendiculaire, uniquement les jours sans vent. Bien sur c'était des arcs de faible puissance, les flèches montaient à maxi 100m de hauteur et retombaient toujours sur le terrain(de mémoire un embout rond était placé sur la pointe) Pour info, je viens de lire que le record du monde en longueur, pour le tir à l'arc est de 1222m .....Ulysse n'a qu'à bien s'accrocher 😁
  13. Génération de vos réponses… Si vous tirez une flèche perpendiculairement en l’air un jour sans vent, voici ce qui se passe : Trajectoire de la flèche : La flèche montera verticalement jusqu’à atteindre son point le plus élevé, puis elle redescendra. La forme de la trajectoire dépendra de la vitesse initiale de la flèche et de sa masse. Gravité : La gravité agira constamment sur la flèche, la faisant redescendre vers le sol. Plus la flèche est légère, plus elle montera haut, mais elle retombera aussi plus rapidement. Vitesse initiale : Si la flèche est tirée avec une vitesse initiale suffisante, elle pourrait atteindre une hauteur considérable avant de redescendre. Cependant, sans vent, elle ne sera pas déviée latéralement. Vent : En l’absence de vent, la flèche suivra une trajectoire purement verticale. Si le vent est présent, il peut dévier la flèche latéralement pendant son vol. En résumé, sans vent, la flèche montera et redescendra verticalement, suivant une trajectoire parabolique. Pour des distances plus longues, d’autres facteurs tels que la résistance de l’air et la rotation de la flèche entrent en jeu.12 En savoir plus 1worldarchery.sport2hattila.com3les-archers-bressans.clubeo.com Vous at avec la rotation de la terre, elle ne retombe pas ailleurs? Copilot Génération de vos réponses… La rotation de la Terre a un effet négligeable sur la trajectoire verticale d’une flèche tirée perpendiculairement en l’air. Voici pourquoi : Vitesse tangentielle : La Terre tourne sur son axe, ce qui lui confère une vitesse tangentielle à la surface. Cependant, cette vitesse est relativement faible par rapport à la vitesse initiale de la flèche. Par conséquent, elle n’affecte pas significativement la trajectoire verticale de la flèche. Effet Coriolis : L’effet Coriolis, dû à la rotation de la Terre, dévie les objets en mouvement sur de longues distances. Cependant, pour une flèche tirée verticalement, la distance parcourue est relativement courte, et l’effet Coriolis est négligeable. En résumé, la rotation de la Terre n’affecte pas de manière significative la chute verticale de la flèche. Cependant, pour des distances très longues (comme les tirs de missiles intercontinentaux), l’effet Coriolis doit être pris en compte. Mais pour une flèche tirée à la main, cet effet est minime. 2sur10
  14. Non 😩 temps pourri sur l'océan indien, pluie chaque jour avec beaucoup de vent de sud uniquement, celui qui fait fuir les poissons.... conséquences: je grossis, je déprime, je picole ......,j'ai même eu le temps d'écrire 250 pages de mon bouquin, une cinquantaine de publiées, déjà 2 opus dans la rubrique, le troisième cet après midi ici:
  15. Exactement
  16. 6 mois de temps pourris d'affilée, du jamais vu, chaque jours je vais voir la mer, j'habite à 1km ça me fait un peu de marche à pieds Effet el nino
  17. Flute!, elle est pourtant célèbre 😂
  18. il avait même piqué le reste d'essence du réservoir et notre fric dans la boite du bateau A Madagascar, il faut toujours APRES le service sinon ..... Remarque en France aussi, on peut verser une avance, mais il faut régler a la fin des travaux
  19. Logique, dès que ça protège, le sable se dépose et monte Pas grave faut juste en réimplanter au dessus, c'est le moment de prendre des actions dans cette entreprise😁
  20. a chaque sortie, je suis comme toi la plupart du temps autour de 4 000 tpm, et donc au retour, le dernier km je suis à l'abri d'un récif, et je le fais à fond afin de ne pas "glacer" les cylindres. La mécanique sinon se fait au régime de 3500/4500 et au bout de quelques centaines d'heures refuse de monter plus haut dans les tours
  21. J'ai un arc très puissant, 75 livres en recourbé, j'avais un jardin d'un hectare, seul sans voisin (heureusement), perdu dans la campagne Donc je faisais souvent du tir à la carabine (à l'époque où c'était autorisé) et du tir à l'arc sur cible Un jour l'idée saugrenue de tirer en l'air à la perpendiculaire m'a pris, idée à la con je le reconnais. Je n'ai jamais vu la flèche revenir, ni jamais retrouvée non plus, je m'étais mis à genoux, les bras derrière la tête lorsque j'ai compris ma connerie, 1 dixième de seconde après le tir
  22. J'ai déjà donné, merci! 😄
  23. très mauvaise idée, la dernière fois que j'ai vu quelqu'un faire ça avec un 110, il a eu le nez cassé, avec beaucoup de sang Et je me suis marré, ce qu'il n'a pas apprécié, pourtant il criait: le con, le con, mais quel con!!!!!
