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coryphaena

Dérive en mer salée

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Voici une petite aventure ou mésaventure (comme dirait certains) du 1er mai 2019 que je vais vous faire partager.

Faudra être parfois patient car tout ne sera pas envoyé d'un seul coup.

Certains diront que je reviens de loin, c'est leur point de vue et je le comprends tout à fait.
Personnellement, je considère plus ce moment comme une étape de ma vie, une expérience.

Certes, quand tout se déroule bien et que tout le monde est vivent et en bonne santé, on pense certainement différemment quand c'est l'inverse...

 

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                  PARTIE N°1 de 5
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Session du 1er mai 2019.

Tout commence 2 jours avant par la confirmation que le boss d'un ami a annulé la réunion et donc les chasses à la journée prévues pour le week-end du 4 et 5 mai sont donc annulées et seront donc remplacées par la playa avec les enfants. Dommage ça sentait le parfait moment pour aller chasser surtout qu'un ami professionnel relâchera en 5 jours 10 marlins entre 100 et 400kg  sur 20 combats et 34 touches. Je rappelle qu'il est allé plusieurs fois à la semaine depuis février et le marlin était absent. Il avait même fait début avril une semaine sans absolument rien faire... donc n'imaginer pas que ici c'est le mat de cocagne. Comme avec les bars ou les maigres, il a été là au bon moment quand il y a eu un passage. Et c'est aussi parce qu'il a pêché non stop pendant 5 jours qu'il a pu obtenir ces résultats.

Le super week-end étant annulé et pourtant attendu de très longue dates, l'idée est donc dans ces cas là d'aller me faire une petite sortie le mercredi matin 1er mai (car cela fait presque un mois que je ne suis pas allé en mer.) puis de revenir avant midi trente pour aller passer le reste de la journée en famille.

Ayant passé la nuit du mardi au mercredi aux urgences pour le petit dernier, mon épouse préfère rester avec les enfants à la maison et me propose bien gentiment d'en profiter pour rester plus longtemps en mer car plus trop envie de bouger.

Ok et c'est ainsi qu'après 2h de sommeil, je monte dans la voiture direction le bateau.

A la sortie du canal  vers 6h45, la mer est assez belle avec une houle longue qui permet de naviguer à 21-22kn.

C'est cool car mon idée vu que l'on peut rentrer plus tard que d'habitude est donc d'en profiter pour aller encore plus au large, prospecter et tester des nouveaux DCP en espérant les trouver et y trouver les thons.

Malheureusement je dois diminuer la vitesse car à quelques miles nautiques du canal l'état de la mer a changé et elle est croisée avec du sud de la houle longue et de l'ouest des vagues serrées.

Aie ça risque de modifier mon planning si cela continue ainsi.

Sur la route un grain se forme.

Et comme j'en ai un peu marre de cette navigation à 15-16kn je change ma route plus OSO que SO pour éviter le grain et gagner en confort de navigation.

L'idée est bonne et après peut être 1h45mn de navigation nous arrivons au premier DCP.

Dès notre arrivée on constate qu'il y a un très gros courant.

De la belle détection est sous l'eau, de l'albacore convoité MAIS... à partir de 30m de profondeur...

On traîne pendant que l'on s'habille et rapidement on décroche à la touche. On aurait dit une touche de wahoo.

On repasse et 2 nouvelles touches en même temps qui confirmeront 2 wahoos dans le bateau.

Comme ils sont très petits autour de 3-4kg, assez rares ici pour mon point de vue je me mets donc à rêver d'une grande boule de petits wahoos à filmer et observer pour mon plus grand plaisir.

Avec le collègue nous nous mettons à l'eau et après 3 dérives on va voire un peu plus loin un autre DCP car il n'y a pas vraiment de vie et même pas un wahoo ! 😕

Second DCP; pas de touches, pas de vie et du courant.  Rien d'exceptionnel comme le premier donc je navigue encore plus loin pour un 3ème DCP par lequel à l'origine nous devions aller en premier.

Le temps de se préparer et pour une fois 2 petits albacores mordent aux cannes. Certes trop petits pour être tiré mais dans le bateau c'est toujours cela de gagné. 😊

On se met à l'eau et les dérives commencent.

Le courant est toujours aussi fort et finalement il n'y a pas grand chose à se mettre sous l'inox.

Dès bancs de bébés albacores passent comme on en a pêché mais rien de gros ne monte.

En fin de dérive, en arrivant par le large voilà que 4-5 petits wahoos comme ceux déjà pêchés arrivent. Allez on tente un tir sur un petit que j'approche.

Shling la flèche file derrière la tête dans le 3/4 arrière par le dessus. Mais une fois de plus je me retrouve avec un noeud dans les sandows.

Il va vraiment falloir que je trouve une solution.

Le collègue n'a toujours rien vu.

Nouvelle dérive et à nouveau derrière le dcp, voilà qu'en remontant en surface que 3 coryphènes arrivent. Direct je choisis la plus grosse avec la plus belle tête qui en plus décide de venir vers moi. Le tir est rapide, tout est allé très vite et le poisson suite au coup fatal dans la colonne fait un soleil.8ookw.png

Mais je suis à moitié content car j'ai déjà dit à barquero de mieux nous surveiller car avec le courant aujourd'hui cela va très très vite et qu'il n'a pas le droit de faire autre chose sans nous surveiller régulièrement.

En effet je le vois qui est en train de démêler je ne sais quoi entre les lignes et cela dure beaucoup trop longtemps pour moi même si cela doit représenter 3-4mn.

Je l'appelle en râlant mais il est toujours dans ces lignes alors que moi j'ai une coryphène dans les bras qui après mon coup de couteau fatal se met à saigner abondamment et au large par 1700m de fond je n'aime pas vraiment cela. 😕

Il finit par arriver mais je ne suis pas content du tout et je lui dis que c'est pourtant pas bien compliquer de soit venir nous chercher même si les lignes sont emmêlées ou qu'il y a un poisson au bout car le courant est fort et c'est pas bien grave si il faut couper les lignes ou casser, ou perdre le poisson que je vois justement sous l'eau. Un simple listao de même pas 1kg toujours accroché à la plume et qui pouvait bien attendre....

Je ne suis vraiment pas content d'ailleurs je pense même que c'est la première fois depuis septembre que je ‘’hausse’’ la voie.