  24. OPUS 2 La suite du premier, avec le reste du matériel et de mon arrivée sous les tropiques LES FLECHES Les flèches sont de différents diamètres selon leur usage. Cela va de 6mm à 9mm, mais les plus couramment utilisées sur la majorité des fusils du commerce, sont les 6.5 et 6.75mm, et 6mm sur les tubes de 25. 7mm pour les grosses configurations. Ce qu’il faut bien retenir sur les flèches, c’est qu’elles doivent rester droites, sinon elles partent dans les coins. L’ardillon doit être parfaitement réglé, d’épaisseur et de longueur suffisante selon le poisson que l’on chasse sinon il va se déchirer. Ensuite les flèches inox ne rouillent pas mais sont trop molles pour supporter une forte puissance, le HCR de haute densité (au dessus de 60) est plus dur mais ce n’est pas facile à trouver la bonne qualité et c’est cher. Les flèches les plus solides à l’heure présente où j’écris ces lignes, sont sans contestation possibles les flèches Rob Allen, dites RA. Dans un acier ressort (spring-steel) de 1200 MPA, ce sont les meilleures. La finition est parfaite, qu’elle soit à encoches ou à pins, il n’y a rien à retoucher, seulement elles rouillent... Il existe deux sortes de flèches avec ardillon, l’hawaïenne avec ardillon en dessous et la tahitienne au dessus. Voici ce que l’on peut faire avec ces flèches RA, n’essayez pas avec votre HCR, elle restera tordue Que votre flèche soit à encoches ou à pins et même sharks, elles reçoivent l’obus qu’il est préférable de mettre en dyneema, ça évite de s’abimer les doigts le jour où il saute. Les obus en acier articulés étaient très bien en solidité, avant que le dyneema n’existe. La plupart des arbalètes sont montées avec des obus en dyneema de nos jours. Les flèches à sharks, gros ergots soudés sur la flèche, ne passent pas dans les têtes fermées, il faut soit des encoches soit des pins et jusque 7mm de diamètre, et ça passe. A 7.5mm on peut se passer des ergots, les encoches ne casseront plus. Voir la photo au dessus ergot shark Les pins sont de petits ergots enchâssés à force dans un perçage. Ergots pins Les pointes de flèches doivent être parfaitement affutées pour traverser le poisson, il est de notoriété que la pointe tricut est de meilleure pénétration dans les poissons Pour améliorer la pénétration il existe des cônes de …pénétration, que l’on enfile en force sur la pointe de flèche. Cela aide à rentrer dans un crâne ou une colonne vertébrale et même à traverser la carapace de certains poissons comme les carpes rouges ou les gros perroquets dont les écailles sont volumineuses en multicouches avec l’ardillon qui se bloque dessus. LES POINTES DETACHABLES, ou slip-tip Cet ustensile se met sur une flèche filetée de gros diamètre pour chasser des wahoos (thon banane) par exemple, à la chair fragile qui se déchire facilement. La pointe doit impérativement traverser le poisson pour se détacher de l’autre coté et prendre appuis sur toute sa longueur. Deux modèles les plus réputés sont la pointe Riffe, le ice pike et la pointe Mori. Celle-ci est plus fine et traverse mieux. Le cône qui reçoit la pointe peut se tordre sous l’impact, c’est alors poubelle…. Une pointe détachable tourne entre 50 et 90€. On peut s’en passer, les flèches à double ardillon ont le même office, mais le plus important pour ne pas perdre un poisson, c’est de bien ajuster son tir et ensuite de ne pas la jouer en mode bourrin. Personnellement pour le gros, je ne chasse qu’avec des flèches RA simple ardillon Hawaïen, long de 85mm, mais soit je place bien ma flèche soit je ne tire pas. Jean Tapu, le champion du monde chassait avec une flèche sans ardillon, soit il tuait net le poisson soit il ne tirait pas. Rob Allen a sorti une flèche avec pointe détachable intégrée en 7.5 et 8mm. Ils l’appellent drop-barbe. Le principe est un peu différent mais la partie détachable ne peut se mettre en place que si le poisson est totalement traversé. Pointe Mori Ice pike de chez Riffe Les sandows Sujet vaste il en est, car il existe de 3 à 5 variétés de gomme de sandow, dans 5 possibilités de diamètres et ce, pour chaque marque. Le choix est donc très étendu. Les meilleurs sandows sont en latex pur et non en matière synthétique mais coutent nettement plus chers. Cela peut aller de 8 à 28€ le mètre. De nos jours, la majorité des chasseurs aguerris fabriquent eux même leurs sandows, ce n’est pas très compliqué, il existe plein de tutos à cet effet sur les forums ou internet. Les diamètres usuels vont de 14mm à 20mm. Le plus usité étant le 16 mm. Chaque gomme a sa dureté, donc son élasticité propre, on parle d’étirement ou de coefficient d’élongation (coef) pour la longueur dont on allonge le sandow. Cela va de 3 pour le minimum à 4 de coef pour le maximum, selon deux critères : la force du chasseur et la durée de vie que l’on veut pour ses sandows. En effet plus vous lui mettez de coef, moins sa vie sera longue. Mais plus vous lui mettez de coef, plus vous aurez de puissance et de portée pour votre flèche, c’est un choix, voilà pourquoi je prends une certaine réserve de sandows pour deux ans sur la photo du dessous . La couleur est propre à chaque marque, mais une généralité veut que le jaune soit le plus tendre et le noir le plus dur. Le trou interne, qu’il soit petit ou gros ne change rien à la puissance du sandow, c’est du marketing pour vendre nettement plus cher, en effet la quantité de matière entre un petit trou interne(on dit petit id) et un gros trou (on dit gros ID) est au maximum de 4%. Si la puissance est supérieure à 4% c’est simplement que la gomme n’est pas la même, et 4% ce n’est vraiment pas grand-chose. La qualité de la gomme change notablement d’une fabrication à l’autre, et dans une même bande de sandow, elle peut aussi varier distinctement. Même dans les qualités les meilleures. Un problème survient avec la tension des sandows, passée dix minutes le sandow se ramolli, perd de sa puissance, et plus le temps dure, plus il perd de puissance. Cela peut monter jusque 30% passé une heure. Et plus vous tendez fort, plus ça baisse vite. Plus le sandow est gros, moins il perd de puissance dans le temps d’armement. Et certaines marques sont réputées justement pour le peu de perte de leur gomme, elles le font bien payer. Mais si un sandow dure deux ou trois fois plus longtemps, et a peu de perte de puissance pendant la tension, c’est tout de même très intéressant. On voit sur ce diagramme, que passé 25 minutes, un sandow de 17.5mm en coef de 3.6 se retrouve avec moins de puissance que le même armé à 3.3 Ustensiles pour fabriquer vous-même vos sandows. Une photo valant mieux qu’un long discours…. Ci-dessus, des obus à visser pour la tête et le dyneema pour l’obus sur la flèche. Et dessous, une épissoire pour enfourner les billes sans soucis dans les petits id Un dernier détail au sujet des sandows, sur les grands fusils, c’est très difficile d’aller attraper le sandow car ils sont trop loin, on utilise alors une rallonge, appelée aide à l’armement. Ce petit bout de sandow se perd très facilement, car il faut l’avoir avec soi pour réarmer votre fusil dans l’eau. Personnellement, je le mets dans la sous-cutale, mais il m’est arrivé d’en perdre plusieurs en voulant uriner depuis le bateau alors que l’on avance, car vous n’y penser plus à ce moment là. LE MOULINET Sujet à forte discussion, car je ne suis partisan du moulinet que lorsque l’on compte tirer des poissons conséquents, autrement il est plutôt nuisible surtout pour les débutants. Bref, cet organe est souvent, voir très souvent un mauvais outil, mal conçu, mal finit, de peu de contenance, qui se bloque ou au contraire se dévide seul, fait des perruques. Comme vous le voyez je leur trouve beaucoup de défauts sauf, hé hé, sauf quelques rares modèles. Je vais citer une marque qui construit du sérieux, solide à toute épreuve avec des contenances bien supérieures à celles annoncées, le Red-Tide. Celui là de moulinet, reste au réglage du frein que vous lui mettez au départ, ne perruque pas, dévide suffisamment vite pour remonter à la surface lorsque le thon sonde, bref il fonctionne bien et de plus contient de 20 à 30% de fil de plus que le chiffre annoncé et en 2mm, pas en 1.5mm comme la majorité. Je m’en sers pour le gros poisson et n’ai encore eu aucun souci sur des dizaines de poissons de 15 à 60 kg. Chasser le gros au moulinet et non pas en break away (fil de flèche relié à une bouée) n’est pas de tout repos et c’est réservé aux personnes très aguerries. Je ne le recommande pas si vous n’avez pas au moins une dizaine d’années d’expérience derrière vous dans ce type de chasse. Autrement pour chasser du maigre ou de la liche c’est parfait. Pas besoin d’un moulinet pour tirer sar, mulet ou de la vieille. Le moulinet peut aussi bloquer le passage de l’arbalète dans certaines ragues biens étroites. Certains s’en servent comme d’un marqueur au fond en laissant la flèche pour retrouver une pierre par exemple. Un petit outil appelé bobinot fait parfaitement ce travail. Et s’il y a trop de courant, bobinot ou moulinet ne servent à rien, vous ne remonterez pas le courant. Un moulinet se remplit de dyneema tressé, non pas du gainé réservé pour la flèche. Le tressé est plus souple, s’enroule mieux. Il faut le monter assez serré sur la bobine, le fil ne doit pas être lâche, sinon en cas de fortes sollicitations, il va passer entre les spires et possibilité de blocage quelque soit le moulinet. Moulinets red-tide de 100 et de 80, contenant 130m pour le premier et 100m pour le second LES FILS DE FLECHE Le nylon monobrin, est le premier fil utilisé il y a 70 ans, même s’il a bien évolué au fil des décennies, il reste fragile, peut se rompre à la moindre sollicitation avec une très légère entaille et surtout perd la moitié de sa résistance en 6 mois de temps (données constructeur). Le fluage est la mémoire de forme et de déformation d’un fil, typique du mono nylon. Le fil de nylon tressé est encore moins solide mais plus souple, c'est-à-dire qu’il fait des nœuds sans qu’on lui demande. Le nylon mono fil redevient intéressant en fil de flèche à 2.5mm pour le tout gros. Le fil de kevlar est maintenant abandonné et remplacé par du dyneema, aussi appelé Spectra. Ces fils sont soit tressés, soit gainés. Le tressé est bien souple et fait pour mettre sur le moulinet, pas sur la flèche. Le gainé est plus raide, plus solide s’il est en pur dyneema gainé et tresse interne et pour arranger le tout, il doit être ensimé(traité contre les uv) et pré-étiré. Il devient moins épais et donc plus solide pour un même diamètre donné. Je fais dans le succinct car il faudrait parler des torons, de la gaine cousue, des fuseaux tressés longs ou courts, de la qualité K78, k99 ou du chinois K45…. Pour un chasseur de poissons atteignant maximum 8kg, je recommande du fil de 1.6mm en dyneema, car en plus de sa solidité supérieure à l’acier, il dure à vitam aeternam s’il est ensimé. Tous les bons dyneema sont ensimés en usine. La durée de vie pour un fil, c’est lorsqu’il perd la moitié de sa résistance.(données constructeur). Pour ceux qui croisent de temps à autre une belle liche ou un gros maigre, le 1.8mm est parfait. Le 2mm conviendra aux chasseurs tropicaux de récif, où la puissance d’une carangue et les coraux, obligent à monter en gamme. Pour le tout gros, il ne faut pas hésiter à passer au 2.3mm, de bonne facture, c'est-à-dire avec une résistance de 500 à 600kg. La résistance d’un fil ne veut pas dire grand-chose, c’est un test réalisé en usine, dans les meilleures conditions, avec un fil neuf sans aucun défaut et sans nœud. Test réalisé dans l’air, pas dans l’eau. De plus un nœud affaiblit le fil de 10 à 30%. La résistance d’un fil doit être au moins de 10 fois supérieure à la masse du poisson recherché, sinon le fil va casser au choc du départ. Car un poisson qui démarre et va se retrouver bloquer, son énergie sera celle de son poids multiplié par la vitesse au carré, divisée par deux : E = ½ MV². Des carangues de 30/40 kg qui m’ont cassé des fils de 400kg, c’est arrivé plusieurs fois. Donc il ne faut pas lésiner sur ce point, perdre un poisson pour cause de fil qui casse, c’est non seulement rageant mais stupide votre part si vous étiez au courant. Un bon dyneema c’est cher mais vu que ça dure très longtemps, et que l’on ne perd aucun poisson sur casse, c’est largement valable. Un dyneema gainé qui frotte, la gaine va d’abord casser mais le fil tenir encore très fort. Ici la photo d’une gaine qui a lâché sur du corail. Un fil qui fonctionnait très bien et peu onéreux, c’est le fil à thon bitumé en 2.2 ou 2.5mm, un seul fabricant : corderie Gautier. Par contre il s’use assez vite. Le Bungee Pour éviter les chocs de départ qui risquent la casse sur les gros poissons, on relie le fusil ou la flèche à une bouée par l’intermédiaire d’un bungee. Il s’agit d’un sandow creux de 9mm avec du dyneema à l’intérieur, qui peut s’allonger de 3 fois sa longueur, ainsi le choc du démarrage est absorbé, ensuite le dyneema interne prend le relai. On appelle ligne de vie, l’ensemble de 5 à 10m de bungee et de la corde flottante genre corde à ski nautique de 30m qui relie le tout à la bouée. Soit on met 3 bouées de 10 litres reliées entre elle avec du bungee, soit on place une bouée de 30/35 litres. Ces bouées doivent pouvoir se gonfler à 2 bars sinon elles vont s’écraser passé trente mètres et rien ne va remonter. Le mieux est encore une planche à thons, en mousse compressée de trente litres, également. Ci-dessous, un modèle fait maison : la bouée sur le dessus c’est pour que le barquero la repère. Vous avez tout sur la photo : fusil, bungee, corde flottante, planche à thons(body-surf en mousse compressée) et le poisson ! COMMENT FIXER LE FIL Pour le nylon