Car j'insiste, c'est nous en priorité surtout dès que l'on appelle en hurlant pour être sûr d'être entendu.

Du fait malgré tout, du peu de vie dans l'eau et parce qu'il faut penser au retour, je propose de filer vers Abidjan et de ainsi finir la sortie en passant sur les 2 dcp où il y a un mois j'avais raté 2 thons dans les 15-20kg à cause d'un nœud dans les Sandows lors du tir. Toujours le même problème que ce matin ....

Je suis certes le capitaine et j'aime bien écouter mon instinct. MAIS, il fait grand beau temps, la mer est très belle, c'est une belle journée et je suis quand même content de ma coryphène magnifiquement tirée.

Et donc je propose ou suggère à l'équipe de soit refaire une dérive ou bien comme je préférerais pour ne pas perdre de temps sur cette zone, de filer direct sur le prochain DCP en allant vers Abidjan.

Le barquero ne donne pas d'avis et je comprends le collègue qui n'a encore rien vu et qui se dit que William sur les 2 dernières dérives à vu et aussi fait du poisson donc pourquoi pas une petite dernière.

Ok pour une petite dernière en râlant dans ma barbe car pour moi cette zone aujourd'hui n'est pas bonne.

Là dérive commence, rien sous l'eau, on passe le DCP et je vois que le barquero semble avoir un poisson à la canne. Mais je râle déjà car je constate qu'il reste concentré sur son poisson au lieu de regarder autour de lui.

P*tain ! c'est pas vrai, heureusement qu'il n'y a pas d'obstacles car comme il ne regarde pas devant le bateau il finirait par s'en prendre un.

C'est dingue cette incapacité que beaucoup de locaux ont des lors qu'il est question de notion '' temporelle'' et encore moins de notion "d'espace-temps" et pourtant j'étais quand même en colère il y a 10mn et ce n'est toujours pas rentré dans le crâne. Cela me sidère !!!!

Je commence à l'appeler en hurlant pour qu'il lève un peu la tête et vérifie où nous sommes.

Mais non, je suis sûr qu'il ne me voit pas.

Alors je pense à la dernière fois il y a un mois avec le collègue où avec moi dans le bateau, au lieu de descendre le courant et d'aller vers le sud il était allé plein gaz vers le DCP vers l'ouest.

Je me revois lui dire que ce n'est pas compliqué, on arrête le bateau, on scrute progressivement la mer  dans le sens du courant et ainsi on repère rapidement quelqu'un sans naviguer dans tous les sens.

Mais à cet instant rien ne va et malgré que je l'appelle en gueulant il ne lève toujours pas la tête.

Je me dis que c'est grave car si jamais j'avais tiré un marlin ou un gros thon voire un exceptionnel wahoo et bien barquero n'aurait même pas vu la direction que le gros poisson m'aurait fait prendre. Donc là déjà je n'étais pas du tout content tout à l'heure mais là c'est trop.!

Ça y est il lève la tête.

Ouf il était temps car nous commençons tous à être loin du DCP.

Je suis là dans l'eau avec la crosse blanche de mon arbalète de 140cm hors de l'eau.

Donc, au moment où il a démarré le bateau il devait être à 80-100m de moi côté terre et en aval de moi. Peut-être moins c'est toujours difficile à dire quand nous sommes dans l'eau.

 

 

 

 

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C'est parti pour le feuilleton de l'été 😊.  Le premier épisode commence bien! On connaît déjà la fin vu que tu nous parles, mais les modalités vont être intéressantes 

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 Oui le feuilleton est prenant et comme tu le dis on sait heureusement qu il se termine bien ....😉.

 

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C est le barquero qui meurt à la fin 

Il  l à foutu à la baille et lui a dit de rentrer à la nage mais il n est jamais arrivé au port

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                  PARTIE N°2 de 5
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Quand le barquero est arrivé à mon niveau en rejoignant le DCP il devait être à peu près à une cinquantaine de mètres de moi seulement. Mais malgré la bouée de 30l jaune et rouge et celle de 20l de même couleur, mes appels en gueulant et la crosse de l'arbalète qui bougeait en l'air il ne m'a absolument pas vu tellement il était bridé par l'idée que l'on était forcément au DCP là où il nous avait vu la dernière fois !!!

 

Et là quand il m'a dépassé je me suis dit que l'on était dans la merde. Le collègue un peu plus loin me regarde et se met lui aussi à l'appeler en gueulant et nous voilà tous les deux à employer tout un tas de nom d'oiseau car on a compris de suite que l'on était très très mal barré connaissant l'Afrique. 

Nous voilà donc pendant presque 30mn à gesticuler à la surface de l'eau avec nos arbalètes en l'air et la bouée accrochée à la crosse pour qu'elle soit le plus haut possible.

Le très faible vent de 3-4kn n'étant pas dans le bon sens et était même parfaitement dans le même sens que le courant ce qui complique un peu plus les possibilités de nous entendre. 

45mn sont passées, il est autours de 12h35 et l'on ne distingue quasiment plus le bateau.

Maintenant Il est 13h23 et je décide de prendre la caméra pour filmer ce moment où officiellement je nous déclare perdu en mer à la dérive.
30lKq.png

 

Le problème c'est qu'avec ma courte nuit de 2h de sommeil et les efforts effectués à tenir le plus possible la bouée en l'air pour être vu et bien je suis essoufflé.

J'ai besoin d'avoir la tête hors de l'eau et même d'enlever le masque. Ce n'est pas la grande forme.

Le collègue est bien et apprécie de garder la tête dans l'eau vers le fond.

Moi NON. En plus les mots d'hypothermie, froid, frissons et autres s'entrechoquent dans ma tête et je sais que la guerre contre le froid, si je veux tenir tout une nuit voire 2 jours, c'est tout de suite qu'elle se prepare et que par conséquent je dois m'organiser en tant que tel tout comme trouver la position qui me permettra de mieux me reposer et me réchauffer, tant que la mer et les conditions météo le permettent.

 

 Pendant ce temps, le barquero fait des ronds dans l'eau autour du DCP !!!!

Il remonte même le courant !!!!! 

Il monte aussi sur le toi du bateau. Mais nous sommes déjà trop loin.

De notre côté, aucune panique ni tension entre nous deux. Par moment on râle et on en veut au barquero mais que faire d'autres ci ce n'est de dériver et surtout d'accepter ce qui se passe.