monobrin, le sleevage est sans contestation la meilleure solution, pour le dyneema, deux solutions : le nœud de chaise me semble la meilleure solution. Ou alors un sleevage généreux. Un nœud de huit derrière le trou de la flèche peut glisser. L’avantage du nœud de chaise, c’est que vous pouvez le défaire sur le bateau. Pour relier le fil de flèche au fil du moulinet, deux nœuds de chaise ou avec en plus une « queue de cochon » qui évite en partie, la torsion du fil. LES PALMES Deux catégories, pour simplifier : les palmes plastiques et celles en carbone. Les palmes plastiques, créées par Hugues Dessault, il y a bien longtemps, elles sont devenues solides et bien nerveuses. Elles permettent de débuter sans trop se ruiner, avant de connaitre la dureté, la puissance ou la longueur qui vous convienne le mieux sur du carbone. Je l’ai déjà dit je suis descendu à 30m avec ce genre de palmes dans ma période bien entrainée (et jeune). L’évolution a abouti au carbone, fibre ultra légère et d’un rendement inégalé, encore faut il être capable d’exploiter leur rendement. Les tarifs vont pour cette dernière de 200 à 500€. Elle est aussi un peu plus fragile que du plastique, il faut en prendre soin. Une paire de palmes plastiques longues tourne autour de 80€. En intermédiaire entre le plastique et le carbone, il y a la palme en fibre de verre. C’est comme les masques : il est indispensable de les essayer, avec les chaussons pour vérifier qu’elles vous conviennent déjà aux pieds. Dans l’eau ce sera la dureté de la palme selon votre entrainement, votre façon de palmer et votre façon de chasser qui vous feront choisir telle ou telle dureté/longueur/angle. Le carbone se raye très vite, aucune gravité sinon l’esthétique. J’ai choisi les palmes les plus dures qui soit pour une seule raison, elles doivent me remonter en force des profondeurs avec un gros poisson pour éviter qu’il ne s’enrague en épave par exemple. LA CEINTURE DE PLOMB Il faut choisir le modèle « marseillaise », c’est une ceinture en caoutchouc renforcé avec une boucle de ceinture classique si ce n’est qu’elle est surdimensionnée. Les plombs seront selon votre gabarit et votre corpulence. Chacun est différent et on s’équilibre aussi selon la profondeur à atteindre. Par exemple pour une combinaison de 5.5mm cela peut aller de 5 à 9kg selon le gabarit. Pour une 7 mm jusque 14kg si on chasse dans peu d’eau. Un baudrier est alors utile afin de ne pas se casser les reins. L’équilibre peut se faire selon le principe du ludion, il ne faut pas couler à la surface ni être trop léger sous peine de devoir forcer pour descendre et de s’agripper au fond pour ne pas remonter. Dessin de Guy Gazzo : Je vous ai raconté à ce sujet, l’anecdote de la compétition avec la combinaison de 8,5 mm qui m’avait épuisé. Une autre comparaison pour cet équilibre à la descente : lorsque je faisais 56/58kg je mettais 5 à 6 kg à la ceinture pour une combinaison de 5.5mm, maintenant que je fais 78kg il me faut 6kg pour une combinaison de seulement 2mm, et je ne commence à couler que vers 14/15m ! C’est normal 1 litre de graisse pèse 750grammes donc 20 kg de masse corporelle supplémentaire donne environ 5kg de flottabilité supplémentaire, principe d’Archimède. LE BARON Sujet diversement interprété même par Jack Passe, l'inventeur du système, qui a testé plein de variétés et moi aussi. Le meilleur baron ou flasher pour les anglophiles, c'est encore le plus simple comme déjà dit plus haut. Il ne coute quasiment rien et c'est tant mieux car c'est un élément que l'on perd souvent, au moins une fois par an si pas deux ou trois. Pourquoi? Tout simplement par ce que lorsque vous tirez le poisson de vos rêves, vous n'y pensez plus à ce baron et il dérive au gré du vent et des courants. Normalement c'est votre barquero qui doit le récupérer mais si vous êtes en difficulté avec un gros, il doit d'abord vous venir en aide, passer une bouée avec bungee pour accrocher à votre fusil si le moulinet est presque vide. Et donc avec un peu de clapot, il est difficile de le repérer à plus de 30m, c'est pourquoi je recommande de le peindre de couleur voyante, le flotteur. Je rappelle que 120m de fil sur le moulinet est un bon compromis, on a le temps de clipser la bouée, 100m c'est rack et 80m vous n'aurez pas le temps avec un TDC ou un voilier, car une fois que le fil se met en tension, le poisson accélère fortement et vous commencez à faire du ski nautique à la surface....s'il n'a pas sondé, car là vous allez vite faire une descente vers les enfers. Maintenant la bonne longueur de fil du baron: pour moi, dans mon secteur et chassant en priorité le thazard, c'est 8m. 5 ou 6m c'est trop haut, le poisson ne montera pas car vous serez trop près, il se méfiera, plus de 10m c'est trop profond, le poisson montera moins haut et il sera passé le temps de descendre sur lui. Cette longueur convient à presque tous les poissons, mais si vous visez les thons, 10m sera mieux car ce sont des poissons qui se tiennent plus profond et sont plus trouillards. La masse qui doit le faire couler doit être assez importante, environ 200gr sinon le baron va se mettre de travers avec la dérive/courant. Vous devez suivre le baron à quelques mètres, derrière et observer partout mais pas vers le fond, ça ne sert à rien, et normalement tous les poissons vont venir dans le même sens que le premier. Si vous êtes à coté et qu'il y a peu de vagues, agitez le par saccades, cela ressemble alors aux tentacules d'un poulpe. Ma dernière sortie, on a du voir une bonne dizaine de fois, des pélagiques. De tout: bouledogues, tdc, thazards, dorades et un barracuda. A part le barracuda suicidaire, aucun poisson n'est réellement monté au baron, ils sont venus vers lui mais en restant ou profonds ou distants. Je penche pour la raison, que le baron qui est devenu plutôt terne avec le temps, n'était plus assez brillant, et donc plus assez attirant. J'en ai donc refait un neuf ce matin dont je vous passe la photo. Les éléments: une poche à vin neuve de 10L découpée en lanières, 8m de fil nylon, un morceau de tube inox pour la masse et une bouteille vide de lessive de 1L peinte en orange fluo à la bombe. Une poche de 5L convient aussi, mais c'est moins grand, donc moins voyant. et cela donne ceci dans l'eau: le baron de Jack Passe, en dessous J'en avais fait un similaire: une tôle d'inox de la forme d'une carangue, bien polie, un œil de poupée collé sur la tôle. Il marchait formidablement bien, j'ai même eu une loche qui est venue le gober avant de le recracher. Je l'ai laissé à un copain et me suis refait exactement le même: résultat il effrayait les poissons, je n'en jamais vu un seul approcher, du coup j'ai abandonné le modèle et suis revenu au principe de base. Ici celui d'un forumeur avec une tête de leurre à marlin, je ne sais plus qui Des flasheurs du commerce, il en existe de toutes sortes et à tous les prix. C'est un peu un gri-gri, on y croit ou pas D'autres flasheurs commercialisés ici: CSM Authentique | Flasheur pour la chasse sous-marine (csm-authentique.com) Je rajoute un chapitre : optimiser votre arbalète D'abord ce tableau de portées des arbalètes selon la longueur du tube. Ce tableau est assez proche de la réalité, quelque soit la marque. Donc vous avez une arbalète qui vous convient bien, vous tirez juste avec, elle vous parait bien maniable et équilibrée, la longueur est impeccable pour le type de chasse que vous pratiquez mais, vous aimeriez bien gagner 50cm de portée supplémentaire sans tout changer l'équilibre du fusil, ni vous ruiner en matériel d'adaptation. La ou plutôt les réponses suivent. Il y a plusieurs éléments qui influent sur la portée: la poignée, la flèche, le ou les sandows, la tête et enfin le fil. Donc sans que ça ne vous coute un penny vous pouvez déjà gagner ces 50cm mais si vous visez les 80cm voire le mètre il va falloir faire une rallonge sur le budget ( ou sur l'arbalète). Je pars de la supposition que le fusil soit d'origine bien réglé avec un bon sandow et une flèche idoine. D'abord gagner 50cm de portée sans bourse déliée, en premier et le plus efficace c'est votre sandow, si vous le mettez directement au dernier ergot ou encoche de la flèche, c'est qu'il est trop mou. Vous raccourcissez de 2cm chaque sandow vissé ou 4cm si c'est un sandow circulaire. Si vous le mettez encore du premier coup au dernier cran et bien vous recommencez. Lorsque vous devez vous arrêter au premier cran afin de vous reprendre pour le mettre au second c'est que vous êtes à la limite d'extension possible pour vous. Et si au bout de 2 fois que vous le raccourcissez c'est encore facile, mettez à la poubelle, il est HS, achetez en un bon.... Second moyen pour gagner en étirement, Il suffit de tailler une encoche supplémentaire sur la flèche, surtout valable pour le second sandow. Une photo valant mieux qu'un long discours, vous pouvez voir que l'on gagne facile 5 à 6cm d'étirement. Sinon il existe des flèches à ergots rapprochés du talon, certains constructeurs en font même un argument de vente( voir la photo plus bas de la poignée Magnum) Ici sur la photo, c'est bien l'encoche du fond qui a été rajoutée, celle du milieu je l'avais un poil approfondie car mon dyneema de 2.3mm sautait parfois Troisième point , l'obus. Déjà le plus intelligent c'est de passer sur un obus dyneema et non un articulé qui freine à la puissance par son volume et un poil sa masse. Facile à faire soi même, même sur des sandows vissés. Il y a un tuto pour apprendre à faire les ligatures. Le système d'obus à raccord de remplacement, c'est pour les flèches de m...., qui coupent régulièrement le dyneema ou pour les radins qui utilisent également du dyneema de m.... ou chinois, c'est pareil! Pour les obus prenez un bon dyneema gainé de 2mm, vous changerez de flèche bien avant qu'il ne soit usé. Et pour les débutants: oui, ça convient aussi bien aux ergots petits et grands qu'aux encoches. Donc en photo un obus dyneema pour sandow à visser, Un trop court(à droite) qui va gêner la vision pour le tir car les sandows vont chevaucher la flèche, puis un bien réalisé et assez court à visser pour encore gagner quelques cm d'étirement, et enfin le trop long qui vous fait perdre du coef d'étirement. Au dessus, obus dyneema à visser de bonne longueur et à coté un dyneema trop court, les sandows vont se toucher et monter sur la flèche, de plus c'est du tressé pas du gainé En dessous l'obus optimisé avec la bonne longueur et le trop long en dessous Enfin la tête du fusil, entre un sandow vissé et un sandow circulaire vous avez déjà gagné plusieurs cm d'élongation, mais certaines têtes peuvent vous faire gagner 8cm facile de plus mais vont gêner la maniabilité Vous avez raccourci votre sandow, gagner quelques cm sur la flèche, gagner encore quelques cm sur l'obus et sur la tête, ça doit déjà vous faire augmenter de 10 à 15% la puissance du fusil, minimum Maintenant, avec un peu d'investissement vous pouvez encore gagner 10 à 15% supplémentaire: une poignée à système reculé ou inversé, genre Némésis de Sigalsub ou Magnum de Picasso, c'est de l'ordre de 60 à 75€ d'investissement, mais rien qu'avec la douceur de la détente, vous ne le regretterez pas. Ci dessous, on peut voir qu'avec ce système inversé, l'ergot se retrouve au dessus de la queue de détente Sur la poignée classique(ici une Imersion) l'encoche se trouve au niveau d’arrêt du tube, donc vous avez 8cm de gain avec le système reculé par rapport à cette poignée Et sur cette poignée Basik Picasso, l'encoche se retrouve à presque 6cm devant l’arrêt du tube, vous avez donc plus de 10cm d'écart entre les 2 poignées Picasso, idem avec la Némésis Et maintenant, on peut encore gratter un peu en faisant en sorte que la flèche soit le moins freinée possible. Votre fil doit être proportionné aux poissons que vous tirez. Inutile d'avoir du 2mm pour chasser sar, bars, mulets et autres vieilles. Vous pouvez descendre sur du 1.8 et même 1.6 en dyneema. Je rappelle que le dyneema a un coefficient de frottement plus faible que le nylon. Votre sleeve également, remplacez celui en aluminium par un en cuivre,il sera nettement moins épais donc plus profilé. Enfin, un cône de pénétration sur la flèche, qui comme son nom l'indique, favorise la pénétration, aussi bien dans l'eau que dans le poisson. Tous ces petits plus ajoutés les uns aux autres devraient vous faire gagner jusque 30% de portée supplémentaire sans changer l'équilibre et surtout la maniabilité de votre arbalète. Ensuite vous avez la méthode bourrin qui consiste à rajouter un sandow, risque de créer plus d'ennuis et même de perte de précision que d'apporter d'amélioration, sans compter la perte inéluctable de maniabilité qui est la chose la plus importante sur un fusil métropolitain. Bien se souvenir que sans maniabilité, c'est un poisson sur deux qui se présentera que vous n'aurez pas le temps de tirer. C'est une vérité première en CSM. Les chasses tropicales Ma première chasse tropicale a été réalisée en 1987 au Sénégal avec deux amis Rénato déjà cité et Patrick. Nous avions lu les récits d’une chasse à Dakar dans la regrettée revue Apnéa, cette dernière était dédiée aux chasseurs sous marin. Elle a hélas, disparu. Créée en 1986 elle perdura jusque 2015, on y trouvait des récits de chasses, des conseils sur le matériel et aussi les tests des nouveautés, l’équivalent du forum de chasse sous marine.com, de Eric de Keiser, mais sur papier glacé. Bref nous prenons un billet d’avion pour Dakar avec 20 jours sur place avant le retour. Déjà on sent le dépaysement à l’arrivée : personne n’arrive à ouvrir les portes de la soute du Boeing ! L’ambiance est bon aloi malgré tout, on récupérera nos bagages après 3 heures d’attente, presque plus que le