L'accepter et penser à s'organiser, se positionner, préserver la chaleur corporelle, se préserver physiquement, se situer géographiquement c'est tendre tôt ou tard vers un dénouement heureux.

Voilà mon point de vue dans l'eau. Donc Surtout trouver ''LA'' position de confort, celle qui assurera mon avenir jusqu'à atteindre la plage si personne nous trouve dans les 2-3 jours à venir.

Peut-être par naïveté mais pas par incompétence, ce qui se passe ne nous inquiète pas plus que cela. Ce n'est pas de la témérité.

Juste un genre de mauvais moment à passer et qu'il faut tout faire pour qu'il soit bien et l'accepter en tant que tel tout simplement.

Malgré tout, je redoute beaucoup la première nuit qui sera capitale car vraiment la plus importante et sera entièrement dépendante, non pas de notre volonté, mais de la météo et de l'état de la mer à venir.

POURQUOI ? Toujours la même préoccupation: le froid, l'hypothermie et la mer hachée qui ont vite fait de te faire boire la tasse en respirant par la bouche sans masque et tuba.

Un requin ?

Pourquoi pas cette fois ci  puisque nous n'en  voyons jamais ?

Mais cela ne m'inquiétait guère.

Moi c'était la lutte contre le froid qu'il fallait avant tout prendre au sérieux.

La faim ?

Ne pas manger pendant 2 jours devrait aller. Et puis on finira bien par voir  passer un poisson pour se prendre une flèche 😁

Le comble serait un marlin.

La soif ? 

Quelle bonne idée j'ai eu juste avant ma dérive de boire une gorgée d'eau avec le collègue même si je n'avais pas soif et que je n'avais pas encore bu depuis la veille....

Par chance, pour l'instant et depuis ce matin je n'ai pas encore éprouvé le besoin de boire. C'est un bon point.

Le collègue lui par contre boirait bien un verre.

Comme quoi nous sommes tous différents et là je me dis, finalement qui tiendra le plus longtemps ? Le collègue qui n'est pas frileux pour un sou mais qui a soif ?

Ou bien moi qui suis frileux mais qui n'a pas soif ?

Entre temps, grâce aux agrafes à palangres de chaque côté de mes 3 bouées (2x 30l et 1x 20l):

- je laisse évidemment une 30l que j'avais pr^été pour la chasse (comme c'est le cas depuis qu' il est allé à l'eau ce matin à la place de son bidon de 30l)

- grâce aux agrafes je relie à gauche ma bouée de 30l et à droite la bouée de 20l.

C'est nickel, cela passe ainsi derrière mon dos et je peux poser et reposer mes bras le long de chaque bouées.

J' ai ainsi une position pseudo assise. C'est pas mal mais je risque de facilement perdre l'équilibre sur l'avant.

Alors grâce aux agrafes situées à l'autre extrémité de chaque bouée j'en profite pour attacher mes fidèles plombs de chevilles.

Et la c'est top!

Je me retrouve dans une position avec les jambes un peu au dessus du bassin.

Avec un confort tout relatif certes mais proche de la position d'assise en parapente.

C'est bien je suis content car j'ai trouvé une solution pour me laisser porter sans devoir fournir d'effort tout en gardant la tête hors de l'eau.

Le tuba dans le pantalon comme un pistolet.

Le masque autour du coup.

Et mes gants sur le visage pour me protéger du soleil qui tape dur.

Une cagoule c'est quand même top. 😊

Enfin, dans tous les cas, avec ma position top confort je peux commencer à essayer de dormir/somnoler car je sais que tout se jouera cette nuit.

Cette nuit où il faudra envisager de nager pour rester au chaud, dans du clapot, de la pluie et pourquoi pas du vent.

Donc nous voilà chacun dans son coin, relié par sécurité par une floatline, en mode repos.

Point très intéressant, ma position du corps avec les bouées de chaque côté fait que avec le léger vent de 4kn et le courant  mon corps ne tourne pas d'un poil.

Je serais ainsi durant tout le temps de cette aventure dos vers l'est et le visage dans le soleil en plein ouest en direction du dcp disparu. Cela sera utile cette nuit pour suivre les étoiles si le ciel est dégagé.

Et comme j'avais malgré tout eu le temps de regarder la veille et l'avant veille les courants et autres données haute résolution à partir de la toute dernière version de maxsea professionnelle en version non commerciale que maxsea me fournit régulièrement pour vente, tests et services après vente.
(ma première version de maxsea installée fut sur un Macintosh à Concarneau dans les années 90) 

Enfin, donc je savais que les courants étaient plein Ouest vers plein Est avant de commencer à tourner en se rapprochant de la terre, c'est à dire Assinie.

Donc si cette nuit le ciel nous offre les étoiles, il nous sera possible de nager dans le courant pour se réchauffer et ainsi passer par exemple de 2kn de vitesse de courant à peut-être 4kn en palmant sans se fatiguer.

Donc, en général, quand je suis sur le bateau je reconnais un DCP à 2MN.

Ayant perdu de vue notre DCP au bout de 45mn on peut donc supposer que l'on a fait 2MN en une heure.

Ça donne une bonne idée.

Et qui sait on verra peut-être la terre d'ici 48h. 😊

Le temps passe, et je dis au collègue: ''fait chier, ce matin nous avons croisé 3 pirogues et là comme par hasard nous ne sommes pas fichus d'en croiser une seule.''

Le temps passe et le soleil est toujours aussi cinglant.

Mais sincèrement cette balade n' est pas désagréable.

C'est le faite de se dire qu'il y a personne pour nous récupérer qui est agaçant.

PIRE, j'espère que mon épouse n'a pas déjà été prévenue. Toute seule ici, sans autre famille, comment va t'elle gérer cela?

En même temps  j'espère que le barquero n'a pas attendu de tomber en panne d'essence pour se dire qu'il est temps de revenir à terre...
 

 

Non, en ce moment c'est une bonne chose:

- il n'a pas prévenu mon épouse
- et il a croisé en mer un pêcheur sur Dcp qui lui a offert 60l de carburant par sécurité et un mousse avec un GPS.
Ce gars était sensé car des le départ il a dit que j'avais certainement dû déjà dérivé de 10-12km.