voyage. Notre hôtel est aux Almadies, juste en face de nos départs de chasse. A 6 heure du matin je suis debout et trouve rapidement une longue pirogue à louer, départ neuf heure. J’ai emmené un fusil de 110, le plus grand que j’ai trouvé, avec une flèche de 150 en 6.5mm, on ne trouvait pas mieux à cette époque. J’avais mis deux sandows mais j’ai de suite vu que le second faisait totalement dévier la flèche, donc je l’ai vite enlevé. Nos premières sorties, l’eau est trouble par une houle persistante, on fait tout de même quelques badèches et aussi une première sériole limon d’une dizaine de kg. Au bout de quelques jours, l’eau s’éclaircie bien, et juste en face de l’hôtel le piroguier nous emmène sur des spots bien riches en poissons. Au bout de quelques minutes que je suis à l’eau, je descends pour voir le fond, on est sur du sable à 30m et il y a bien quinze mètres de visibilité. Je remonte doucement du fond et lorsque je tourne la tête, il y a un mur de liches arrêtées à me regarder, des énormes, par centaines ! Je tourne doucement l’arbalète, elles commencent à avancer mais ne sont qu’à 2m de la pointe, inratable ! J’ai un moulinet fait maison en aluminium avec 50m de corde à thon de 2.5mm. La liche me déroule tout le moulinet puis je fais du ski nautique pendant quelques minutes. Le piroguier qui a compris me ramène Rénato, mais lorsqu’il descend pour doubler la liche il voit qu’elle est bien traversée et qu’une seconde tourne avec elle. Il l’a rate dans l’excitation. Je remonte cette liche énorme, elle fait 45kg, photo au portique de pesée des Almadies. Je fini par l’attraper à la main, elle se débat vigoureusement, je passe mon bras dans son ouïe et ma main saisie sa mâchoire inférieure pour l’achever au couteau, elle se débat encore plus fortement et me rentre sa grosse arête dorsale dans le plexus et le traverse. J’ai toujours la petite cicatrice. Quelques minutes plus tard on revient sur le point de départ. J’en tire une seconde, mieux tapée je la ramène plus vite, elle est de même taille que la première. Je passe le fil au piroguier et la liche en surface, passe de l’autre coté de la pirogue. Il tire comme un malade, je lui dis : arrête, le vais la repasser. Non, non il continue à tirer comme un sourd (c’est le cas de le dire) et coupe le fil sur la quille du bateau => le poisson coule avec la flèche, je ne puis le rattraper. Juste en face de l’hôtel où nous logions, le piroguier nous emmène sur une cassure du plateau sur le sable. La cassure est à 24/25m, le sable à plus de 30m. Des milliers de chirurgiens noirs sont en pleine eau, mais dessous, des carpes rouges de plusieurs variétés sont là, dont des djabars énormes. J’essaye d’en tirer un à plusieurs reprises à 3m de distance, mais la flèche s’arrête sur les écailles, ne pénètre pas, gros manque de puissance. L’après midi le piroguier y part pêcher à la palangrotte et en sortira un de 82 et un de 84kg….. Cela n’existe plus de nos jours, comme les morues de 80 kg ont aussi disparues ou les thons rouges de 700kg. Le seul barracuda qui ne m’ait jamais chargé directement ce fut au Sénégal, et pas bien gros avec ça. C’est là aussi que je réalise mon premier thazard, pas gros non plus dans les 5 kg. Alors là, je suis devenu fan de ce poisson, vu les éclairs qu’il fait dans tous les sens et ne s’arrête qu’une fois mort d’épuisement. Le Sénégal s’est très vite appauvri en densité de poissons, les professionnels sont des dizaines de milliers à poser des filets, les chalutiers usines russes et chinois de la taille d’un paquebot, travaillent la nuit à quelques centaines de mètres du rivage. Les chasseurs suivants, venus de France ont été fort déçus pour la plupart. Voir les vidéos de Macjaam sur ses pêches actuelles en épaves. MADAGASCAR C’est un nouveau déclic comme mon arrivée en Vendée. Nous chassons à Sainte Marie pour la première fois, une petite île à quelques km de Madagascar sur la cote Est J’y fais la connaissance de Jean Claude Rémi, dit Jean Claude Bé, bé veut dire grand en malgache. En effet, il est grand et pèse surement 110kg. C’est aussi un érudit. Il a également dirigé un livre sur la chasse sous marine : le grand livre de la chasse sous marine avec aussi, avec divers auteurs et quelques photos que je lui ai passées, dont cette photo d’une pêche réalisée avec Roger et moi. Jean Claude ayant fait cette superbe dame tombée. En 1988, je fais la connaissance d’un copain de Titou, Roger qui me suggère de partir à Madagascar avec lui, il y est allé l’année précédente, il me présente Madagascar ainsi : ce n’est pas le secteur le plus riche en poissons mais tu ne le regretteras pas. Et nous voila partis pour Sainte Marie, petite ile d’une dizaine de km à quelques encablures de Madagascar. Nous atterrissons sur le tout petit aéroport, mais international, de Sainte Marie, en ATR depuis Tananarive, la capitale, atterrissage folklorique, le bord de l’aile aurait fauché les marguerites s’il y en avait eu. On traverse le lagon en pirogue avec les bagages et on se retrouve dans l’hôtel restaurant « chez Titi »(la compagne de Jean Claude rémi) avec ses bungalows à quelques mètres de l’eau. C’est sympathique, bon enfant et l’accueil est chaleureux. Petite anecdote malgache : nous avions envoyé un courrier pour prévenir Jean Claude de notre arrivée deux mois avant notre départ, elle est arrivée 14 mois plus tard…. Le portable n’existait pas encore à Madagascar et fort peu en France d’ailleurs seule la BLU de l’aéroport pouvait donner des nouvelles en direct une fois par semaine !! Dès le lendemain Jean Claude et son piroguier nous emmène chasser dans le lagon et sur ses bordures. Jean Claude a été champion du Maroc, donc c’est un chasseur de haut niveau. Il m’explique ce que l’on chasse et ce que l’on ne tire pas. Cette première sortie, je ne fais rien, nada. La cause en est le fusil pneumatique Muréna que j’ai acheté avant de partir et avec lequel je loupe tout, heureusement j’ai aussi pris le 110 que j’avais au Sénégal. Peu à peu je fais connaissance avec le monde tropical, de suite ce sont les pélagiques qui m’attirent, principalement les carangues pour débuter. Jean Claude est en train d’écrire son livre sur la chasse sous marine et il publiera dedans quelques photos de notre rencontre et des pêches de bars faites avec Titou en France. Au bout d’une dizaine de jours, Jean Claude est occupé, nous montons alors avec le piroguier à quelques km vers le nord, dans un lieu magnifique : Ansara. Un Lodge vétuste mais avec de beaux restes, culmine sur une petite colline verdoyante, avec une immense pelouse qui descend jusqu’à la mer 100m plus bas. Un cannellier majestueux couvre une partie du Lodge et le matin, des centaines de mainates vous réveillent en sérénade en sifflant à qui mieux-mieux. Un petit paradis. Les chasses sont splendides, une dizaine de belles carangues de toutes