- rentré sur Abidjan, il a appelé un de nos amis Ghanéen, qui a alors contacté les pêcheurs ghanéens d'un village, pour les prévenir que lorsqu'ils iront en mer ce soir, de surveiller la mer. Cela concerne quand même quelque centaines de pirogues d'une quinzaine de mètres avec des équipages de 5 à 8 personnes.
- et puis ensuite  le barquero est allé s’amarrer à la gendarmerie maritime pour les prévenir de ce qu'il s'était passé un peu avant midi. S'en suit alors un long moment dans les bureaux pour enregistrer sa déposition et alors prévenir mon épouse, mes parents, deux collaborateurs de travail et le consulat de France.

J'espère que le barquero ne se fait pas tabasser pour le faire parler.... 
 

 

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                  PARTIE N°3 de 5
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Pendant ce temps cela fait maintenant officiellement 2 heures que nous sommes perdus.

Soit près de 3 heures depuis que nous sommes dans l'eau.

Notre crainte à mon collègue et moi maintenant est de croiser la route d'un navire de marine marchande style tanker ou autres porte container qui non seulement ne nous verraient pas mais en plus nous passeraient inéluctablement dessus tellement ils sont rapides et surtout difficiles d'estimer en plein océan, sans aucun repères, un cap pour l'éviter.

Je pense aussi à une connaissance sur un thonier océanique qui doit arriver en mai sur Abidjan.

Le thonier serait une bonne solution car il y a quand même souvent du monde sur le pont mais aussi en passerelle... avec une passerelle qui permet surtout de voire sur la mer, ce que ne permet pas la plupart des navires de marine marchande qui ne peuvent voire se qui se passe 100m devant le bateau par exemple.

Mon collègue me dit qu'il croit entendre quelque chose dans l'eau.

Et oui par ma gauche en effet je commence à entendre un bruit de moteur.

C'est une pirogue ghaneene et de suite, de concert nous nous mettons à hurler, siffler, gigoter arbalètes et bouées en l'air.
27Dje.png

 

Putain, la pirogue ne nous voit pas et ne nous entend pas.

Elle commence à tourner pour s'éloigner et là c'est pas encore le drame car on sait que si elle ne nous récupère pas ça va être compliqué et la nuit sera longue.

Du coup on ne redouble pas de vocalises mais on retriple d'effort pour être vu et entendu.
41ljv.png

La pirogue et le vent étant en amont, forcément cela complique les choses et donc leur moteur doit atténuer nos appels.

Mais ça y est on distingue des gens qui se lèvent et regardent dans notre direction.

Mais là pirogue ne fait pas encore demie tour.

On doute jusqu'au moment où nous sommes sûre qu'elle a bien fait demi tour et qu'elle vient sur nous.
oK5y7.png

Il est quasiment 15h de l'après midi soit près de 3h à la dérive.

Nous montons à bord et tout de suite allons dire bonjour et merci à tout le monde.
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Ce n'est pas simple pour communiquer car ces ghanéens ne parlent pas français ni leur langue officielle, normalement l'anglais. Ces 5 pêcheurs parlent Ashanti dont je ne connais que 2 mots: bienvenue et merci. On va pas aller bien loin avec ça haaa !

Tout le monde à compris que dans tous les cas, comme eux nous voulions aller sur Abidjan.

Cela fait 4 jours qu'ils sont en pêche mais n'ont rien fait. Et comme ils n'ont plus d'essence, ils rentrent à terre.

Rapidement et par respect je range tout notre petit bordel composé des bouées, floatlines et bungies jusqu'à poser le flotteur de mon baron sur la pointe de flèche par sécurité.
x3Gn4.png

Bien entendu aussi par ce que je ne veux rien perdre.

Puis évidemment je donne un coup de main pour écoper car sur ces bateaux cela prend toujours de l'eau par la coque.

Il est pas loin de 16h et je dis à mon collègue que voilà maintenant un problème de résolu pour mon épouse.

Il nous reste plus qu'à arriver rapidement pour ne pas trop la faire stresser.

Nous pouvons espérer arriver vers 18h.
 

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                  PARTIE N°4 de 5
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Il est 16h et avec l'équipage, un ragoût de poisson sauce graine maison accompagné d'atieké nous ai présenté. 
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On mange un peu et avec le collègue on se partage un sachet d'eau. Les fameux sacs plastiques que l'on retrouve malheureusement partout en surface, entre deux eaux ou sur les fonds des lacs, lagunes et océans d'Afrique mais aussi les rues...

C'est vrai que c'est fonctionnel, pratique et peu coûteux mais les conséquences sont dramatiques pour l'environnement et le futur de tous....

A 16h, nous apercevons aussi les immeubles du  plateau. Je dis au collègue que c'est cool dans une heure nous devrions être au canal où même en lagune car il doit y avoir 15-20km à tout casser. Quelques minutes plus tard un mousse sort d'un sac un petit GPS portable et le met en route. Il me montre le waypoint et il y a 17MN d'indiqué !!!

Quelle claque ! La visie est excellente !!!

Mais alors, quand nous dérivions, dans l'alignement du DCP il y avait comme une structure offshore que l'on voyait. Qu'était-ce ??? Car normalement dans cette direction et d'après les cartographies il n'y avait rien d'autre........

Pendant ce temps mon épouse est informée. Et c'est un peu la cata car mes parents informés aussi ont compris que j'avais coulé et que par conséquent ma maman dit à mon épouse que forcément je suis mort au fond des mers.....

Cela doit être un sacré choc d'entendre cela alors que quelques instants avant (et même après) elle avait confiance que j'étais toujours vivant.

Comment pourrais-je couler alors que en chasse nous flottons toujours en surface ?

Dans tous les cas mon épouse a du être sacrément choquée alors que nous en cet instant nous profitions de cet agréable moment en mer sur la pirogue à manger sous un soleil de plomb.
 

L'administration locale se décide de venir à au club de bateau avec une grosse vedette pour se rendre compte et prendre des informations.

Apparemment cela parle d'engager des secours.

Mais pas avec leur vedette avec laquelle ils viennent d'arriver puisqu'ils n'ont pas de carburant pour aller en mer. Mais ça ils ne le disent pas....

Cela sera donc avec mon bateau et le barquero qu'ils iront en mer.

Avec toujours mon lycra que je trempe régulièrement dans la mer pour me protéger du soleil toujours très fort, j'en profite pour me caler dans un coin vers le premier tiers arrière sur le filet et la tête contre mes bouées pour pseudo-somnoler histoire de faire passer le temps.