sortes, couvrent le fond de la pirogue, on a compté sept variétés différentes. On fait accommoder une petite dans les cuisines du restaurant et le reste, c’est le « pour boire » du piroguier qui va les vendre dans les villages alentours. Je trouve un sec autour duquel tournoie un maelstrom de carangues gros yeux, j’en tire une que j’enfile sur la corde qui relie mon fusil à la bouée. J’en tire une seconde que je remonte doucement, c’est alors qu’un requin bouledogue surgit et fonce sur ma carangue. Je tire alors un coup sec sur le fil de flèche et il la loupe fait demi-tour et me fonce dessus ! J’ai juste le temps de prendre mon fusil qui flotte à coté de moi pour m’en servir comme débordoir, il se détourne au moment où je lance mon bras pour le repousser, c’est un bien gros d’une centaine de kilos. Je pars à l’abri, près du bord dans moins de fond mais au bout d’une heure, comme je ne vois rien, je reviens alors vers le sec. Les carangues ne sont plus là, mais de la surface je vois 20m plus bas, de magnifiques failles horizontales, d’un bon mètre de profondeur, qui strient la roche volcanique. Je descends au fond et fais un agachon dedans. A ce moment je sens mon fusil qui me tire le bras en arrière, c’est le bouledogue qui se frotte contre une de mes carangues à mi hauteur sur le fil de la bouée (c’est leur moyen de gouter, avec la peau). Il me voit à ce moment précis et fonce sur moi en bas, ou plutôt arrive sur mes palmes qui sortent de la faille, j’ai juste le temps de retourner mon fusil et de lui décocher une flèche à l’instant précis où il allait refermer ses dents sur mes palmes. Je le rate dans la panique, mais lui fais tout de même une balafre sur le menton. Je ne le reverrai plus, heureusement. Le lodge fut détruit par un cyclone terrible, quelques temps plus tard. Notre retour vers la France est emprunt de souvenirs enchanteurs. Nous diversions dans l’avion et une idée surgit : Et si on s’installait à Mada, pour créer un centre de chasse sous marine et terrestre ? Je possède les deux diplômes nécessaires à la réalisation et à l’installation. L’idée murit, fait son chemin et l’année suivante nous repartons pour Madagascar, mais cette fois 6 semaines, le temps de trouver l’endroit idyllique. Il faut d’abord expliquer que Madagascar fait 1700km de long pour 350 de large, c’est la France et l’Espagne réunis en longueur. Peu d’infrastructures routières, une seule ligne de chemin de fer (folklorique), avec un train par semaine. Les vols d’avions sont pratiques, 9 aéroports dont certains sont simplement des pelouses…tondues par les vaches qu’il faut évacuer avant l’atterrissage, le pilote faisant un premier passage en rase motte… Ce sera d’abord Maintirano sur la cote ouest, réputé pour ses millions de carangues. Hélas arrivé à Tananarive, la capitale, air Madagascar (surnommée air inch allah, par les karanes) nous apprend que le vol pour Maintirano a été annulé, il n’y en a plus ! Après 24h à tourner en rond, on prend un vol pour Diego-Suarez, au nord de l’île. Le secteur est superbe…lorsque le varatraz ne souffle pas. C’est un vent qui s’accélère sur la pointe de Madagascar et souffle violement les ¾ de l’année. Les poissons abondent : mérous de toutes tailles, carangues, carpes rouges, nasons de plus de 3 kilos et même thon à dents de chien dans la passe. On ne peut sortir que de 6h à 9h, ensuite c’est infernal. Nous louons un 4x4 et son chauffeur pour aller voir de l’autre coté de Diego, coté canal Mozambique avec 40km de piste. C’est la baie du courrier, bien abritée du vent et fabuleusement riche à cette époque. Mais il n’y a personne, un désert à part un petit hameau de pêcheurs de quelques habitants. On en déniche un qui nous emmène à la pagaie un peu plus loin. Je vais voir le plus gros barracuda de ma vie, plus de trente kilo à deux mètres de moi, un œil comme un verre à apéro. Je n’ai pas le temps de le tirer qu’il est déjà reparti. Je vais tout de même faire une babonne et un beau mérou malabar de 18kg dont un requin bouledogue aura la prétention de se l’approprier, non mais ! En réalité, je n’en mène pas large, c’est ma seconde rencontre avec un requin agressif. Nous discutons avec notre chauffeur de 4x4, un autre érudit sur la nature, ancien chauffeur du colonel à l’époque des français. Il nous emmène le lendemain matin chez le gouverneur de Diego qui serait propriétaire des terrains du secteur de la baie du courrier, car le coin semble convenir à nos désidératas. On y a vu aussi plein de cailles, quelques perdrix et canards et des dizaines d’ilots devant nous. Capture d’écran sur google earth de la baie du courrier, l’océan indien est à droite avec l’immense baie de Diego et la mer d’émeraude, et le canal de Mozambique à gauche. . La femme du gouverneur nous dit de revenir à 14h pour discuter affaire avec son mari. Notre chauffeur, qui nous attend dans la voiture, nous demande : « si ce n’est pas impoli, que voulez vous faire avec le gouverneur ? » On lui raconte alors notre projet. « Malheureux, ne faites pas ça, les terrains appartiennent à l’armée, le gouverneur n’en est que le gestionnaire. Vous vous ferez expulser lorsque vous aurez bâti votre centre ! » Il existe un dicton populaire à Madagascar : qu’est-ce qu’un millionnaire ? C’est une personne arrivée milliardaire ! (En Aryari) L’arnaque principale est sur les terrains, sujet complexe à souhait avec des lois biens différentes des françaises. Le varatraz (nom du vent local) soufflant sans s’arrêter pendant 8 jours, nous quittons Diego et nous prenons un vol pour Nosy Bé. C’est une île très touristique, de 320 km², avec d’anciens volcans devenus des lacs sacrés où vivent des crocodiles par dizaines. Très belle, coté canal Mozambique, donc protégée des vents dominants, les alizés. La vie y est aussi nettement plus chère qu’ailleurs. Nous nous retrouvons dans des bungalows sur la plage, avec pour voisines une femme d’ambassadeur et sa sœur, charmantes toutes les deux. Un vazah français (vazah veut dire étranger mais ce n’est pas péjoratif) nous emmène faire trois sorties dans le quartier. Pour cause d’eau très sale, les deux premières sont des fiascos, je prendrai une belle babone (plectropomus laévis) de 14kg tout de même. La troisième sortie, nous partons à 3 pour partager les frais vers le banc du large. Peu de vie ce jour là, nous chassons sans bouée à cause du vent ; je fais un petit thazard et j’arrive sur la fin du banc, au moment de repartir, je descends en feuille morte jusqu’à quinze mètres, je commence à remonter lorsque j’aperçois alors plus bas un TDC qui tourne et monte doucement vers moi. Je le laisse venir, je m’applique et lui décoche ma flèche au milieu du dos, il est très gros. Il fonce immédiatement vers le fond à plus de cent mètres, mon moulinet en alu fait maison ne dévide pas assez vite et le thon me descend, le moulinet de peu