Mon collègue fait de même dans le pic avant avec pour compagnon des gros cloportes de 2cm qui se promènent.
 

Il est 17h et à terre, l'idée serait de lancer la mission d'aller en mer avec mon bateau.
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De mon côté, je me lève, me rince le visage, écope un peu la pirogue histoire de participer.

Nous arrivons au niveau des bateaux de Marine marchande au mouillage attendant l'autorisation de rentrer en lagune. Très belle lumière de ce côté là.
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Par contre, vers Grand Bassam, la côte, c'est noir.
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Je dis à mon collègue qu'il faut espérer que cela va rester là-bas car sinon nous allons nous faire secouer.
Comme quoi, tant que nous ne sommes pas à terre, tout peut "toujours" arriver !

17h30, le ciel noir s'est décalé sur Portboué où cela doit déjà bastonner et se dirige rapidement vers Abidjan et aussi vers nous.

Je dis au collègue qui connaît aussi pour avoir quand même navigué une bonne dizaine d'année en Afrique de l'ouest et l'océan indien sur les thoniers et autres, que dès que le vent va devenir froid il va falloir se  protéger car les trombes d'eau vont vite nous assaillir.
 

En parallèle, sur ordre du consulat de France il est demandé à un hélicoptère du 43ieme bataillon d'infanterie de marine de décoller pour aller faire une recherche en mer.

Mais là tempête tropicale s'est déjà mise en place et l'hélicoptère ne peut plus décoller à cause du vent.

Mon épouse doit être dépitée surtout que dans une heure il fera nuit.
 

A terre, tout le monde imagine le pire: ''... Donc ils auraient été perdu dans le mauvais temps en mer. Quelle idée d'aller chasser dans ces conditions !!! ...'' 
Imaginez comment dans ces cas là les gens on très vite faire la morale et dire de conneries.... que je laisse à votre imagination.

Et non ! C'est vrai que à terre c'était la baston.

Mais nous au large c'est un magnifique plan d'eau, certes haché comme souvent, mais un grand beau temps avec pas de vent car autours de 4kn c'est comme ne pas avoir de vent.

En tout cas c'est super agréable cette navigation avec la pirogue. Franchement tous les pros devraient aller pêcher avec ça. Cela ferait du chômage en moins et moins de sur-pêche tout en pouvant malgré tout aller pêcher jusqu'à 60MN de la côte.

Bon évidemment niveau confort cela reste spartiate et il n'y a pas d'intimité.

Malgré tout c'est très agréable et le passage en mer est tout simplement magique.

Cette navigation à vitesse de traîne est vraiment en harmonie avec l'océan.

C'est top. D'ailleurs je dis même au collègue qu'ils pourraient avoir des leurres à traîner car cela occuperait le temps et permettrais de prendre du poisson comme ils font au nord du Kenya dans l'une des 5 meilleures zones au monde pour pêcher le sailfish.

Nous nous rapprochons de la côte et donc du mauvais temps. Cela s'assombrit.
QlkLr.png

La mer au loin semble secouée.

Ça y est un vent froid nous parvient.
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Tout le monde à compris et se prépare en hâte à mettre des cirés.

On m'en propose un mais hors de question de prendre celui de quelqu'un.

Le collègue se rhabille et se cale dans son pic avant et moi j'enlève mes 2 hauts de combinaison pour remettre le lycra puis la section manche longue et la combi avec la cagoule car avec la pluie non seulement cela va piquer mais en plus il fera froid. Avec le vent qui souffle déjà très fort dans les 25kn je n'arrive pas à m'habiller. Je me dépêche de trop car je sais que quand cela va tomber, quand nous serons dans la tempête cela sera compliqué.
WDGZw.png

Je prends aussi mon masque car je risque d'en avoir besoin pour voir et je file celui de mon collègue qui est plus grand au skipper.

La pluie s'abat sur nous.

Des éclairs et le tonnerre claquent autour de nous. Le. Drapeau montée sur son pilonne de 3m à l'avant m'inquiète beaucoup.
30lyq.png

On doit avoir du 30kn de vent. Cela bastonne dur et tout le monde fait comme il peut pour se tenir.

Le Skipper tient son cap mais sans le masque du collègue que je lui est prêté car comme moi la buée nous masque rapidement la vue.
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Je me dis tout en filmant que l'on est pas encore arrivé, que l'on a encore le temps de couler car tout le monde à bord semble être surpris que cela bastonne autant.

Cela ne doit rassurer personne à terre....

 

Je m'occupe a écoper les quelques vagues qui arrivent à passer par dessus la pirogue.
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Par chance le vent étant peut être proche ou autours des 30kn, cela a l'avantage d'applanir la surface de l'eau. Je me dis que c'est toujours cela de gagné car dans des creux de 2m bien serré je ne serais pas fier du tout.
nQLam.png

Les palmes, et le matos étant à 1m de moi qui suit dans le trou pour écoper, j'ecope donc en me disant que si nous devions couler, j'aurais probablement le temps de m'accrocher aux bouées d'une main que je pourrais facilement détacher grâce à l'aggraphe. Et avec l'autre main je pourrais attraper nos palmes.

Donc je reste dans le trou à écoper. Lol !
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Quand j'avais rangé mes affaires dans le bateau, pour ne rien perdre ou autres, je m'étais arrangé pour que tout soit relié et attachées aux bouées. Sauf pour les palmes que j'avais glissé dans un coin à l'abri du vent.

Ça bastonne et la visibilité à cause de la pluie n'excède pas 50m. J'espère que l'on est pas trop près du canal de vridi et que l'on ne va pas se faire emplafonner par un bateau de marine marchande qui en sortirait.
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Ça y est cela se calme, nous dépassons la cardinale sud à côté de l'épi de roche à la sortie du canal.
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Bon j'espère que l'on va maintenant pouvoir rentrer dans le canal sans se faire secouer par un gros mascaret lors d'un changement de marée.........

Non tout va bien et nous pénétrons le canal comme une fleur avec une autre pirogue plus petite qui a des ratées moteurs.
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Nous croisons une autre pirogue en panne en train de se faire remorquer par une pilotine.
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Il est bientôt 18h30, nous longeons toujours le flanc ouest du canal long de 2km avant de pouvoir traverser le canal et prendre la direction de Zimbabwe et aussi de l'asna que l'on espère bien négocier car cela ne serait pas très drôle de devoir de nuit débarquer sur Zimbabwe puis ensuite trouver un taxi.....