de contenance avec ce gros fil de 2.5mm, est vite vide et le tdc me descend rapidement, je prends alors le fusil à deux mains et tire violemment pour lui faire faire demi tour. Il se déchire alors, je ne l’avais pas traversé avec un seul sandow, heureusement car quelques seconde de combat de plus et j’étais occis car il m’a descendu à bien 25m alors que je n’avais plus d’air. Finalement nous n’avons pas trouvé de lieu idéal pour nous implanter, et puis les avertissements répétés sur les tentatives d’arnaques nous refroidissent sur le projet. Nous ne reviendrons dorénavant que pour chasser. En 1990 je me fais construire une maison en France, donc plus de moyens pour les chasses exotiques, puis mon métier d’éleveur périclite par des maladies importées. Il me faudra attendre quelques années pour faire une petite excursion aux Canaries. Je n’ai rien vu ni fait de transcendant pour cause de mauvais temps. Je change de métier et m’installe comme ferronnier, et c’était ma formation première. J’ai toujours aimé construire et façonner quelque chose à partir de barres de fer brut. Mon ami Roger s’est alors installé à Morombé, petite commune à 180km au nord de Tuléar. Il faut donc atterrir à Tananarive, la capitale, puis prendre un vol pour Tuléar puis un dernier vol pour Morombé….quand les vols internes sont effectifs. Air Madagascar n’a pas peur de vous vendre des billets dont les vols n’existent plus depuis plusieurs mois. Ou alors y aller en 4x4, il faut deux jours à rouler 12 heures par jour, à la bonne saison ! Ma première chasse à Morombé en 2000, se déroule dans des eaux turbides, à la fin de la journée on a rien vu et au moment de rentrer on se fait la passe du lagon à la dérive descendante. Le courant est violent, je m’approche du bord de la passe et m’agrippe sur une patate pour ne pas être emmené, dans juste quelques mètres d’eau. Bloqué sur ma patate je vois des ombres furtives à 3 mètres mais impossible de bouger le fusil, les tourbillons sont vraiment costauds. Finalement je trouve la solution : je descends, je m’agrippe sur une patate et je coince le fusil en position de tir vers le haut pour voir en contre-jour, il faut seulement qu’une carangue passe devant la pointe. La troisième tentative est la bonne, je tire une grosse ombre et pars en ski nautique rapidement derrière elle. Le piroguier me suit et au bout de dix bonnes minutes, la carangue faiblit et je peux la ramener au bateau : une GT de 34kg. Pas mal pour un premier jour! (les photos étaient sur papier, et pas toujours de bonne qualité) On peut voir la qualité de l’eau, la sortie du lagon est à quelques centaines de mètres et c’est cette eau qui ressort. Je retournerai chasser 6 années à Morombé, avec des bonnes et des moins bonnes années, surtout vers la fin, les Vezos, peuple de cette région de Madagascar sont des pêcheurs hors du commun, il partent à 30km au large sans GPS et sont capables de retrouver des remontées et les filets qu’ils y ont posé, alors que l’on ne voit plus la cote. Mais voilà, des collecteurs de poissons se sont installés sur la cote et fournissent gratuitement des filets à ces pêcheurs qu’ils devront payer avec les poissons ensuite. On voit des filets partout….et des poissons beaucoup moins. Une de mes plus belles prises sur cette cote ouest, sera ce thazard de 24.5kg mon plus gros à l’heure actuelle mais ridicule en comparaison de celui de Roger de 35.5kg. La dernière année j’y fais la connaissance de celle qui deviendra ma femme, copine de la femme de Roger. L’une des remontées au large, on la surnomme la remontée aux babonnes. Elles y sont nombreuses. On choisit donc les plus grosses et on se limite à 3 par chasseur. Une fois le quota fait, on part sur les bords du tombant pour les pélagiques, j’adore chasser les Thazards et les aprions. Un jour je suis tombé sur un thazard qui dérive doucement, bien plus de trente kilo, je m’approche de lui, vise la base du crâne par le dessus et…la flèche ne part pas. Quelle déception. Une autre fois, sur ce platier, le piroguier vient me chercher, Roger a tiré un marlin et a du mal à s’en sortir. Il me dépose à coté de Roger, qui remonte doucement le marlin. Je descends pour le doubler, place mal la flèche qui ne le foudroie pas, il fait un rush, et emmène Roger sous l’eau car il s’est empêtré dans le fil de vie du fusil. J’arrive à bloquer le marlin et à remonter Roger qui suffoque. Un joli marlin noir de 54 kg Je vais aller 6 années à Morombé, jusqu’à ce que je me fâche avec Roger. Dommage. En 2008 nous montons à Majanga avec ma femme, depuis Tamatave avec une R25 achetée 3 francs six sous. On reste parfois coincés dedans, les serrures électriques des portières ne voulant plus s’ouvrir… Deux jours de voyage et on arrive finalement dans le secteur le plus torride de Madagascar. Un gros fleuve de boues rouges y déverse ses milliers de tonnes de limons dans le canal du Mozambique et salit la mer sur plus de 10km. Comme accueil, 22 chalutiers français aux couleurs rouges et noires, suivez mon regard, sont à couple dans le port et donc, une évidence le poisson est poursuivit intensivement, industriellement. Pour sortir, il faut choisir entre un bateau rapide à 500€ la journée ou une pirogue à 50€ avec 25cv qui met 2h30 pour se rendre sur les premiers lieux chassables. Le portefeuille nous oriente de suite vers la seconde solution. Juste quelques poissons pour dire de ne pas revenir bredouille lors de ses sorties. L’année suivante, nous montons sur Diego Suarez qui m’avait laissé de bons souvenirs. J’y fais la connaissance de divers chasseurs et nous sortons chasser dans la mer d’émeraude et juste après, en montant vers le cap d’ambre. Il reste encore beaucoup de poissons même si la pression de pêche monte en grade. Il y a de belles carpes rouges dont le challenge c’est d’en sortir une, deux c’est très très bien, trois c’est un exploit, car sur le secteur elles sont particulièrement farouches, ce n’est pas partout identique. A Diego j’y ferai plus tard, l’un de mes plus gros jobs aprions, 10.5kg et également ma plus grosse babonne en plectropomus maculatus de 11.5kg. Diego c’est bien en décembre où le vent faiblit, mais autrement peu de périodes propices sauf à rester à l’abri dans l’immense baie, la seconde la plus vaste du monde avec 50km de pourtour et la mer d’émeraude mais peu profonde où les pélagiques ne circulent pas. Ci-dessus, pêche à Diego Suarez, en 2014 au 140 BWK simple sandow Un copain Alex, fera cette superbe babonne royale (plectropomus laevis)de 19 kg et quelques l’année suivante.
  25. Sur un 100, une longueur de fil, si le fil est attaché à la tête du fusil, la flèche va tout de même à 4.40m de la tête du fusil! C'est déjà hors de portée Et si on rajoute la longueur du fusil plus celle du bras, on est à plus de 6m de l'oeil .....
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