 

Évidemment ceux que nous croisons en chemin sont surpris de voir 2 blancs sur une pirogue ghaneene revenir de mer et du mauvais temps.
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----------***--------***-------***-------
                  PARTIE N°5 de 5
----------***--------***-------***-------

 

Alors que nous traversons l'autre bout du canal dans la lagune,
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un bateau blanc passe et tourne pour rentrer dans le canal afin d'aller en mer.
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Mais c'est mon bateau !

Il nous fait dos mais je hurle et gesticule et grosse surprise, le bateau fait demi tour et nous rejoint.

C'est le baruero qui cette fois nous a repéré.

Le bateau s'approche et les 2 gendarmes maritime à bord demandent de les suivre et d'aller les rejoindre à la gendarmerie maritime à 200m de là.

Donc nous arrivons à la nuit avec la pirogue sur la berge.
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S'en suivra une déposition pendant une bonne heure supervisé par un sous lieutenant compétant et pertinent avec la tête sur les épaules. Mais aussi bluffé par notre aventure et notre sang froid qu'il mettra sur le bon compte de notre temps passé à l'armée lors du service militaire où pour moi pour avoir souhaité effectuer les préparations militaires avant le service militaire.

Cela faisait plaisir à entendre et communiquer avec ce monsieur gradé. Mais nous lui avons surtout dit que c'est aussi et surtout par ce que depuis longtemps nous essayons de toujours organiser la moindre sortie en mer, même en partant du bord avec minutie et professionnalisme pour éviter où anticiper tous problèmes...

Nous sommes enfin libérés et nous pouvons rentrer à au club avec le bateau.

Durant la déposition, le barquero m'a apporté mon téléphone et je pu appeler épouse. Et j'ai aussi remercié le consulat de France qui souhaitait vérifier notre identité pour solder le dossier.

On m'a aussi fait la remarque qu'avec un peu de matériel de sécurité pour aller en mer cela serait mieux. Je n'ai rien dit mais il est malgré tout dommage que l'on soit toujours à se cacher derrière du matériel de sécurité ALORS QUE ..... PERSONNE N'EST COMPÉTANT POUR L'UTILISER.........

Donc sur le retour pour aller au club et retrouver tout le monde nous voici à nouveau dans le noir avec un noveau problème. Enfin 2 problèmes.

Le premier qui m'inquiète est que je ressens une très légère vibration qui provient de l'hélice ou de l'arbre. Peut être quand l'hélice a tapé la roche en quittant la gendarmerie maritime. Ben oui les gars ont poussé le bateau et lâché les amarres alors que je n'étais même pas encore devant le volant pour démarrer le moteur du coup je me suis retoruvé dans cet endroit exigus à dériver sur les roches....

Et le second problème c'est que à cause de la tempête des gros pipelines qui servent à aspirer le sable ont cassé et sont en travers de la route dans ce chenal très étroit de 30 à 50m de large devant le village ghanéen et où le courant descendant est souvent très fort.

Nous pensons avoir repéré un passage sur le côté nord mais en réalité ce sont des pipelines qui sont sous l'eau. Nous tentons donc de passer moteur relevé.

C'est bon mais le courant est trop fort et nous ramène de travers en arrière. Voilà donc que l'on doit sortir les pagais pour éviter de s'échouer sur un pipeline que nous poussons avec force.

On recommence l'opération en suivant un monsieur sur sa frêle petite pirogue qui nous conseille de prendre plus à gauche. Tout ça dans le noir et pas de lune ni étoiles pour eclairer un peu l’environnement.

Ça passe avec un peu de stress dans la nuit mais c'est bon.

15mn plus tard nous voilà enfin arrivé, enfin au ponton. Il est 20h.

Nous rangeons en vrac ce que nous pouvons pour ne pas y passer une heure. Tout est en vrac car pendant que nous étions à la gendarmerie maritime, il y en a en qui ont profité pour fouiller le bateau et les sacs pensant trouver des millions.

Je m'en sors bien car le barquero avait caché ma poche étanche pour le téléphone, la clé de voiture, un peu de monnaie et la bague de fillançaille et de mariage.

Les outils sont aussi éparpillés.

Mais personne n'a trouvé la paie de Avril du barquero qui attendait patiemment dans son enveloppe avec du matos de chasse.

Tout semble là sauf les bouteilles de glaces pour garder le poisson...

Nous sommes arrivés, tout le monde est rassuré.

Une page se tourne en attendant la prochaine session.


Pour le moteur je m'en sortirait bien, c'est le flow-torque pour les moteurs Mercury qui a fait son boulot au niveau de l'hélice pour protéger l'arbre.
 

Voilà c'est fini.

Bon bien entendu il peut y avoir des petites choses que j'ai mélangé MAIS en gros à 95% cela s'est passé ainsi.

 

 

 

Morale de l'histoire, on est jamais assez protégé, organisé pour éviter les problèmes tant qu'on ne les a pas rencontrés. 😁

 

 

Nota: les professionnels de la pêche ont estimé que ce jour là en mer au large il y avait au moins 2.4kn de courant et que dans mes simulations:
- vers 19h-20h le mercredi nous serions passé dans un camembert de 1.5-20MN dans lequel se trouve un DCP

- juste en mode drive sans nager nous aurions eu des chances pour arriver à terre le vendredi matin autours de 7h
- et en nageant régulièrement les nuits, nous serions arriver dans la nuit du jeudi soir au vendredi.


 

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Bienvenue au club des rescapés! Joli récit.

Surtout évite de reprendre ce barquero, il recommencera, tu connais l'Afrique aussi bien que moi. 😉

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Quelle histoire ! Avoir des fusées de détresses accrochés a la bouée ça pourrait être une bonne idée ? Ou elles seraient trempés et inutilisable le jour où elles seraient utiles....

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Comme si on y était !

C'est sympa d'en faire profiter les autres et très instructif sùr ce genre de situations .

Mais je préfère le lire que le vivre hein 😂

 

 

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Félicitations  !

Très beau récit, ça fait froid dans le dos, même si l'on connait l'issu d'avance ....

J'ai perdu un ami il y a deux mois, l'hypothermie, malgré tous les équipements de survie individuels (éjection en plaisance) et les secours rapides ...

La maitrise de la situation, et l'absence de malchance (que tu évoques d'ailleurs via le requin ou le tanker), bravo encore, d'autres n'ont pas ou n'auront pas cette chance (avis aux lecteurs qui sous estimeraient cette histoire) ...

 

PS : ne voir aucune critique dans mon message, juste la tristesse de la perte d'un proche, et des évènements survenus aux sables hier ....

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Putain heureusement que ça se termine bien pour mon petit wiwi! Tu vois, tu serais resté à Concarneau tu aurais un superbe braquero de qualité en ma personne....

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il y a 48 minutes, morone85 a dit :

Félicitations  !

Très beau récit, ça fait froid dans le dos, même si l'on connait l'issu d'avance ....

J'ai perdu un ami il y a deux mois, l'hypothermie, malgré tous les équipements de survie individuels (éjection en plaisance) et les secours rapides ...

La maitrise de la situation, et l'absence de malchance (que tu évoques d'ailleurs via le requin ou le tanker), bravo encore, d'autres n'ont pas ou n'auront pas cette chance (avis aux lecteurs qui sous estimeraient cette histoire) ...

 

PS : ne voir aucune critique dans mon message, juste la tristesse de la perte d'un proche, et des évènements survenus aux sables hier ....

Bonjour et aucun problème. 

En effet mes sincères condoléances à ton ami. 

Et pour les sables, étant Sablais et Jardais, nous avons suivi ça de près hier malheureusement aussi. Surtout que semaine dernière du côté des baleineaux une dame est décédé et il y a un mois à cause d'un filet qui était remonté par un groupe d'ami. Et puis un monsieur est décédé du côté entre bourgenais et les sables après qu'un casier bloqué au fond, aidé d'une vague à fait chavirer le bateau. 

Cela fait beaucoup d'accidents grave qui aurait pu être éviter en l'espace de quelques semaines. Du coup va falloir s'attendre à des contrôles réguliers et intensifs....

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il y a 50 minutes, YoannRev a dit :

Putain heureusement que ça se termine bien pour mon petit wiwi! Tu vois, tu serais resté à Concarneau tu aurais un superbe braquero de qualité en ma personne....

Hé hé tu as bien raison. 😁

Quoique en raz de sein ou même aux Glénans cela reste toujours possible. 😊

Nota : je vois pas beaucoup tes cr.... 🙄

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il y a une heure, Marguéjah a dit :

Quelle histoire ! Avoir des fusées de détresses accrochés a la bouée ça pourrait être une bonne idée ? Ou elles seraient trempés et inutilisable le jour où elles seraient utiles....

J'y ai déjà pensé. 

Sauf que:

- ici c'est compliqué à trouver. 

- en France ça coûte 10€ pour la plongée bouteille mais impossible à ramener dans ces bagages 

- j'essia de récupérer une ou deux fusée périmée sur les bateaux mais pas encore obtenue car je ne suis pas non plus du genre à demander sans avoir d'opportunités pour poser la question. Ce qui est certainement bête de ma part. 

L'idée dans ces cas là pour ce type de chasse serait d'en glisser au moins deux dans un sac accroché à la dernière bouée au cas où. 

Dans tous les cas là formation du personnel demande quelques années quand on y va que quelques week-end par an... 

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Il y a aussi la possibilité d'une balise spot au rapport qualité prix performance que je fournis à mes clients en France qui font la traversée de l'atlantique mais je suis juste en bordure d'absence de signal ici évidemment avec au mieux un minimum de 20mn pour espérer arriver envoyer un message d'alerte. Au pire le message ne part pas et le fournisseur de satellite réponds juste qu'il faut se baser sur la cartographie officielle. Il ne veut pas s'embêter à vérifier si le satellite défilant numéro X arrosé ou pas en général telles coordonnées géographiques. 

Donc du coup pour savoir il faut acheter, prendre l'abonnement et on verra après ce que cela donne. 😂

Ça tombe bien je m'étais donné un an pour réfléchir à la solution la plus fiable mais aussi pratique et ergonomique pour ce genre de chasse spécifiques.

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Un radeau de survie "africain", obligatoire sur les gros bateaux locaux(c'est pas une blague):

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Il y a 2 heures, Marguéjah a dit :

Quelle histoire ! Avoir des fusées de détresses accrochés a la bouée ça pourrait être une bonne idée ? Ou elles seraient trempés et inutilisable le jour où elles seraient utiles....

Les fusées fonctionnent même sous l'eau, c'est du phosphore, et durent bien plus longtemps que la date de péremption, au minimum 3 fois. Mais, il y a un mais, en Afrique personne ne sait ce que veut dire une fusée rouge en mer. Un feu d'artifice? Et puis résisterait elle à une descente rapide de la bouée sous l'eau? Mouais, possible bien scratchée sur l'enveloppe. Idée à creuser

A la limite pour se faire repérer du barquero.....peut être, s'il regarde dans cette direction. Nous il a fait exactement la même chose qu'à William, il est remonté au courant sans jamais regarder dans la bonne direction. Un couillon reste un couillon.

Une petite idée de ce qui est obligatoire pour la visite technique du bateau chaque année dans ces contrées lointaines: il doit flotter....c'est bête mais ici!!! Une trousse à pharmacie,les gilets(tout de même) mais aucune norme, les gilets chinois vendus ici , sont en mousse et se gorgent d'eau en 10mn et coulent!!!!!!!!!!! Une carte marine , une boussole et un extincteur pour les bateaux à moteur mais peu importe s'il est périmé ou pas. une lampe , étanche ou pas....Ah oui une écope mais ici comme tous les bateaux prennent l'eau c'est obligatoire. c'est tout et même si vous n'avez pas tout ce magnifique équipement, un billet fera l'affaire!

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Il y a 5 heures, coryphaena a dit :

Hé hé tu as bien raison. 😁

Quoique en raz de sein ou même aux Glénans cela reste toujours possible. 😊

Nota : je vois pas beaucoup tes cr.... 🙄

Je ne chasse pas beaucoup en ce moment...

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Citation

Surtout évite de reprendre ce barquero, il recommencera,

Sans entrer dans les détails, un collègue cubain et moi même avons vécu l'expérience type « Lost in the sea », il y a une quinzaine d'années. 

Largués en mer un matin de bonne heure, à 5 miles de la côte nord est de Cuba, le barquero prend subitement la fuite après avoir repéré un bateau des gardes côtes cubain au large. Car  une interdiction aller au delà de 2 miles des côtes cubaines, ça se discute pas.

Livrés à nous même nous chassons jusqu’en fin de matinée..

 À l’époque il n'y avait pas sur place pas de portable, gps, walkie talkie (interdit) … Ici on fait ça à l'instinct!

C’est l’hiver, le courant nous fait dériver dans des eaux froides en direction  des côtes de la Floride. Je me souvient que la législation des douanes US prévoit de ne pas vous refouler... si  naufragé, vous atteignez la plage sain et sauf..

Les heures passent.. aucun bateau ou cayo pour se réfugier« à l’horizon », aucun trafic maritime dans le coin.

On se débarrasse des captures, puis des ceintures.  Les fusils? ça sert à rien dans ce contexte, mais on les garde. Allez savoir ce qui vous passe par la tête dans ce genre de situation..

Visites récurrentes de requins qui vont, qui viennent: leur curiosité, ça finit par vous obséder .. 

Soif (même en mâchouillant de la chair de poisson), froid qui vous engourdit, nausée du naufragé.

Il est 17h, ça fait 9h qu'on fait trempette et la nuit tombera avant 18h, une nuit noire sans lune

Je me dis "this is the end ", car pour les requins ce sera pas l’heure de la sieste et ça va chauffer

Le jour décline, je pense à finir chacun de son côté seul en s'éloignant..

Un bruit de moteur fatigué qui se rapproche: le barquero qui revient de nul part!!!  Comment a t il fait pour nous retrouver en pleine mer? peu importe et je ne lui demanderai pas.

Avec mon collègue on se regarde et on se demande si on a encore assez d’énergie pour, une fois sur le bateau, étriper le barquero et le balancer par dessus bord ! 

Après tout il nous a sauvé la vie et ça serait déloyal, non?

Un coca cola avec beaucoup de glace... ça nous a marqué à jamais!

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Bienvenue au club 😁

Là encore ça va, c'est pas par irresponsabilité (quoique), il a tout de même tarder, le bougre!

 

Je disais ça: il recommencera par expérience. Un ami de Marc Antoine berry, chassait régulièrement dans le golf de Guinée. En relevant la tête il s'aperçoit qu'il n'y a plus de barquero aux alentours et il est à 30km au large.....Pendant la nuit, un voilier est passé à coté de lui et en gueulant les gens l'ont secouru, le barquero était rentré au port tranquillement,il s'était endormi!. Un an plus tard, il remet ça avec le même barquero, qui rebelote l'a de nouveau perdu, on ne l'a jamais retrouvé.RIP

La première année que je suis venu à Madagascar, idem, le barquero(en pirogue) s'est endormi. On est resté seuls, heureusement pas loin du bord avec mon ami Roger à chasser tranquillement, puis au bout de 3 heures ont est rentré doucement vu qu'il n'y avait à peine  qu'un km à faire, et presque au bord il nous a retrouvé, on restait bien ensemble vu que la veille un bouledogue m'avait chargé au même endroit....Ce même Roger a été perdu 2 fois par son barquero(son beauf), une fois à 19km au large de Morombé, il n'était plus qu'à 1km d'un ilot près du bord, le courant le ramenant vers la cote, lorsque revenu faire de l'essence, son beauf l'a retrouvé. Il l'a reperdu une seconde fois , j'étais là , je suivais le courant avec une belle inox qui m'avait entrainé, j'ai donc pris les commandes lorsqu'il m'a annoncé qu'il ne savait plus où était Roger. Après un quart d'heure dans le secteur, je suis reparti au point de mise à l'eau en suivant le GPS et je l'ai retrouvé en moins d'une heure, lui se tenait dans un contre courant à la sortir d'une passe, il attendait le renversement de marée pour rentrer à la palme dans le lagon.

Une autre fois en France avec mon meilleur ami, que je ne citerai pas, il me laisse sur une dérive dans un nouveau coin et part doucement à la recherche de cassures avec le sondeur pendant ce temps. Le courant de la montante prend plutot violemment, la pointe du Groin à la Tranche pour ceux qui connaissent, clin d'oeil à wiwi. Le courant m’éjecte vers le large, je lutte pendant plus d'une demi heure pour ne pas trop partir car il me pousse vers le large et non pas vers l'ile de Ré, puis à bout de souffle me laisse dériver, vers les Sables d'olonne, je ne suis pas loin environ 2km du bord mais le courant m'éloigne toujours fortement. Environ 1/2 heure plus tard, je vois un chalutier en plein travail dans le pertuis breton, je palme vers lui en espérant qu'il me voit et c'est à ce moment que mon ami m'a retrouvé, car un poil plus intelligent que les barqueros(tiens ça va lui faire plaisir s'il me lit) il a augmenter ses cercles de recherche et partant bien évidement dans le sens du courant. Il s'est pris une remontée de bretelles dont il n'a pas l'habitude!

Cela fait donc 3 fois que l'on me perd en mer 😳 en 46ans de csm et donc la dernière fois cette année, là on a palmé tout de même 10/12km pour rentrer. J'ai la vie dure, ils ne m'auront pas! 😂

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Merci pour le feedback

je vois qu'avec les années, le risque statistique ça chahute !

à propos du matériel de survie+++:

Toujours avoir sur soi un tuyau en caoutchouc et un sac plastique à connecter pour se faire des lavement d'eau de mer : ça hydrate par osmose avec de l'eau devenue douce et ça permet de tenir des jours.. et des jours!😎

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Merci pour tous ces retours d'info. 

Ceci dit, en dérive dans l'eau le principe du sac plastique avec le tutanx ne doit pas être simple à gerer. 

Mais je vais me pencher dessus par curiosité. 

L'avantage de la chasse au large avec des bouées c'est que au final, derrière la dernière bouée on peut y accrocher 2-3 choses. Mais bon faut pas non plus trop exagérer car sur certaines zones de dérives de 5mn c'est un peu ch*ant pour rester poli de devoir à chaque fois tout remonter... 😕

 

En tout cas Virgili, chaud ton périple à Cuba. 

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Je na connaissais pas le truc du lavement, merci du renseignement

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